Cabaret Vert 2015

Cabaret Vert 2015

15 septembre 2015 0 Par Anastasia

En 2014, l’Eco-festival du Cabaret Vert fêtait ses 10 printemps. L’occasion de revenir sur cette édition des plus fulgurantes ! Ce ne sont pas moins de 94.000 spectateurs qui se sont massés à Charleville-Mézières durant 4 jours. Un record de fréquentation de 25% supplémentaires par rapport à 2013.

Animé par des valeurs de solidarité et d’éco-sensibilisation, le festival s’attèle à mettre en lumière le territoire ardennais.

S’appuyant sur une logique artistique audacieuse, le Cabaret Vert nous plonge en immersion des univers musicaux variés, mais également la production artistique au sens large.

Mélant dans sa programmation des groupes à la renomée internationale avec des noms locaux. L’année dernière, Placebo, Airbourne, Prodigy, Die Antwoord, -M- ou encore Fauve avaient enflammé le stade Bayard. Une ampleur qui n’a cependant pas affecté la place de l’humain au sein du festival.

Un mélange des disciplines qui met également à l’honneur les arts de rue, la BD, le cinéma, et les performances. Vous pouviez également vous distraire autour d’un puissance 4 géant, de jeux anciens, où participer à une représentation théâtrale immersive dans les roulottes qu’abritaient l’espace Le temps des freaks.

Chaque jour, de nombreuses compagnies se sont ainsi produites dans ces lieux atypiques, un peu en marge du festival.

Notons également la présence d’un Festival de la BD, qui a ouvert ses portes le samedi. En la présence de son parrain, Stéphane Crety, dessinateur de bédés originaire de Charleville. Des rencontres, des séances de dédicasses, jeux ou encore des ateliers y étaient proposés. Je tiens à féliciter les acteurs de ce festival qui ont su valoriser le 9ème Art et en faire un véritable temps fort sous une chaleur accablante.

Cabaret Vert 2015

©F.HUSSON

Revenons dès à présent sur la dimension musicale de cette année, qui a considérablement marqué l’équipe Culturovore. Pas loin de 3 années ont séparé nos participations sur cet évènement et c’est avec stupeur que nous avons pu considérer l’étandue des évolutions. Imaginez qu’en 2005, année de la 1ère édition, le Cabaret Vert avait attiré 10.000 spectateurs. Et autant vous dire que cet engouement n’est pas le fruit du hasard.

Le “Rodéo trip en Ardennes” s’est déroulé du 20 au 23 août en plein centre ville, sur les berges de la Meuse. Emplacement non seulement stratégique mais également particulièrement appréciable.

Singulier, le festival cultive la différence et ça fonctionne ! Son implication environnementale s’expose sur tous les points : de la traçabilité des produits au tri sélectif en passant par la mise à l’honneur des produits locaux, les organisateurs privilégient les circuits courts et toutes les méthodes de renouvellement durable. Un environnement propice à la fête et une programmation qualito-écclectique.

Cette année encore, les groupes se sont produits sur 3 scènes différentes :
–        Scène Zanzibar (main stage)
–        Illuminations (medium)
–        Temps des cerises

© L.Vayssié

© L.Vayssié

J-1 : Etienne Daho
Christine & the Queens, l’auteur-compositeur-interprète aux deux récompenses aux victoires de la musique, nous a proposé un set imaginatif, entrainant, impreigné de danse contemporaine
Paul Kalkbrenner, tête d’affiche du jeudi soir, a attiré un public assez précis, moins étendu. Des rythmes planants made in Berlin. Du moins jusqu’au problème d’électricité qui plonge la grande scène du cabaret dans la pénombre 10 minutes avant la fin du show ! La prestation reste toutefois une belle mise en bouche pour cette première soirée électronique !
Gramatik est cependant l’agréable surprise de l’équipe ; le DJ slovène venu avec deux compères (chanteur/guitariste et un saxophoniste), le DJ a pris une véritable dimension live très dynamique.

J-2: Jurassik 5, un des coups de coeur de l’équipe. Les rappeurs américains tapent fort et c’est parfait pour accompagner ce gros son hip hop à l’ancienne.
The Chemical Brothers ont quant à eux littéralement electrisé la scène Zanzibar devant plus de 20.000 spectateurs. Une claque visuelle et esthétique sans contest ! Un presque parfait pour ce DJ set élaboré. De malheureuses problématiques techniques sont toutefois venues ternir la prestation. Deux arrêts de suite, les écrans seuls fonctionnaient encore. Cela a freiné notre pleine envolée. Agacés de cet imprévu, les Chemical Brothers sont revenus sur scène munis d’une lampe torche et d’un papier sur lequel nous pouvions voir « pardon ». Le set a ensuite pu reprendre son cours en toute normalité.
Un mot : Impressionnant.
Ratatat, duo New Yorkais muni de guitare, basse et percussions ont proposé un jeu de scène maitrisé et très rock’n’roll.
Mr Oizo, achèvera la transformation du cabaret en club, clôturant la journée de concert à 3h du matin. Une prestation lambda.

