2018 en 25 Albums

2018 en 25 Albums

14 décembre 2018 0 Par Vincent

Quelle belle année musicale que fut 2018 ! De nombreux albums de qualité dont voici un florilège, le tout accompagné de la playlist qui va bien. 

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25) Grouper – Grid of Points 

Il y a d’abord cette étrange pochette en noir et blanc qui laisse songeur, des voix célestes et puis les premières et délicates notes arrivent, Liz harris, seule, accompagnée de son piano. Minimaliste et profond, la chanteuse semble constamment survoler des compositions brumeuses pleines de grâce. Composé en seulement 1 semaine et demie, Grid Of Points est un album épuré de tout superflu qui s’écoute seul, au calme et l’esprit apaisé, décollage garanti.


24) Ambrose Akinmusire – Origami Harvest

Le talentueux californien Ambrose Akinmusire n’est pas du genre à faire dans la facilité. Origami Harvest est un périple sonore exigeant où un jazz des plus modernes se confronte ici au hip hop, Miracle and streetfight, ailleurs à de la musique de chambre et à des éléments dissonants perturbants, The lingering velocity of the dead’sambitions. Plusieurs écoutes sont ici nécessaires pour comprendre cette œuvre riche et originale à l’ambition certaine mais dénué de toute attitude élitiste. 


23) Daniel Avery – Song for Alpha 

Le britannique, devenu incontournable sur la scène électro mondiale, revient avec Song For Alpha un album techno de qualité supérieure. Animé par un groove froid hypnotisant, il y martèle des sonorités industrielles glacées enveloppées dans des nappes ambiant remarquablement travaillées. Jamais monotone, ce nouvel album très inspiré devrait faire le bonheur de vos oreilles curieuses ainsi que de celles de nombreux DJ trouvant là matière pour agrémenter leur prochain set.

 

22) Summoning – With Doom We Come

Evoluant dans le registre du black métal épique, les autrichiens de Summoning  nous emmène, une fois n’est pas coutume,  en pleine terre du milieu. Grandement inspiré par l’œuvre de Tolkien, With Doom We Come est une invitation à s’aventurer dans des contrées grandioses et lointaines, là où se construisent des histoires légendaires remplies de créatures fantastiques. Étirant la plupart des titres aux alentours des huit minutes, histoire de mieux se plonger encore dans l’univers proposé, le duo aura ouvert l’année 2018 de fort belle manière.

 

21) The Field – Infinite Moment 

Il est l’un des producteurs techno les plus doués de la planète, l’un des plus discrets également. Axel Willner, a.k.a The Field livre ici son cinquième album et continue de nous envouter de sa patte unique. Le suédois est passé maitre dans l’art de construire des boucles hypnotiques entêtantes donnant la vertigineuse impression de se retrouver prisonnier d’un rêve (ou d’un cauchemar ?) sans fin. Une nouvelle fois, on saluera l’exceptionnel travail sur les textures donnant à l’ensemble un côté totalement intemporel.

 

20) Villagers – The Art Of Pretending To Swim 

Tête pensante du groupe Villagers, Conor O’Brien continue de creuser brillamment le sillon d’une pop folk aventureuse et complexe. On se laisse vite emporté par ces compositions ambitieuses d’une grande élégance et souvent teinté d’onirisme. On ne s’ennuie jamais à l’écoute de ce nouvel album constituant la plus grande réussite du groupe irlandais jusqu’à présent. A vrai dire, on y est retourné même volontiers à plusieurs reprises pour s’imprégner de tous les petits détails d’un disque séduisant de bout en bout.



19) Christine And The Queens – Chris

Chant, danse, composition, Héloise Lettissier est clairement l’une des artistes françaises les plus singulières du moment. Pour son nouvel opus, elle est allé tirer ses influences du côté de Madonna ou encore Mickael Jackson, entre pop froide et électro funk chaleureuse pour un résultat des plus réjouissants. Ici une remarquable exécution vocale soutient une écriture atypique et de qualité qui forcément divisera. Les anglo saxons sont conquis et à l’écoute de ce disque, on peut aisément les comprendre.

 

18) Deafheaven – Ordinary Corrupt Human Love 

Trois ans après le colossal New Bermuda, le quintette américain continue son petit bonhomme de chemin avec ce 4ème album, plus lumineux et plus sage aussi. C’est désormais le post rock qui a clairement pris le dessus, les inspirations black métal étant surtout perceptible dans le chant de George Clarke et quelques passages bien sentis du batteur Daniel Tracy. Cet éblouissant album, dont on ressort fortement secoué émotionnellement, marque une étape de plus dans la carrière de Deafheaven, groupe ô combien important dans la sphère rock métal.



