RETOUR SUR 2018 en 20 films

Une nouvelle année de cinéma se conclut et voici donc le classement des meilleurs films de l’année 2018, accompagné comme il se doit de l’ensemble des bandes annonces.



20 – READY PLAYER ONE

De Steven Spielberg

Voilà définitivement l’un des films les plus pop de ces dernières années. Truffé de mille références, Steven Spielberg s’amuse avec le spectateur. Mené tambour battant, Ready Player One malgré un scénario faiblard parvient à accrocher grâce notamment à un univers d’une grande richesse et une réalisation inspiré. A titre d’exemple, la scène hommage à Shining est un bijou d’inventivité. Confrontant passé et présent, Spielberg a su garder son âme d’adolescent et propose un spectacle total, un blockbuster comme on aimerait en voir plus souvent.



19 – PUPILLE

De Jeanne Herry

Le thème de l’adoption est rarement abordé au cinéma. Jeanne Herry s’empare du sujet avec justesse et nous fait découvrir un monde à part où la détermination et le courage construisent de magnifiques histoires pleine d’humanité. La réalisatrice délivre un beau message sans jamais tomber dans le pathos et elle peut s’appuyer sur un trio d’acteurs impliqués, Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche et surtout Elodie Bouchez, très touchante. Le cinéma social dans tout ce qu’il a de plus poignant.



18 – LES HEURES SOMBRES

De Joe Wright

Mai 1940, pris de panique à l’idée d’un envahissement prochain, le gouvernement anglais nomme un nouveau premier ministre en la personne de Winston Churchill. Pour interpréter ce personnage haut en couleur, Joe Wright a eu du flair en engageant Gary Oldman. L’acteur anglais a su prouver par le passé qu’il était un comédien talentueux. Il délivre ici une performance d’acteur stupéfiante, sa meilleure. On retiendra également ici une réalisation dynamique évitant le piège du film scolaire ainsi qu’un scénario captivant s’appuyant sur de solides personnages secondaires.



17 – EN GUERRE

De Stéphane brizé

Filmé à la manière d’un documentaire, En Guerre est un manifeste brulant contre le capitalisme outrancier, celui qui méprise et anéantit des milliers d’ouvriers de par le monde. Stéphane Brizé s’immerge au plus près de son sujet. Une usine qui ferme, des forces syndicales en lutte contre des patrons voyous et devant faire face également à des conflits internes. Un film coup de poing plus que jamais d’actualité et dont on n’oubliera pas de saluer la prestation de Vincent Lindon, totalement impliqué dans son rôle.



16 – PARVANA

De Nora Twomey

Voilà un petit bijou du cinéma d’animation, une fable moderne se déroulant à Kaboul où une jeune fille du nom de Parvana va devoir lutter pour la survie de sa famille sous le régime très strict des talibans. Nora Twomey alterne brillamment entre des séquences difficiles sur la condition féminine et des moments plus tendres où l’amour et l’espoir reprennent le dessus. Que ce soit dans la qualité du dessin ou dans le choix des couleurs, c’est également une superbe réussite sur le plan formel.



15 – SPIDER-MAN : NEW GENERATION

De Peter Ramsey, Bob Persichetti & Rodney Rothman

Et si on tenait là le meilleur film consacré à un super héros Marvel ? New Generation revigore le mythe de l’homme araignée sous la forme d’un film d’animation de haute volée. Rythmées, drôles et rafraichissantes, ces nouvelles aventures, bercé de rap music et blindé de références pop, sont bien plus fun que les énormes blockbusters envahissant nos écrans depuis quelques années. L’animation est impressionnante, visuellement c’est une explosion de couleur, clairement là le meilleur hommage que Stan Lee pouvait recevoir.    



14 – MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT

De Christopher McQuarrie

Plus cool que James Bond, plus spectaculaire que Jason Bourne, la saga Mission Impossible a rarement déçu. Ce nouvel opus est un formidable concentré de ce que devrait être tout film d’action digne de ce nom. Porté par un Tom Cruise toujours aussi énergique, Fallout doit beaucoup à son scénario et son montage précis et rapide, on ne s’ennuie jamais malgré les deux heures trente de pellicule. La poursuite en moto est jubilatoire, celle en l’hélicoptère est l’une des scènes d’action les plus impressionnantes qu’il m’ait été donné de voir au cinéma.



