2010-2019 en 100 films

Une nouvelle décennie se termine et c’est maintenant l’heure du bilan. A l’heure où les séries prennent de plus en plus de place, le cinéma résiste et de fort belle manière. Voici une sélection de 100 films en tous genres, chacun aura su nous faire vibrer à sa façon, le cinéma vecteur de toutes les émotions.

100) WARRIOR – Gavin O’Connor (2011)

Joel Edgerton Vs Tom Hardy, le combat de deux frères de sang sur le ring sous l’œil de Gavin O’Connor. Filmé à l’ancienne, cet énième film sur la boxe est avant tout une difficile histoire de famille. Le combat n’est ici qu’un prétexte pour évoquer le destin de ces deux américains laissé pour compte par un impitoyable système. Un drame émouvant et puissant.

99) SUGAR MAN – Malik Bendjelloul (2012)

Récompensé par l’Oscar du meilleur film documentaire, Malik Bendjelloul mène ici une enquête passionnante à la recherche du chanteur américain Sixto Rodriguez. Disparu dans l’anonymat au début des années 70 après la parution de deux albums, il a fait depuis sans le savoir l’objet d’un véritable culte en Afrique du Sud. C’est là une histoire incroyable faite de moments totalement surréalistes et magiques, le fantastique portrait de cet artiste méconnu et oublié. 

98) LES CHATOUILLES – Andréa Bescond & Eric Metayer (2018)

Aborder un sujet difficile comme la pédophilie au cinéma est un exercice des plus délicats. Andréa Bescond a su tirer de sa tragique expérience personnelle un film exemplaire d’une rare finesse et d’une grande sensibilité. De son enfance traumatisée à sa difficile construction sociale, elle retrace son parcours avec beaucoup de pudeur. Les Chatouilles est un œuvre choc appuyée par une mise en scène inspirée.

97) YOUR NAME – Makoto Shinkai (2017)

Une chose est sûre, ce film n’a pas volé ses critiques élogieuses. Your Name est une œuvre originale qui frappe par la qualité de son animation mais aussi par l’étonnant mélange des genres qu’il propose. Il y a là une romance touchante, un peu de science-fiction, de la comédie, du film catastrophe, le tout saupoudré d’un vrai message écologique.

96) ISLE OF DOGS – Wes Anderson (2018)

Wes Anderson est l’un des rares réalisateurs dont on reconnait immédiatement le style, même lorsqu’il s’attaque comme ici au film d’animation. Les couleurs, les personnages décalés, les tics de réalisation, tout ici respire la science de ce créateur hors pair. Tout aussi poétique mais plus politique que ces précédentes œuvres, Isle Of Dogs mérite de multiples visionnages pour en saisir toute la richesse.

95) LA PIEL QUE HABITO – Pedro Almodovar (2011)

La Piel Que Habito est peut-être le film le plus tortueux de son auteur. Appuyé par un scénario machiavélique, le réalisateur espagnol signe là un thriller glaçant et envoutant. Abasourdi par le sadisme d’une histoire renversante, on ressort de ce film en se demandant si ce que l’on a vu est bien réel. Almodovar et Banderas, une histoire qui 30 ans après, continue de fonctionner.

94) MADEMOISELLE – Park Chan Wook (2016)

Park Chan Wook retrouve ici de sa superbe, partageant sa mise en scène entre classicisme et modernité. Il montre ici la face la plus sombre de l’être humain, englué dans la perversité et la manipulation. En contrepartie, il filme de magnifiques scènes érotiques sans jamais tomber dans la vulgarité. Mademoiselle est un film fascinant et retors, servi par un excellent casting et dont on comprend la réelle ambition une fois terminé.

93) NI JUGE NI SOUMISE – Jean Libon & Yves Hinant (2018)

L’équipe de Strip Teases’attaque au grand écran au travers du portrait d’une juge bruxelloise au caractère unique voyant défiler dans son bureau une sacrée galerie de personnages. La réalité dépasse ici la fiction, on a même parfois du mal à croire à ce que l’on voit, ce que l’on entend. Des histoires très sombres et tragiques se transforment en une comédie noire dont on rit beaucoup, diaboliquement réjouissant.

92) SHAUN LE MOUTON – Richard Starzak, Mark Burton (2015)

Adaptant au cinéma la série télévisée du même nom créé par Nick Park, le papa de Wallace et Gromit, Richard Starzak et Mark Burton conservent parfaitement l’univers, l’humour et le ton propre aux aventures du mouton le plus cool de la planète. Hommage appuyé au cinéma muet et burlesque de par son absence de dialogues,  ce très joli film d’animation techniquement bluffant touchera sans distinction petits et grands.

91) SUPER 8 – J.J.Abrahms (2011)

Véritable hommage à tout un pan du cinéma américain, celui des années 80 plus précisément, celui de Spielberg encore plus précisément, Super 8 est une fantastique déclaration d’amour au cinéma. J.J.Abrahms livre un condensé plein de nostalgie d’une période qui l’a profondément marqué au travers des trépidantes aventures de ces adolescents dans lesquels bon nombre pourront s’identifier.   

90) MA LOUTE – Bruno Dumont (2016)

Véritable OVNI dans le paysage cinématographique français,  Ma Loute est une comédie qui sort enfin des sentiers battus. 1910, la rencontre sur les plages du nord entre une famille bourgeoise barrée et une famille de pécheurs miséreuse va aboutir à ce film totalement décalé qui ne manquera pas de diviser. Au passage, on notera que rarement les plages du nord n’avaient été aussi bien filmées.

89) MARGIN CALL – J.C.Chandor (2011)

J.C.Chandor traite de la crise des subprimes avec un réalisme qui fait froid dans le dos. Cette incursion dans le milieu du trading et du capitalisme sauvage est passionnante à suivre. Servi par une belle brochette de comédiens dont un Kevin Spacey, plus cynique que jamais, Margin Call, malgré son sujet complexe, ne laisse jamais le spectateur à l’écart. Un thriller financier de haute volée.