17) Saba – Care for me 

A juste 23 ans, Saba concrétise toutes les promesses suscitées par ses débuts avec un nouvel album de grande classe. Il propose ici un remarquable album de RnB soyeux, un poil jazzy, où les textures flottantes donnent l’impression d’être constamment high. On ne peut que s’incliner devant le travail effectué par des producteurs aventureux, véritables apôtres de la musique moderne.

 

16) SOPHIE – Oil Of Every Pearl’s Un-Insides 

Le son de demain !! La productrice écossaise vient de délivrer ici un premier album brillant et décomplexé de pop synthétique futuriste. Voici donc un disque d’une originalité rare où Sophie envoie valser tous les préceptes inhérents à ce genre musical. Elle explose le format  dans un joyeux bordel très organisé avec un remarquable travail de fond sur la production sonore. Pop expérimentale, IDM, house, ambient, électro, une mixture parfaitement dosée et l’un des meilleurs albums de l’année.



15) Turstile – Time And Space

Le jeune combo de Baltimore déboule avec un second album à l’énergie folle et fait au passage revivre tout un pan de l’histoire du hardcore. On se prend en pleine tronche une pure décharge de riffs agressifs parfaitement produit et redonnant vie au punk hardcore de manière fougueuse et déterminé. Il y a bien longtemps qu’un album de ce genre ne m’avait donné autant envie de pogoter dans tous les sens.

 

14) Pusha T – Daytona 

Si certains doutaient encore des capacités créatives de Kanye WestDaytona devrait définitivment les mettre d’accord. Pusha T a vu juste en accordant sa confiance à Yeezy qui signe un comeback fracassant à la production. Marqué par le contraste entre soul et instrumentaux électro plus agressif, cet album étonne aussi de par son format, 7 titres bouclés en 20 minutes. Il y a là un sentiment d’instantanéité, d’urgence, presque un concept album ou Pusha T brille de par son flow aiguisé, un futur classique ?



13) Bvdub – A Different Definition Of Love 

L’ultra prolifique Bvdub continue d’éblouir de son talent unique la planète ambient. Ce nouvel opus, plus lumineux que son prédecesseur, est une splendide invitation à la contemplation et à la rêverie. Rares sont les musiciens ayant un style reconnaissable de la sorte et ces six plages immersives, étirées sur près de 75 minutes, devraient définitivement être prescrite par les medecins pour lutter contre le stress dans notre société hyperactive.



12) Kids See Ghosts – Kids See Ghosts

Après plusieurs collaborations plus ou moins réussies, Kid Cudi et Kanye West ont choisi d’unir leurs forces le temps d’un album entier. Privilégiant un format court de 7 titres, les deux rappeurs se complètent ici parfaitement, la science du beatmaking du chicagoan faisant le reste. Soul, réminiscence de gospel, de blues et même de rock psyche sur l’énorme Freeee, cet album marque par la qualité et la variété de ses productions. On n’avait pas connu Kid Cudi à un tel niveau depuis fort longtemps.

 

11) Hookworms- Microshift 

Originaire de Leeds, le quintette Hookworms délivre l’un des albums de rock indie les plus emballant de l’année. Loin du traditionnel couplet refrain, les britanniques font voyager leur compositions de façon souvent inattendu utilisant au mieux des sonorités électroniques bondissantes, des synthés délicieusement 60’s-70’s et des guitares noisy à souhait. Il y a là une urgence presque adolescente dans ces compositions faussement joyeuse de post punk.



10) A.A.L – 2012-2017 

Amateur de House Music, il est plus qu’urgent de vous pencher sur le projet alternatif de Nicolas Jaar. Saupoudrant sa musique de funk et de soul, le chilien nous envoie ses bonnes vibrations et un aller simple pour le dancefloor. Il est bien difficile de trouver à redire sur ces neuf titres totalement réjouissants aux couleurs variés, utilisant habilement le sampling pour nous amener vers une curieuse forme de nostalgie

 

09) Tomberlin – At Weddings 

Si l’on devait établir un classement des révélations musicales de l’année, nul doute que Tomberlin figurerait tout en haut de la liste. Une guitare acoustique, quelques délicates notes de cordes et synthé, une voix grave enchanteresse, il n’en faut pas d’avantage pour se laisser emporter par les compositions tout en retenue de la jeune américaine de 23 ans. At Weddings est un album touchant et sincère, l’indie folk vient peut-être de se trouver une nouvelle égérie.