13 – SHEHERAZADE

De Jean Bernard Marlin

Marseille. Zachary a 17 ans. Après un passage par la case prison, il se retrouve à zoner dans la cité phocéenne. Il y rencontre Shéhérazade, le début d’une histoire d’amour tumultueuse, la violence, la drogue, la prostitution. Servi par deux acteurs amateurs incroyable de justesse, voilà le cinéma réaliste à la française comme on l’aime. Un film incandescent et bouillant, un drame non dénué d’espoir évitant toute forme de misérabilisme ou de voyeurisme. Un premier film intense pour Jean Bernard Marlin, un réalisateur à suivre de près.



12 – THE SISTERS BROTHERS

De Jacques Audiard

Pour sa première incursion outre atlantique, Jacques Audiard s’essaye au Western et vient narrer les aventures des frères Sisters, tueurs à gages de métier. Tout respire ici l’excellence. De la complexité de ses personnages admirablement interprétés par Joaquin Phoenix et Jake Gyllenhaal jusqu’à l’écriture d’un scénario riche et compact, The Brother Sisters renouvelle le genre avec brio. La réalisation précise du cinéaste français est une fois de plus admirable et appuie parfaitement ce grand western crépusculaire et singulier.



11 – MOI TONYA

De Craig Gillespie

Issue du fin fond de l’Amérique White trash, la patineuse Tonya Harding était une surdouée promise à un destin olympique, il ne reste pourtant aujourd’hui d’elle que le souvenir d’une altercation violente avec sa grande rivale de l’époque, Nancy Kerrigan. Voilà un biopic passionnant à suivre appuyé par une narration fluide, une bande son pop réjouissante et un scénario malin. Margot Robbie continue de confirmer qu’elle n’est pas juste un faire-valoir sexy, elle joue ici avec beaucoup de justesse un personnage capable du meilleur comme du pire.



10 – FIRST MAN

De Damien Chazelle

Après le succès mérité du chef d’œuvre La La Land, Damien Chazelle embauche de nouveau Ryan Gosling pour une épopée spatiale intimiste. First Man raconte une partie de  l’histoire de Neil Armstrong, le légendaire premier homme sur la lune. Loin de proposer un vulgaire film hollywoodien aseptisé et bêtement héroïque,  Damien Chazelle s’intéresse ici de près à la vie de cet homme brillant mais tourmenté, brisé par le décès prématuré de sa fille. Un film mélancolique appuyé par d’excellents choix dans la réalisation. Le prodige américain continue d’impressionner.      



09 – ISLE OF DOGS

De Wes Anderson

Wes Anderson est l’un des rares réalisateurs actuel dont on reconnait immédiatement le style, même lorsqu’il s’attaque comme ici au film d’animation. Les couleurs, les personnages décalés, les tics de réalisation (la symétrie des plans notamment) et l’univers singulier proposé, tout respire ici la science de ce créateur hors pair. Tout aussi poétique mais plus politique que ces précédentes œuvres, Isle Of Dogs mériterait de multiples visionnages pour en saisir toute la richesse, ce que l’on ne manquera pas de faire à la première occasion.



08 – NI JUGE NI SOUMISE

De Jean Libon & Yves Hinant

L’équipe de Strip Tease s’attaque au grand écran au travers du portrait d’Anne Guwez, une juge d’instruction bruxelloise au caractère unique, bien loin des personnalités glaciales que l’on imaginerait à ce type de poste. La réalité dépasse ici la fiction, on a même parfois du mal à croire à ce que l’on voit, ce que l’on entend. Les réalisateurs parviennent à tourner des histoires souvent très sombres et tragiques en comédie noire et on rit finalement beaucoup le long de ce documentaire diaboliquement réjouissant.