88) MIDNIGHT SPECIAL – Jeff Nichols (2016)

Auteur en 2011 du très réussi Take Shelter, Jeff Nicols renoue avec le fantastique avec Midnight Special. Dès les premières minutes, on se retrouve absorbé dans une ambiance étrange qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Richard Kelly. Au niveau de influences, on pourra citer également la période 70’s-80’s de Spielberg. Envoûtant, ce film assez méconnu mérite le détour, un scénario original se concluant sur un final absolument splendide.

87) DOG POUND – Kim Chapiron (2010)

Kim Chapiron, le cofondateur du collectif Kourtrajmé, s’intéresse dans son second long métrage aux centres pénitenciers pour mineurs. En résulte une œuvre bouillante constamment sous tension porté des acteurs inconnus tous très convaincants. Une réalisation nerveuse appuie ce film d’un réalisme saisissant refusant toute coolitude forcée pour rentrer brutalement dans un sujet de société des plus passionnants.  

86) STATES OF GRACE – Destin Daniel Cretton (2013)

Immersion au cœur d’un foyer pour adolescents défavorisés, States Of Grace est un film puisant dans le meilleur du cinéma indépendant américain. Filmé avec beaucoup de justesse, on suit une galaxie de personnages complexes et attachants au travers du parcours d’une jeune directrice d’établissement subtilement interprété par Brie Larson. Le réalisateur parvient à nous émouvoir grandement en évitant toute la mièvrerie qui pourrait facilement découler d’un tel sujet.

85) NIGHTCALL – Dan Gilroy (2014)

Critique féroce de la course au sensationnalisme dans les médias, NightCall est un thriller haletant porté par l’interprétation du toujours impeccable Jake Gyllenhaal. Allant jusqu’au bout de son idée principale, Dan Gilroy associe brillamment le fond et la forme et deux heures durant, on reste scotché à son fauteuil totalement abasourdi par l’absence de moral dont fait preuve le personnage central.

84) IMITATION GAME – Morten Tyldum (2014)

Alan Turing, l’homme à l’origine de l’informatique, aura réussi à décrypter les messages secrets des allemands durant la 2nd guerre mondiale en usant de méthodes révolutionnaires. Ce film d’un grand classicisme nous propose de suivre le parcours de ce génie tourmenté, solitaire et socialement inaccepté, interprété avec beaucoup de talent par le toujours impeccable Benedict Cumberbatch. Une histoire captivante du début à la fin.

83) AMOUR – Michael Haneke (2012)

De Michael Haneke, on est habitué à des films frontaux, sans fioritures. Abordant le sujet de la fin de vie au travers d’un couple âgé joué par Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, tous deux parfaits, le cinéaste autrichien tisse un drame poignant d’une grande finesse et d’une profonde humanité. On ne s’est toujours pas remis de ces terribles dernières minutes. 

82) POLISSE – Maiwenn (2011)

Evitant le piège de la surenchère sentimentale, Maïwenn nous propose avec Polisse une incursion brut au cœur de la brigade de protection des mineurs. Un film palpitant à la mise en scène nerveuse qui rentre de façon frontale dans son sujet et desservi par une belle brochette d’acteurs. On ressort de là bouleversé avec l’assurance d’avoir vu un film profondément humaniste.

81) GRAVITY – Alfonso Cuaron (2013)

Totalement immersif, Gravity est bien plus qu’un simple film sur l’espace, c’est une expérience à vivre, l’une de ces œuvres qu’il faut absolument avoir vu en salle pour en saisir tout le potentiel. Spectaculaire et captivant, Alfonso Cuaron nous procure la vertigineuse sensation de se retrouver dans l’espace 90 minutes durant, un film bluffant de réalisme justifiant totalement l’utilisation de la 3D.

80) RUSH – Ron Howard (2013)

C’est l’un des plus brillants films jamais réalisé sur la course automobile. La confrontation entre Nicki Lauda et James Hunt, filmé par un Ron Howard au sommet de sa carrière, est une guerre autant sportive que psychologique. Spectaculaire sur la piste et intimiste en coulisse, Rush est une redoutable montée en tours au suspense haletant. Même les réfractaires à la formule 1 n’auront aucun mal à apprécier ce duel des plus passionnants.

79) SCOTT PILGRIM – Edgar Wright (2010)

Eblouissante adaptation d’une bande dessinée, Scott Pilgrim est un fabuleux hommage à la culture geek. Edgar Wright filme les aventures de son héros avec fougue s’appuyant sur un montage ultra nerveux et une réalisation à 200 à l’heure. Bourré de références à la pop culture, ce film très attachant se savoure pleinement et parvient à captiver du début à la fin de par son inventivité visuelle permanente.

78) LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA – Isao Takahata (2013)

Nouvelle et totale réussite du cinéma d’animation japonais, Le Conte de la Princesse Kaguya est l’un des films les plus poétiques de cette décennie. Tirant son histoire de l’un des plus anciens contes japonais, Isao Takahata prend le parti du minimalisme et livre un film d’animation d’une qualité exceptionnelle faisant se succéder des estampes d’une beauté folle.  

77) MAD MAX – George Miller (2015)

On est en 2015 et un réalisateur de 70 ans vient de mettre en PLS tous les apprentis réalisateurs de film d’action. George Miller reboot son Mad Max en une œuvre furieuse et nerveuse, un déferlement de bruits et de mécaniques, un impressionnant spectacle visuel ne laissant aucun répit au spectateur. Un blockbuster corrosif et brut faisant un magnifique doigt d’honneur à une industrie hollywoodienne sans cesse plus lisse.  

76) 127 HEURES – Danny Boyle (2010)

Raconter l’histoire d’un homme bloqué par un rocher dans un canyon perdu de l’Utah durant près d’une heure trente est une véritable prouesse scénaristique et de réalisation. Jamais ennuyeux, ce film totalement immersif est une ode au courage, un film d’aventure en huit clos tiré d’une histoire vraie et où chacun se mettra inévitablement dans la peau de son personnage principal Aron Ralston.