08) Rich Brian – Amen

Du haut de ses 18ans, Rich Brian propose un premier album de rap à la coolitude contagieuse entre trap percutante et instrumentaux vaporeux. Le jeune indonésien s’inspire ici de ses ainés américains avec en tête The Underachievers, Migos, Tyler the creator et on pourrait même citer Pharrell par certains aspects. C’est coloré, ça sent bon le soleil, idéal pour vous remonter le moral.

 

07) Idles – Joy as an act of resistance 

Qu’on se le dise, le punk rock n’est toujours pas mort et il vient même de retrouver de sa superbe avec ce fantastique deuxième album d’Idles. Aller simple pour l’Angleterre, Joy as an act of resistance est parsemé de bombe aux riffs ravageurs et aux mélodies entraînantes. La production donne ici la grisante impression de se retrouver projeté dans un pub rock du fin fond de Liverpool ou Manchester. Un album parfaitement dosé et maîtrisé qui viendra à coup sûr réveiller le punk qui est en toi.


06) Chvrches – Love Is Dead

Depuis un fantastique premier LP en 2013, les écossais de Chvrches ont toujours eut une place à part dans nos cœurs. Continuant de moderniser l’héritage des 80’s, le trio déploie une électro pop dynamique et très synthétique pleine d’une fraîcheur presque adolescente. Après un second album un peu décevant, la bande de Lauren Mayberryrevient fort. Love is Dead est rempli de mélodie catchys à souhait et de refrains imparables que l’on se verrait bien chanter fort, très fort.



05) Robyn – Honey

Véritable héroïne de la pop moderne, Robyn aura donc mis près de huit ans pour donner suite à l’excellent Body Talk. Conservant toujours une fraicheur intacte et épaulée par des des producteurs triés sur le volet, elle dévoile avec Honey un superbe album. Ici tout semble avoir été méticuleusement réfléchi, un travail d’orfèvre évoluant subtilement entre pop mainstream, musique de club, dance et électro mélancolique. La suédoise effectue ici un retour salutaire. .



04) The Blaze – Dancehall

Révélé l’an passé par le captivant Ep TerritoryThe Blaze est rapidement devenu au centre de toutes les attentions. Les longs mois d’attente ne furent pas vains, Dancehall, premier long format des parisiens est un petit bijou d’électropop sensible. Baignées dans une mélancolie euphorisante, les dix compositions du duo sont d’une beauté folle, animées d’une éclatante énergie positive rappelant parfois les productions rêveuses de Moderat. A vrai dire, on est bien incapable de déterminer combien de temps l’état de grâce durera pour The Blaze alors profitons-en, maintenant, au maximum.



03) Let’s Eat Grandma – I’m All Ears 

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Cette citation de Corneille sied à merveille au duo Let’s Eat Grandma qui du haut de ses 17 ans vient de livrer un fantastique et bluffant second album. Portée en partie par la productrice Sophie et Faris Badwan du groupe The Horrors, les deux ados impressionnent par la complexité de compositions électropop fourmillant de trouvailles. Elles conservent ici une fraicheur intacte, le tout sans perdre ce côté weird que l’on affectionne tant. Brillant !



02) Jon Hopkins – Singularity

Il aura mis le temps mais nos attentes n’auront pas été vaines, Jon Hopkins délivre une pépite avec Singularity, une nouvelle démonstration éclatante de son savoir-faire. Il nous immerge dans des productions oniriques massives aux textures incroyablement travaillées, la bande son de votre futur voyage spatial. Un trip sonore qui se finit sur une partie beaucoup plus intimiste et minimaliste où un piano doux et mélancolique vient prendre le relai. Somptueux !



01) Vald- Xeu 

Dépassant l’image du simple clown que certains voudraient voir en lui, Vald passe ici au niveau supérieur. Maîtrisé et cohérent de bout en bout, Xeu est l’un des plus grands albums de rap français de ces dernières années. Voilà un disque servi par une écriture toujours aussi singulière, des punchlines percutantes et les productions magistrales de Seezie qui du haut de ses 20 ans peut déjà rivaliser avec les meilleurs producteurs US actuels.