07 – CLIMAX

De Gaspard Noé

Viscéral, animal, organique et violent, le dernier né de Gaspard Noé est l’une de ses plus grandes réussites. Il y a notamment cette première heure presque parfaite alternant une galerie de portraits en caméra fixe avec de vertigineux plans séquences où les corps se libèrent au rythme d’une bande son décapante. Film jusqu’au boutiste, Climax ne ménage pas le spectateur et ne recule devant rien. Une véritable expérience de cinéma comme on en voit malheureusement trop rarement. A déconseiller aux Ames sensibles.



06 – LES CHATOUILLES

D’Andréa Bescond & Eric Metayer

Aborder un sujet difficile comme la pédophilie au cinéma est un exercice des plus délicats. Andréa Bescond a su tirer de sa tragique expérience personnelle un film exemplaire d’une rare finesse et d’une grande sensibilité. De son enfance traumatisée à sa difficile construction sociale, elle retrace son parcours avec beaucoup de pudeur. Les Chatouilles est un œuvre choc appuyée par une mise en scène inspirée pleine de bonnes idées, le montage par exemple est ici d’une qualité rare.



05 – THE HOUSE THAT JACK BUILT

De Lars Von Trier

Malgré les années qui passent, les critiques, les scandales, Lars Von Trier résiste. Au travers du portait sans concession de Jack, un serial killer incarné par un Matt Dillon flippant à souhait, le danois affirme plus que jamais sa liberté créative. Il propose un film barré, sauvage, nihiliste mais aussi plein d’humour noir, très noir on vous le concède.  Un film violent réservé à un public averti et dont certaines images vous hanteront l’esprit bien longtemps après la projection.



04 – HOSTILES

De Scott Cooper

Hostiles est un grand film sur l’Amérique et sa construction. De son intense scène d’ouverture à sa touchante scène finale, Scott Cooper réalise ici un superbe western. Epique, sombre et habité par des personnages complexes, Hostiles est un film brut au rythme lent où la violence psychologique et physique est autant suggéré que parfois montré. Soutenu par les majestueuses compositions de Max Richter, ce film doit également beaucoup à ses comédiens, en particulier Christian Bale et Rosamund Pike délivrant tous les deux une interprétation de haute volée. 



03 – PHANTOM THREAD

De Paul Thomas Anderson

10 ans après le chef d’œuvre There Will Be Blood, le génial Paul Thomas Anderson retrouve Daniel Day Lewis. Il s’intéresse à la personnalité tourmenté du couturier Reynolds Woodcock qui habilla la haute société britannique dans les années 50. Soutenu par la splendide partition de Jonny Greenwood, Phantom Thread est un grand film baroque, éblouissant de par sa forme et passionnant de par son fond. Daniel Day Lewis livre une prestation exceptionnelle et Paul Thomas Anderson confirme qu’il est bien l’un des plus grands cinéastes au monde



02 – UNDER THE SILVER LAKE

De David Robert Mitchell

Et le prix du film le plus jubilatoire de l’année est décerné à David Robert Mitchell. Après l’excellent It Follows, le réalisateur confirme avec une plongée effrénée dans le monde halluciné d’Hollywood. Sam, joué par un Andrew Garfield étonnant, fait la connaissance de Sarah qui disparait peu après. S’en suit une aventure rocambolesque qui va le mener aux quatre coins de la cité des anges. Under The Silver Lake est un long et fascinant rêve éveillé, un film pop constamment surprenant bercé par  les influences des deux grands maitres que sont Hitchcock et Lynch.



01 – JUSQU’À LA GARDE

De Xavier Legrand

Ça démarre par une scène quasi documentaire dans le bureau d’une juge. Miriam et Antoine, en instance de divorce, s’y disputent la garde de leur enfant. En choisissant de traiter son sujet comme un thriller, Xavier Legrand vise juste et fort. Climat oppressant, tension constante, il parvient à un résultat stupéfiant sans jamais faire dans la surenchère, soutenu par un trio d’acteurs incroyables. Loin d’être une dénonciation académique de la violence domestique, Legrand livre là un grand film d’un réalisme saisissant jusqu’à une scène finale à couper le souffle.

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