75) THE LOBSTER – Yorgos Lanthimos (2015)

Dans un cinéma toujours plus porté sur la redite, The Lobster apparait comme une grande bouffée d’air frais, récompensé à juste titre au festival de Cannes. Porté par un étonnant Colin Farrell, Yorgos Lanthimos nous dépeint un monde où le célibat est interdit sous peine de se voir transformer en animal. En résulte une comédie noire absurde, une dystopie au ton original interrogeant le spectateur plongé entre fascination et une curieuse forme de désespoir.

74) JUSTE LA FIN DU MONDE – Xavier Dolan (2016)

Fluide et beaucoup mieux maîtrisé dans son découpage et sa narration que par le passé, Xavier Dolan compose ici son film le plus abouti servi par cinq acteurs brillants. Le film captive dès les premières minutes, les sous-entendus, les jeux de regards, les non-dits. Juste la fin du monde est une chronique familiale très juste et un grand film sur l’incommunicabilité.

73) UNDER THE SKIN – Jonathan Glazer (2013)

Déconcertant de par le rythme imposé, Under The Skin est l’un des films les plus singuliers qui soit sur le thème de l’invasion extraterrestre. Traversé de plans visuellement somptueux, ce film exigeant nécessite toute l’attention du spectateur pour en saisir l’essence. Ici point d’explosions en tout genre mais plutôt une analyse subtile du genre humain. Une œuvre presque expérimentale qui sort des sentiers battus, parfaite pour tous les cinéphiles en manque d’originalité.

72) MUSTANG –  Deniz Gamze Ergüven (2015)

Dans un monde où la liberté de la femme est malheureusement encore un sujet de débats enflammés, Mustang devient une ode à la liberté. Une fable de notre temps contant le parcours de cinq sœurs condamnées à l’enfermement physique et mentale pour avoir voulu vivre pleinement leur adolescence. Pour son premier film, la réalisatrice Deniz Gamze Erguven aura su délivrer un portait des plus vibrants.  

71) 90’S – Jonah Hill (2019)

Traversé d’une nostalgie touchante, 90’s, premier film de Jonah Hill, décrit avec justesse l’adolescence naissante d’un gamin dans le los Angeles des années 90. Ici pas d’internet, pas de smartphone, on trompe l’ennui en skatant des heures et des heures, l’occasion de rencontres marquantes, la naissance d’amitiés, le tout desservi par une fantastique bande son.

70) MILLENIUM – David Fincher (2012)

En s’appropriant le roman dense que constitue Millénium, David Fincher délivre un nouveau thriller haletant, une réussite esthétique où sa science de réalisation fait une nouvelle fois mouche. Passionnant du début à la fin et soutenu par un scénario solidement ficelé, Millénium est aussi la révélation d’une grande actrice, l’insaisissable Rooney Mara, volant presque la vedette à un Daniel Craig pourtant au sommet de sa forme.

69) SNOWPIERCER – Bong Joon Ho (2013)

Seul un réalisateur de la trempe de Bong Joon Ho pouvait s’accaparer un projet aussi fou que ce Snowpiercer, un film de science-fiction post apocalyptique d’une originalité folle. Plastiquement somptueux, Snowpiercer est une aventure des plus singulières. Au rythme des passagers de ce train délirant, on navigue ici de surprise en surprise, un film totalement jubilatoire.

68) THE WITCH – Robert Eggers (2015)

Le cinéma d’épouvante loin des films pour ados en manque de sensations fortes, voilà l’expérience que propose l’oppressant et très réussi The Witch. Situant son film dans une campagne isolée à la fin du moyen âge, Robert Eggers réalise là un film sombre et fascinant réveillant chez le spectateur de lointaines peurs qu’il croyait définitivement enfoui.

67) SEUL SUR MARS – Ridley Scott (2015)

Le papa d’Alien et Blade Runner revient à la Science-Fiction avec Seul Sur Mars, un blockbuster des plus plaisants. Ici on met le cerveau en off et on se laisse guider par les aventures trépidantes d’un Matt Damon en grande forme absolument seul sur la planète rouge. De nombreuses touches humoristiques finissent de rendre ce divertissement de haute volée encore plus exaltant. 

66) LE CHEVAL DE TURIN –  Béla Tarr (2011)

Le réalisateur hongrois Béla Tarr conclut ainsi sa carrière sur Le cheval de Turin. Filmé dans un superbe noir et blanc et avec une quasi absence de dialogues, ce très long film de 2h 30 questionnant sur la fin du monde est une œuvre d’une rigidité extrême, d’un pessimisme déprimant, d’une austérité à faire fuir plus d’un spectateur. C’est aussi un film magnétique et contemplatif d’une grande beauté.

65) SING STREET – John Carney (2016)

Ancien bassiste du groupe The Frames, le réalisateur irlandais John Carney s’immerge dans le Dublin des années 80, l’époque où la New Wave cartonnait dans les charts. Soutenu par une excellente bande originale, ce film évoque avec beaucoup de nostalgie les amours d’adolescence. John Carney choisit la voie de l’optimisme et délivre un film incitant à se dépasser et croire en soi, un véritable Feel Good Movie.

64) GONE GIRL – David Fincher (2014)

Satire brillante et analyse d’une grande finesse sur les travers d’une société hypnotisée par les apparences, Gone Girl est un thriller psychologique de haute volée. Devant la caméra d’un David Fincher décidément toujours aussi inspiré, Rosamund Pike en femme manipulatrice est fascinante dans cette fable noire sur le couple et le mariage. Ben Affleck en mari impuissant y révèle des qualités d’acteur insoupçonnées.