© R.Meert

© R.Meert

J- 3John Butler Trio, la foule accueille les artistes de manière très chaleureuse. Une impression intense de bien-être se dégage en écoutant le groupe sous le soleil. Une sensation de voyage semble submerger le public en l’espace de quelques notes. Fort de leur réputation, les musiciens maitrisent leurs instruments avec une aisance déconcertante. John Butler prouve encore une fois ses capacités multi-instrumentales. Nous savourons et le public apprécie la technique.
Selah Sue, un show très loin d’être mauvais mais l’ambiance n’est pas au rendez-vous. Peut-être un peu trop détendu avant l’arrivée de Limp Bizkit, une potentielle simple erreur de place (un échange avec JBT aurait pu être bénéfique).
Rone, une électro complexe, un bel univers soulevé par une bonne gestion de la lumière. Un set pendant lequel les slams s’enchaineront, ce qui a vraisemblablement agacés les moins aguerris, si l’on en croit l’entourage.
Limp Bizkit, le groupe commence avec un public très excité. Nous-même dans la fosse et adeptes du groupe, nous les attendons avec impatience ! Cependant, au bout de quelques chansons, nous alternons successivement entre mosh délirants et incompréhensions. Des transitions un tantinet bâclées, un set truffé de reprises (50 cents, Kanye West, Daft Punk ou encore Nirvana). Les organisateurs justifieront plus tard ces originalités par un parti pris. Le groupe n’ayant visiblement plus rien à prouver, souhaitait un moment d’échange avec le public, plutôt à l’instar d’une répète’ grande ampleur. L’ambiance dans le pit est bonne mais les pogos sont peu maitrisés, manquent d’harmonie et de solidarité ! Loin de la prestation proposée au Hellfest en juin dernier… Nous avons également eu le droit à la marseillaise. Un élan patriotique étonnement fédérateur, qui sera repris par toute la foule. Le concert se termine avec Take a look Around puis Staying alive des Bee Gees, à leur habitude.
Vandal, gros set ragga electro-tech’ qui nous plonge dans un univers de free-party. Excellente fin de journée !

© R.Meert

© R.Meert

J-4 : Dimanche, 6€ l’entrée, journée plus familiale ponctuée par la pluie. Mais cela n’entaille pas l’engouement des festivaliers ! Fakear, malheureusement programmé tard, un grande nombre a du quitter les lieux avant de voir sa prestation.

Soulignons que tout au long du festival, il était possible d’écouter de la musique en continue ou de changer pour des ambiances plus “chill”. Les Monty Picon ont mis le feu avec leur fanfare rock et ont réveillé la foule pour un moment de jump/partage/amusant. Ils seront d’ailleurs en concert dans le cadre du festival I’m from Rennes le 26 septembre.

Le Raspect Crew aura par ailleurs animé comme il se doit Le Temps des Cerises tout au long du festival. Ce collectif raggae, dub et dancehall nous a transporté avec bonne humeur et amour dans leur univers.

Focus sur…
La nourriture : Choix très vaste, poulet rôti, sandwich, soupes, hot-dog, spécialités au maroille, cacasse à cul nu (spécialité locale à base de pommes de terre, histoire de sautiller en toute légèreté !), sanglier, stands de boissons énergisantes maison, stand exotique… De quoi vous rassasier !

… Les boissons : De nombreuses bières artisanales sur le stand du Bateau Ivre, notamment la fameuse Oubliette, clairement mise à l’honneur. Fidèle à sa logique de circuits courts, aucun brevage proposé n’avait effectué plus de 200km. En complément, un stand de vins bio et ses délicieuses planches campagnardes.

… Le camping : Bonne ambiance, il ne faut cependant pas être avare de sommeil. Le soleil accablant vous réveille dès 8h du matin, ne pensez pas venir trouver du repos. Arrivés dès le jeudi, certes assez tard, nous avons peiné à trouver un emplacement. Nous posons finalement notre campement au fond du camping 1, près des sanitaires. Emplacement stratégique s’il en est, mais qui a également son lot de nuisances que nous n’aurons pas besoin de vous énumérer. Le matin, un réveil en “douceur” avec une équipe d’initiation au yoga qui nous (re)plonge très vite dans l’ambiance.

… La décoration : Des fleurs géantes, luminaires à gogo, des mappings… La décoration du Cabaret Vert est soignée, élaborée et immersive. Elle peaufine notre voyage et incite à l’émerveillement.

© Kmeron

© Kmeron

Les plus :
–        La nouveauté : les écrans sur la grande scène
–        Les toilettes sèches toujours aussi propres
–        L’animation percus/poubelles du camping
–        Le grand choix de bières et de nourritures
–        Les bars à eau (gratuit !) proche des scènes
–        L’accueil des bénévoles
–        La Gazette du CV qui ponctue les débuts de journées, revient sur les évènements de la veille avec humour et anonce les suivants de manière alléchante ! Un sympathique récap’ très fédérateur. Point décalé apprécié : La rubrique “Indiscrétion des loges” qui conte les petites lubies ou requêtes particulières des artistes.

Les moins
–        Fermeture rapide avec peu d’animations supplémentaires prévues pour les festivaliers sur le camping. Fort heureusement, ceux-ci ne manquent pas d’imagination pour vivifier vos fins de soirées
–        Attente conséquente à l’entrée du site pour chaque gros concert
–        Annulation de Mastodon
–        Coupures de son

Et 2016 ?
Julien Sauvage, directeur du festival annonce qu’en 2016, l’équipe a prévu l’aménagement d’un dancefloor à ciel ouvert dans la friche Eiffel qui jouxte le site actuel. « Un nouveau lieu c’est parfois aussi excitant qu’une super tête d’affiche. »
Nous attendons avec impatience la prochaine édition !

© C.CARON

© C.CARON

Le saviez-vous ? Le festival tient son nom d’une auberge, Le Cabaret Vert, dans laquelle Arthur Rimbaud, enfant du pays, avait séjourné le temps d’une fugue; avide d’évasion, de découvertes, de nouvelles senteurs… Caractéristiques qui symbolisent parfaitement cet évènement atypique dans le paysage festivalier français.