12 Albums pour le confinement

Childish Gambino – 3.15.20

Acteur, scénariste et réalisateur reconnu, Donald Glover est aussi un musicien talentueux. Sous le nom de Childish Gambino, il publie là à la surprise générale un fantastique quatrième album, le meilleur de sa carrière à notre gout. Véritable pot-pourri nourri d’influences pop, funk, électro et hip hop, 3.15.20 est un album généreux débordant de créativité, triturant le passé pour mieux construire le futur. En ces temps de confinement, c’est clairement le bol d’air frais qu’il nous fallait.

Bad Bunny – YHLQMDLG

Si vous cherchiez un album solaire pour vous lever le matin en forme et de bonne humeur, YHLQMDLG est celui-là. Le porto ricain s’affirme toujours plus comme le chef de file du mouvement latin trap et avec ses 20 titres étalés sur plus d’une heure, nul doute que les adeptes du genre y trouveront leur compte. Rythmé, entrainant, chaleureux et d’une efficacité redoutable.

Lil Uzi Vert – Eternal Atake

Lil Uzi Vert est une pile, un rappeur sur 220 Volt débordant d’énergie. Eternal Atake, son deuxième opus, est le meilleur album de rap US de ce début d’année. Epaulé par quelques jeunes producteurs inspirés, il délivre là un album frais et tellement plaisant à écouter. Il est clair que le rappeur de Philadelphie a quelque chose en plus, une forme de sincérité des plus touchantes et un univers bien défini le distinguant clairement de la masse.

Michel – Le vrai Michel

Originaire de Valenciennes, Michel est un pur produit local flinguant immédiatement l’image du rappeur bling bling et bad boy. Sur des instrumentaux électro légères et parfois un peu cheap, ailleurs plus grave, Michel sait mettre les mots pour parler d’un quotidien ni trop triste, ni jamais très joyeux. 8 titres à peine 25 minutes, bien suffisant pour se rendre compte du potentiel évident du rappeur chanteur nordiste.

Nine Inch Nails – Ghosts V:Together

Véritable prolongement de ses récents travaux pour le cinéma, Ghost V : Together confirme la grande forme artistique de Trent Reznor. Loin de la furie des débuts, c’est ici davantage vers l’ambiant que NIN se plonge. De ces longues nappes contemplatives et calmes s’échappe une curieuse sensation de malaise, comme si la réalité pouvait se dérober d’un moment à l’autre, un album prophétique en ces temps troublés.

Pantha Du Prince – Conference of Trees

Conçu pour son dernier spectacle, Conference of Trees est la nouvelle et merveilleuse création du producteur allemand Pantha Du Prince. En totale connexion avec mère nature, il livre ici 10 compositions d’ambient organique et d’électro minimaliste de toute beauté où le temps semble se rallonger. L’auditeur est ici placé dans une bulle sonore protectrice et relaxante, idéale pour siester en toute quiétude. 

Nicolas Jaar – Cenizas

Après 10 ans de carrière, le producteur chilien continue à explorer, à essayer, à jouer avec les structures et les formes. Cenizas est un de ces albums à écouter seul au casque, fourmillant de détails et véhiculant un réel sentiment de perdition. C’est une projection vers l’inconnu, vers un monde onirique à la fois inquiétant et apaisant.

Desire Marea – Desire

Originaire de la bouillante scène sud-africaine, Desire Marea a déjà un pied dans le futur. Ce premier album est un véritable terrain de jeu, l’occasion d’expérimentations en tous genre, de détruire les barrières musicales dans un fatras sonore terriblement séduisant. C’est cette ambition de briser les règles tout en restant accessible qui fait de Desire un album hautement recommandable.   

Feminazgul – No Dawn For Men

En 40 ans, le métal n’a eu de cesse d’évoluer et Feminazgul en propose l’une de ces formes les plus avancées, croisement de black métal apocalyptique, de shoegazing et de musique atmosphérique à la Sigur Ros. Originaire de Caroline du Nord, les américains, dont on ne sait quasiment rien, dévoilent là un premier album très prometteur superposant les couches avec une maitrise bluffante jusqu’à dessiner des cathédrales sonores imposantes, terrifiantes et si belle à la fois.

Lyra Pramuk – Fountain

Remarquable premier album, Fountain signée par Lyra Pramuk est une étrange et magnétique invitation vers un monde fait de voix superposables à l’infini. L’américaine exilée à Berlin, performeuse à ses heures perdues, trouve là un moyen d’expression idéale. Original et expérimental sans être jamais hermétique, Fountain est un album intriguant que l’on se plait à répéter encore et encore et à redécouvrir à chaque fois sous un autre prisme.

Against All Logic – 2017-2019

Second volet des aventures de Nicolas Jaar sous l’appellation Against All Logic, 2017-2019 est un ensorcelant album où se confronte sonorités électro rêche, house crépusculaire à des éléments plus industriels. Le producteur chilien semble vouloir quitter ici définitivement le Dancefloor, les lumières des spotlights se sont éteintes, laissant place à un univers plus sombre et mécanique. 

Arca – @@@@@

Après des collaborations réussis avec Kanye West, FKA Twigs ou Frank Ocean, la productrice vénézuélienne Arca continue de se renouveler avec un nouveau projet totalement barré. Composé d’un seul titre de 62 minutes, @@@@@ est une immersion directe dans les méandres torturés de cette artiste singulière et tellement innovante. On ne va pas se mentir, c’est ici un album exigeant, destiné avant tout à un public averti désireux de gouter à de nouvelles formes musicales.

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