63) JULIETA – Pedro Almodovar (2016)

Julieta, une madrilène hanté par la disparition de sa fille se remémore une partie de sa vie. Almodovar signe là un magnifique et subtil portrait de femme sublimé par la prestation de ces deux comédiennes principales. La mise en scène est maîtrisé et précise, très juste dans l’écriture de ses personnages. Appuyé par certains plans d’une beauté formelle renversante, le film séduit et plus particulièrement dans une première partie éblouissante.

62) ZERO DARK THIRTY – Kathryn Bigelow (2012)

Retraçant sur une période de dix ans la traque d’Oussamma Ben Laden par les forces spéciales américaines, Zero Dark Thirty est ce genre de film pour lequel on adore le cinéma. Captivant d’un bout à l’autre grâce à son scénario en béton, ce film puissant aux allures de documentaire remplace n’importe quel cours d’histoire. C’est aussi la confirmation du talent d’une réalisatrice rompu au film d’action et au thriller.  

61) PRISONERS – Denis Villeneuve (2013)

Prisoners, cinquième pièce d’une fantastique filmographie, est l’occasion pour Denis Villeneuve de s’essayer au thriller psychologique. Climat oppressant, tension permanente, le canadien nous plonge au plus près de la folie s’emparant de ce père de famille à la recherche de ses enfants disparus. Un drame familial parfaitement scénarisé et qui doit aussi beaucoup à l’interprétation de Hugh Jackman complétement impliqué dans son rôle.     

60) THE PLACE BEYOND THE PINES – Derek Cianfrance (2013)

Ryan Gosling, Eva Mendes, Bradley Cooper au cœur d’une fresque en trois actes profondément humaine. The Place Beyond The Pines, situé quelque part entre drame et thriller, brille avant tout dans l’écriture de ses personnages et dans la fluidité de son récit. Une lente immersion dans la face plus confidentielle de l’Amérique qui vous agrippe dès les premières minutes pour ne plus vous lâcher 140 minutes durant.   

59) UNE VIE CACHEE – Terrence Malick (2019)

Après une trilogie des plus expérimentales, Terrence Malick revient à une réalisation plus classique et impose de nouveau une œuvre majeure. D’une extraordinaire beauté formelle, Une Vie Cachée est un long poème traitant du sacrifice, de la vie, de l’amour avec toujours cette caméra virevoltant entre les différents protagonistes. Entre ombre et lumière, le cinéma contemplatif de Terrence Malick à son meilleur.   

58) DETROIT – Kathryn Bigelow (2017)

Cinq ans après le percutant Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow revient sur un obscur fait divers dans le Detroit enflammé de l’été 1967. Loin de toute complaisance, la réalisatrice livre là un formidable film brut d’un réalisme inouï. Grace à son indéniable savoir-faire, elle parvient à nous faire ressentir la situation au plus près, installant progressivement les personnages et faisant monter la tension en évitant d’user d’artifices lourdauds.

57) CLIMAX – Gaspard Noé (2018)

Viscéral, animal, organique et violent, le dernier né de Gaspard Noé est l’une de ses plus grandes réussites. Une première heure presque parfaite alterne entre une galerie de portraits en caméra fixe avec de vertigineux plans séquences où les corps se libèrent au rythme d’une bande son décapante. Film jusqu’au boutiste, Climax ne ménage pas le spectateur, une véritable expérience de cinéma comme on en voit malheureusement trop rarement.

56) FOXCATCHER – Bennett Miller (2014)

Un milliardaire féru de lutte crée un centre d’entrainement afin de former des lutteurs en vue des Jeux Olympiques de 1988. Histoire improbable d’une étrange et magnétique relation, Foxcatcher est un drame puissant magnifiquement interprété par Channing Tatum et Steve Carrell. Il flotte ici une constante ambiance malaisante, une tension permanente entre deux hommes que tout oppose qui rend ce film si particulier et pleinement fascinant.

55) FIRST MAN – Damien Chazelle (2018)

Damien Chazelle embauche de nouveau Ryan Gosling, cette fois pour une épopée spatiale intimiste. First Man raconte une partie de  l’histoire de Neil Armstrong. Loin de proposer un vulgaire film hollywoodien aseptisé et bêtement héroïque,  Damien Chazelle s’intéresse ici de près à la vie de cet homme brillant mais tourmenté, brisé par le décès prématuré de sa fille. Un film mélancolique appuyé par d’excellents choix de mise en scène.

54) 12 YEARS A SLAVE – Steve McQueen (2013)

Sans sombrer dans le tire larmes dans lequel bon nombre de réalisateurs se serait précipité, Steve McQueen réalise là un grand film sur l’esclavage. Ne renonçant jamais à montrer la réalité la plus crue, 12 Years A Slave est une œuvre difficile, parfois insoutenable et en devient une leçon d’histoire dont les images vous resteront gravés très longtemps à l’esprit.

53) MOI DANIEL BLAKE – Ken Loach (2016)

Ken Loach et le cinéma social, une évidence. Le capitalisme et les dégats qu’il engendre, un sujet abordé avec justesse et sans misérabilisme au travers du parcours de ce vieux menuisier nommé Daniel Blake. Voilà un film coup de poing suscitant de l’indignation, de la colère, de la tristesse et devenu nécessaire dans un monde de plus en plus fou.

52) REALITE – Quentin Dupieux (2014)

Si l’on devait décerner le prix du scénario le plus dingo de la décennie, Réalité figurerait inévitablement dans les prétendants les plus sérieux. Comme toujours chez Dupieux, l’humour au cinquantième degré fait mouche. Le déjanté et le bizarre sont les fondements de cette comédie absurde où Alain Chabat prend un plaisir fou à jouer. Sans aucun doute le meilleur film de ce réalisateur si singulier.

51) THE LIGHTHOUSE – Robert Eggers (2019)

Film lovecraftien contant l’histoire de deux hommes isolé sur un phare perdu au milieu de nulle part à la fin du XIXème siècle, The Lighthouse est la confirmation du talent incontestable de son auteur. Réalisé dans un noir et blanc somptueux, hommage évident au cinéma expressionniste, le second film de Robert Eggers vous envahit petit à petit jusqu’à un final suffocant. Une œuvre ensorcelante servi par un duo extraordinaire, Robert Pattinson et Willem Dafoe.

50) INCENDIES – Denis Villeneuve (2010)

Premier des six longs métrages réalisés par le prodige canadien lors de cette décennie, Incendies est un drame puissant sur le secret familial. Denis villeneuve nous plonge au cœur d’une bouleversante histoire conduisant une canadienne à la recherche du passé de sa mère dans un liban soumis à de lourds conflits internes. Un récit maitrisé dont les dernières minutes vous figeront à coup sûr.

49) SHUTTER ISLAND – Martin Scorcese (2010)

Entre thriller psychologique, polar et film à suspense, Martin Scorcese réalisait là une œuvre tortueuse au scénario diabolique. Sur cette ile à l’ambiance des plus inquiétantes, Leonardo Di Caprio se montre une nouvelle fois très impressionnant. Un film qui vous happe dès les premières secondes pour vous relâcher 2 heures plus tard, la tête pleine de questions.

48) MOONRISE KINGDOM – Wes Anderson (2012)

Chacun des films  de Wes Anderson est une invitation à décrocher totalement de la réalité et Moonrise Kingdom, poétique et décalé, n’échappe pas à la règle. Un film doux comme un dimanche automnal dans lequel on se réfugie en se laissant séduire par cette esthétique si particulière et ses personnages tellement attachants. L’adolescence, les premiers amours vus sous l’œil de ce magicien de la pellicule, une quête initiatique des plus charmantes.

47) BIRDMAN – Alejandro Gonzalez Inarritu (2015)       

Birdman, l’histoire d’un comédien has been sur le retour doit beaucoup sa renommée à son incroyable prouesse technique. Les plans séquence sont ici vertigineux, Inarritu promène sa caméra avec une dextérité hallucinante, le tout rythmé au son d’une bande originale fantastique. Ce film signe également le retour de Michael Keaton au plus haut plan et la confirmation du talent de l’excellente Emma Stone.

46) GET OUT – Jordan Peele (2017)

Get Out est une belle mécanique qui fonctionne dès les premières minutes grâce au charisme des deux personnages centraux, impeccables Daniel Kaluuya et Allison Williams. Jouant avec les codes du film d’horreur traditionnel, Jordan Peele transgresse là un genre si souvent vide de sens pour lui en donner une dimension sociale étonnante. Le réalisateur américain y ajoute de plus une dose d’humour particulièrement savoureuse.

45) SICARIO – Denis Villeneuve (2015)

Denis Villeneuve prouve une fois de plus son grand talent de metteur en scène en filmant avec énergie cette histoire passionnante de guerre contre les cartels de drogue. Soutenu par un casting remarquable duquel on retiendra surtout la prestation d’Emily Blunt, Sicario est un thriller puissant à la tension constante et palpable, définitivement à montrer dans toutes les écoles de cinéma. 

44) TAKE SHELTER – Jeff Nichols (2011)

Pour son deuxième film, le réalisateur américain aura su marqué les esprits avec cette troublante histoire de fin du monde. Ici pas d’explosions outrancières, encore moins de scènes de panique générale, non plutôt un film intimiste brillamment réalisé et imprimé d’une atmosphère étrange, témoignage fascinant d’une Amérique paranoïaque. Michael Shannon trouvait là son meilleur rôle.  

43) WHIPLASH – Damien Chazelle (2014)

C’est l’acte de naissance d’un grand cinéaste. Un jeune batteur prometteur entre dans une grande école de musique mené à la baguette par un professeur tyrannique. Inspiré en partie par sa propre histoire, le prodige canadien transforme cette confrontation en un duel psychologique intense, une guerre des nerfs appuyée par une réalisation dynamique et un sens de la narration remarquable.

42) DE ROUILLE ET D’OS – Jacques Audiard (2012)

Toujours ancré dans un cinéma réaliste, Jacques Audiard réalise ici l’un de ses plus beaux films et offre à Marion Cotillard le meilleur rôle de sa carrière. Un mélodrame intimiste et humaniste où se joue une histoire d’amour improbable soulignée par une réalisation précise et une remarquable écriture des personnages. Ce qui aurait pu être un horrible film plein de pathos se transforme ici en une splendide leçon de vie.

41) LA GRANDE AVENTURE LEGO – Phil Lord & Christopher Miller (2014)

Ultra référencé et rythmé, La Grande Aventure Lego s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants, conjuguant un scénario malin avec une mise en scène hyper dynamique. Les réalisateurs ne laissent aucun répit aux spectateurs, un spectacle plaisant de bout en bout saupoudré d’un humour de qualité et d’une inventivité permanente. Clairement là l’un des films les plus surprenants de la décennie.

40) GREEN BOOK – Peter Farrelly (2019)

Habitué aux comédies potaches, Peter Farrelly sort de sa zone de confort et s’attaque au sujet du racisme dans l’Amérique des années 60’ et livre un feel good movie drôle et émouvant,  justement récompensé par l’Oscar du meilleur film. Green Book est une comédie d’une intelligence rare autant travaillé sur le fond et la forme et devant beaucoup à la complicité du duo Viggo Mortensen et Mahershala Ali. 

39) SPRING BREAKERS – Harmony Korine (2012)

Lente descente aux enfers sublimée par une réalisation contemplative, Spring Breakers est l’antithèse du teenage movie formaté. Harmony Korine y dépeint brillamment le vide existentiel dans laquelle baigne une partie de la jeunesse américaine en jouant habilement avec tous les clichés éculés. Un film étrange où les protagonistes semblent coincés dans un présent sans lendemain. Un projet casse gueule sur le papier pour un résultat des plus intéressants.

38) DJANGO UNCHAINED – Quentin Tarantino (2012)

Django Unchained est l’occasion pour Tarantino de rendre hommage au Western, genre qu’il affectionne particulièrement. Loin de singer stupidement ses glorieux ainés, il s’approprie brillamment le genre et en tire un film éclatant, corrosif, violent mené tambour battant. Avec en toile de fond l’esclavagisme, Django Unchained s’affirme comme l’une des plus jouissives histoires de vengeance de ces dernières années.

37) JOKER – Todd Phillips (2019)

A des années-lumière des blockbusters Marvel, Joker est le film d’antihéros que l’on attendait depuis The Dark Knight. Todd Phillips, habitué aux comédies potache, livre une sombre chronique désenchanté, le constat acerbe d’une société malade vu au travers des yeux du personnage d’Arthur Fleck, un clown triste à la vie misérable qui deviendra le Joker. Joaquin Phoenix est au sommet de son art, une prestation phénoménale d’une rare intensité.

36) INCEPTION – Christopher Nolan (2010)

Nolan aura réussi là l’un des blockbusters les plus intelligents de la décennie. Il nous plonge dans une vertigineuse histoire à tiroirs requérant toute l’attention du spectateur sous peine de se perdre définitivement dans les méandres de l’esprit de ses personnages. Inception est un film qu’on ne se lasse pas de revoir que ce soit pour sa complexité ou certain de ces plans, visuellement renversant.

35) THE NEON DEMON – Nicolas Winding Refn (2016)

L’impitoyable milieu de la mode, l’ascension fulgurante d’une jeune mannequin à la beauté angélique dans le Los Angeles du paraître et le danois Nicolas Winding Refn à la baguette. The Neon Demon est une claque visuelle, un choc esthétique à la mise en scène singulière soutenu par la bande son magistrale de Cliff Martinez. Elle Fanning est parfaite dans son rôle et confirme tous les espoirs placés en elle.

34) GABRIEL ET LA MONTAGNE – Fellipe Barbosa (2017)

Si vous vous sentez une âme d’aventurier, ce film aux fausses allures de documentaires est définitivement fait pour vous. Du Kenya au Malawi, voilà un voyage initiatique passionnant, un road movie en plusieurs actes dans la droite lignée d’Into The Wild. Gabriel et la montagne est une splendide invitation à la découverte du monde et de l’autre, bien loin des clichés.

33) HOSTILES – Scott Cooper (2018)

Hostiles est un grand film sur l’Amérique et sa construction. Epique, sombre et habité par des personnages torturés, Hostiles est un film brut au rythme lent où la violence psychologique et physique est autant suggéré que parfois montré. Soutenu par la majestueuse musique de Max Richter, ce film doit également beaucoup à ses comédiens, en particulier Christian Bale et Rosamund Pike délivrant tous les deux une composition de haute volée.

32) THE MASTER – Paul Thomas Anderson (2012)

Maitrisant à la perfection la grammaire cinématographique, Paul Thomas Anderson réalise un nouveau tour de force avec ce portait brut d’une Amérique post seconde guerre mondiale en perte de repères. La confrontation entre Joaquin Phoenix, l’élève et Philip Seymour Hoffman, le maitre, aboutit à un match psychologique intense. Deux acteurs au sommet de leur art dans ce film très soigné conçu par un réalisateur exigeant et ô combien talentueux.

31) THE HOUSE THAT JACK BUILT – Lars Von Trier (2018)

Malgré les années qui passent, les critiques, les scandales, Lars Von Trier résiste. Au travers du portait sans concession de Jack, un serial killer incarné par un Matt Dillon flippant à souhait, le danois affirme plus que jamais sa liberté créative. Il propose un film barré, violent, sauvage, nihiliste mais aussi plein d’humour noir, très noir on vous le concède. 

30) J’AI RENCONTRE LE DIABLE – Jee Woon Kim (2010)

Le cinéma coréen aura livré nombre de bon films ces dernières années, J’ai rencontré le Diable figure dans le pile du haut. Rarement aura on vu au cinéma une histoire de vengeance aussi violente et trépidante. Un film noir laissant transparaitre le pire chez l’être humain. Une œuvre éprouvante, malsaine, choquante, soutenu par une réalisation virtuose et dont on ressort totalement abasourdi. 

29) SHAME – Steve McQueen (2011)

Injustement vu comme un simple manifeste sur l’addiction au sexe, Shame est surtout un grand film sur la solitude de l’homme moderne. D’une beauté froide hypnotisante, le film doit beaucoup à la subtilité de la mise en scène de Steve McQueen ainsi qu’à la présence magnétique et animale de Michael Fassbender, l’un des plus grands acteurs de sa génération.  

28) TOY STORY 3 – Lee Unkrich (2010)

Traitant avec justesse du temps qui passe, de l’enfance qui s’envole, Toy Story 3 constitue le volet le plus touchant de la saga. Au-delà des aventures trépidantes vécues par Woody et sa bande, rythmées et riches en rebondissements, Lee Unkrich parvient à faire basculer le tout dans une dimension nostalgique atteignant son paroxysme dans une magnifique scène finale ayant certainement dut en faire pleurer plus d’un.

27) PHANTOM THREAD – Paul Thomas Anderson (2018)

Dix ans après le chef d’œuvre There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson retrouve Daniel Day Lewis. Il s’intéresse à la personnalité tourmenté du couturier Reynolds Woodcock qui habilla la haute société britannique. Soutenu par la splendide partition de Jonny Greenwood, Phantom Thread est un grand film baroque, éblouissant de par sa forme et passionnant de par le fond où Daniel Day Lewis livre, comme à son habitude, une prestation exceptionnelle.

26) PARASITE – Bong Joon-Ho (2019)

Le jury du festival de Cannes ne s’est pas trompé en décernant sa Palme d’Or 2019 au trépidant Parasite. Bong Joon-Ho délivre là une satire sociale féroce au scénario parfaitement ficelé. Un quasi huit clos jouant aussi bien sur le registre de la comédie noire que du thriller horrifique à la mise en scène tranchante. Parasite confirme, si il le fallait encore, toute la vitalité du cinéma coréen.

25) MOTHER ! – Darren Aronofsky (2017)

Se jouant à merveille de toutes contraintes temporelles et spatiales, Aronofsky livre là un film passionnant et complexe sur la création, une fascinante métaphore sur la vie d’artiste. Le film s’avère être une expérience anxiogène troublante, appuyé par un prodigieux travail sur l’architecture sonore. Mother ! est un nouveau coup d’éclat, une œuvre entière rejetant la demi-mesure et assumant pleinement son propos et ça fait un bien fou.

24) THE BIG SHORT – Adam McKay (2015)

Inspiré des évènements qui allaient conduire à la crise de 2008, Adam McKay propose là un film à étonnant. Film complexe appelant à une concentration de tous les instants, The Big Short est une charge intelligente contre un système devenu fou. Une réalisation nerveuse, des joutes verbales passionnantes à suivre le tout servi par un casting de haute volée, Christian Bale, Ryan Gosling, Brad Pitt ou encore Steve Carell. 

23) LA CHASSE – Thomas Vinterberg (2012)

Ca ne paye pas de mine au premier abord et pourtant, La Chasse est bien l’un des drames les plus puissants sortis ces dernières années. Un homme se voit injustement accusé de pédophilie, commence pour lui une descente aux enfers révélant les tréfonds d’une humanité prête à déverser sa haine à la moindre occasion. Mads Mikkelsen est époustouflant en homme traqué.

22) ZOOTOPIE – Byron Howard (2016)

Suivant la première enquête de la lapine Judy Hopps au sein de la ville de Zootopie, le dernier film d’animation de Byron Howard séduit dès les premières minutes de par son inventivité et sa créativité. Totalement jubilatoire, le film est truffé de références à notre société que ce soit dans la pop culture, les comportements humains, la manipulation, les faux semblants. Un petit bijou pour petits et grands enfants.

21) MIDSOMMAR – Ari Aster (2019)

Prenant le contre coup du cinéma d’horreur classique, Ari Aster délivre avec Midsommar une œuvre d’une originalité folle confrontant ombre et lumière avec une maestria à couper le souffle. Réalisation virtuose, photographie éclatante, scénario singulier, musique anxiogène au possible et une lente montée en puissance culminant dans un final tétanisant. Attention, film culte en devenir !

20) DRIVE – Nicolas Winding Refn (2011)

Prix de la mise en scène à Cannes, Drive est une œuvre singulière s’écartant des codes en vigueur et sachant prendre son temps.  Soutenu par une bande originale électropop de toute beauté, c’est également une réussite indéniable sur le plan esthétique. Le film qui fit exploser la cote de popularité de Ryan Gosling, parfait dans le rôle de cet antihéros charismatique.

19) GRAVE – Julia Ducournau (2017)

Grave est l’un des films d’horreur les plus perturbants de ces dernières années. Multipliant les scènes chocs, Julia Ducournau, sous l’influence évidente de Cronenberg, réussit le pari d’infliger un sentiment de malaise constant, une tension ne retombant que rarement où c’est alors la comédie noire qui prend le relai. Une chose est sûre, le cinéma de genre en France a sa place.

18) IT FOLLOWS – David Robert Mitchell (2014)

Surgit de nulle part, le second long métrage du prodige américain David Robert Mitchell est un petit bijou du cinéma d’épouvante, inspiré de ses propres cauchemars. Avec une économie de moyens bluffante, il parvient à développer une atmosphère des plus angoissantes. Tout y est, de la superbe bande son à la magnifique photographie, ici la révélation d’un grand cinéaste. 

17) POUR SAMA – Waad Al-Kateab, Edward Watts (2019)

Rarement un film documentaire aura su nous immerger autant au cœur d’un conflit armé. Dans ce documentaire poignant et bouleversant, Waad Al-Kateab, étudiante en Syrie, témoigne de la vie à Alep en proie aux bombardements russes et à la folie de Bachar Al-Assad. Profondément humaniste, Pour Sama est aussi un film difficile aux images très dures d’où l’on ressort anéanti, un documentaire essentiel donc.

16) THE LOST CITY OF Z – James Gray (2017)

James Gray est l’un des réalisateurs les plus estimables du cinéma américain et sa première incursion hors de son New York de cœur aura été payante.  Réalisation maitrisée, sujet passionnant, bande son de haute volée, The Lost city of Z est une épopée fantastique, un voyage saisissant dans l’Amérique du sud du début XXième siècle. Un film indispensable pour tous les amoureux de cinéma d’aventure.

15) UNDER THE SILVER LAKE – David Robert Mitchell (2018)

Après l’excellent It Follows, David Robert Mitchell confirme avec cette plongée effrénée dans le monde halluciné d’Hollywood avec un Andrew Garfield étonnant. Une aventure rocambolesque aux quatre coins de la cité des anges s’apparentant à un long et fascinant rêve éveillé, un film pop constamment surprenant bercé par  les influences des deux grands maitres que sont Hitchcock et Lynch.

14) AD ASTRA – James Gray (2019)

Influencé en partie par Apocalypse Now et 2001, James Gray signe là une splendide odyssée intimiste. Avec l’infini de l’espace en toile de fond, il nous plonge au coeur des tourments d’un homme solitaire et dépressif joué par un Brad Pitt impeccable de retenue. Ad Astra est aussi un fabuleux spectacle, une oeuvre contemplative et mélancolique dont on pardonnera largement les  quelques incohérences scientifiques.

13) THE SOCIAL NETWORK – David Fincher (2010)

Avec sa maestria habituelle, David Fincher dépeint le parcours de l’insolent et cynique Mark Zuckerberg. Soutenu par des dialogues brillants, l’ascension du fondateur prodige de Facebook devient un thriller psychologique frénétique sans aucun temps mort. Un film passionnant véritable témoignage de son époque et dont on ne manquera pas de souligner de nouveau l’excellente bande son signée Trent Reznor.

12) JUSQU’À LA GARDE – Xavier Legrand (2018)

En choisissant de traiter le sujet de la violence domestique sur le mode du thriller, Xavier Legrand vise juste et fort. Climat oppressant, malaise constant, il parvient à un résultat stupéfiant sans jamais faire dans la surenchère. D’un réalisme saisissant jusqu’à une scène finale qui vous coupera la respiration, on sort de là complétement sonné, enfoncé au fond de son fauteuil. Le cinéma français à son meilleur.

11) MELANCHOLIA – Lars Von Trier (2011)

Beaucoup plus subtil et angoissant que n’importe quel gros blockbuster, Melancholia est l’un des meilleurs films de fin du monde jamais réalisés. Faisant étalage de toutes ses qualités de metteur en scène, le sulfureux Lars Von Trier signe là sa plus grande œuvre. Une claque visuelle et une direction d’acteur impeccable, Charlotte Gainsbourg incroyable de justesse, font de ce film un incontournable.

10) BLACK SWAN – Darren Aronofsky (2010)

Passé maitre dans l’art de créer des ambiances anxiogènes et oppressante, Darren Aronofsky revisite le lac des signes de Tchaikovski avec sa maestria habituelle. Portée par une Nathalie Portman exceptionnelle et logiquement oscarisé pour ce rôle, Black Swan est une œuvre incisive, viscéral et dérangeante mettant au premier plan le travail considérable réalisé par les danseurs et danseuses de ballet. 

09) PREMIER CONTACT – Denis Villeneuve (2016)

Denis Villeneuve signe là un merveilleux film renouvelant avec brio le thème de l’invasion extraterrestre. Loin des blockbusters grands guignolesque, voilà un film de science-fiction intelligent qui parle du rapport à l’autre, d’amour, du temps qui passe, de la vie et la mort. De son introduction, la plus belle scène d’ouverture de toute cette décennie, à son émouvant final, Premier Contact est déjà un classique du genre.

08) THE REVENANT – Alejandro Gonzalez Inarritu (2016)

Virtuose de la mise en scène, Inarritu prouve ici qu’il est bien l’un des réalisateurs les plus doués de la planète. The Revenant impressionne par son réalisme, sa bestialité, son nihilisme. Appuyé par une photographie exceptionnelle, Inarritu filme de superbes paysages et parvient à des fulgurances visuelles époustouflantes. Il y a aussi l’inoubliable performance des deux acteurs principaux qui livrent là une stupéfiante composition habité.

07) THE GRAND BUDAPEST HOTEL – Wes Anderson (2013)

Wes Anderson, réalisateur ô combien important dans le cinéma contemporain, atteint le climax de sa carrière avec The Grand Budapest Hotel. D’une inventivité hallucinante, ce chef d’œuvre confirme tout le génie créatif de son auteur, un artisan et un amoureux du cinéma comme il en reste peu. Vous pourriez presque regarder ce film sans le son, tant le travail sur le plan visuel frôle la perfection.

06) THE TREE OF LIFE – Terrence Malick (2011)

The Tree Of Life est un portrait de famille d’une splendeur totale. Captant les moments de la vie comme aucun autre, Terrence Malick réalise là son film le plus ambitieux et le plus personnel portée par une réalisation à couper le souffle et des plans à tomber par terre. Un magnifique poème récompensé à juste titre par la palme d’or.  

05) BLADE RUNNER 2049 – Denis Villeneuve (2017)        

Trente ans après le premier opus, Denis Villeneuve parvient à faire revivre l’univers original du film culte. Blade Runner 2049 est une œuvre contemplative et lente, exploitant de nombreux thèmes et incitant le spectateur à s’interroger sur lui-même. Voilà un chef d’œuvre du cinéma moderne, une dystopie à la poésie sombre parcouru de mélancolie, d’un sentiment de solitude palpable, traversé de prodigieuses fulgurances visuelles s’imprimant dans la rétine pour ne plus vous lâcher.

04) VICE VERSA – Pete Docter (2015)

Vice Versa est la quintessence de l’œuvre proposée depuis près de vingt ans par les studios Pixar. Débordant de créativité, Pete Docter touche là à l’essence même de la nature humaine, un film d’une grande profondeur et d’une intelligence d’écriture rare.  Un bijou d’animation aux multiples lectures traitant merveilleusement bien du thème de l’émotion, parfait de bout en bout, un chef d’œuvre en somme.

03) LE LOUP DE WALL STREET – Martin Scorcese (2013)

Passé 70 ans, ce vieux briscard de Marin Scorcese en a encore sous la pédale et pas qu’un peu. Film survitaminé rempli de scènes cultes, Le Loup de Wall Street est un opéra flamboyant de près de 3h sur la vie débridé du surdoué de la finance Jordan Belfort. Leonardo Di Caprio trouve ici le plus grand rôle de sa carrière, une performance d’acteur phénoménale.

02) INTERSTELLAR – Christopher Nolan (2014)

Christopher Nolan réalise là une fantastique odyssée spatiale comme rarement on en aura vu au cinéma. Il impose ici une œuvre intelligente et touchante évoquant des concepts scientifiques complexes tout en s’adressant directement à l’imaginaire du spectateur. Une aventure humaine partagée entre l’intime, une bouleversante relation père-fille, et le grandiose, le devenir de l’humanité. Un chef d’œuvre absolu appuyé par une bande originale exceptionnelle signée Hans Zimmer.

01) LA LA LAND – Damien Chazelle (2017)           

Damien Chazelle s’attaque au genre désuet de la comédie musicale et délivre un pur chef d’œuvre. Le charismatique Ryan Gosling et la sublime Emma Stone  forment un couple magnifique dans cette délicieuse love story où le réalisateur canadien déploie une mise en scène inspiré et originale. De la superbe scène d’introduction à la vertigineuse spirale finale, ce film est une leçon de cinéma, deux heures de bonheur, une merveille, un classique instantané.

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