Last Arena au loin

REPORT – Au cœur de Dour 2016

Revenir de Dour c’est toujours une grande aventure, une grande étape difficile après avoir passé cinq jours à suer des litres, marcher des kilomètres, danser des dizaines d’heures, d’être à nouveau confronté à la la vie réelle. Récit en deux parties au cœur d’un des festivals majeurs de Belgique.

Si vous cherchez à voir l’intégralité des clichés pris à Dour, c’est par ici.

L’ambiance, le lieu, et la vie à Dour

Créé en 1989, le festival n’a cessé de grandir en 28 éditions et de prendre de l’ampleur, passer d’une seule scène et cinq groupes à la fin des années 80, à neuf scènes et près de trois cents artistes à l’heure actuelle. Par sa taille et sa dimension, le festival offre la possibilité de découvrir de nombreux artistes mais engendre également quelques points négatifs, retour sur l’ambiance, le cadre et la vie à Dour.

Ramasseur de gobelets
Ramasseur de gobelets

Plus qu’un festival, Dour est une véritable communauté, où chaque festivalier laisse ses problèmes et sa vie personnelle de côté, en dehors du festival. Cela permet pendant cinq jours de lâcher prise, de se déconnecter du monde, de se balader à travers un monde un peu différent, d’être heureux et de s’autosatisfaire en voyant les gens qui nous entourent, les amis qui nous ont rejoints pour l’aventure, de leurs mines souriantes. Le tout, en musique, celle qui nous fait triper, celle qu’on apprécie. Sans oublier l’ambiance festive à la belge et quasiment toujours bonne enfant. Sans les rares exceptions,  on se croirait dans une communauté de personnes rassemblées pendant cinq jours qui tend à être peace and love comme à Woodstock. Les gens retombent en enfance, sans limite, et sans interdit, pouvant déconcerter quelques festivaliers. Mais pour ceux qui s’habituent à ce désordre ambiant mêlant poussière, gadoue, individus torchés, fond d’hartek toute la nuit au camping, cri de guerre d’apéro et de DOUURREEEUUHHH, odeurs de pisse, de transpiration et d’alcool qui se font de plus en plus pénétrantes au fur et à mesure de la semaine ; oui pour tous ceux qui surmontent ça, Dour c’est un voyage où on se sent bien. Oublier le reste du monde, se libérer à fond dans la musique, et se redécouvrir à travers les petits plaisirs de la vie comme avoir un toilette venant d’être vidé et nettoyé, pouvoir prendre une douche sans attendre deux heures, être accompagné par la sympathie et la solidarité des voisins de camping toujours prêt à rendre service, ces petits riens qui fondent l’expérience du festival, qui sont les bases de la communauté qui évoluent ensemble pendant cinq jours.

Loin de nos sociétés ultras sécuritaires, et hypers développés, c’est rigolo de redécouvrir la valeur que l’eau peut avoir dans un festival, la bienveillance des autres festivaliers quand ils voientt quelqu’un en bad, ou un mec louche près d’une tente qui lui est visiblement étrangère, ou encore l’extrême sympathie des bénévoles permettant d’être au festival de Dour ce qu’il est. Alors oui, c’est indéniable, on perd en confort, mais elle est inversement proportionnelle au gain de liberté qui en découle.

La Redbull Elektropedia
La Redbull Elektropedia

Loin d’avoir un site particulièrement intéressant, cette prairie au pied d’un terril le reste de l’année ne permet pas de faire de Dour un espace inédit et attirant, surtout qu’à force d’expérience, on sait qu’après la moindre averse, le lieu se transforme en gigantesque zone marécageuse. Mais, il faut concéder le charme et l’identité octroyée par les chapiteaux de couleurs flashies, l’atmosphère tranquille du bar du petit bois situé à l’épicentre du festival, le chill offert par le nouvel emplacement pour le Dub Corner permettant à celui-ci de concurrencer celui offert par le bar à bières spéciales. Et finalement, un an après la surprise du remaniement de la Red Bull Elektropedia, sa modification de l’année pour en faire un véritable dance floor à ciel ouvert est plutôt réussi. Son seul défaut étant son orientation, qui ne permet pas un son aussi bien réparti que l’année dernière. Sur les côtés de celle-ci une accumulation de basses se fait au détriment des aigus et des médiums. Par contre quel dommage pour la Last Arena, grande scène de Dour, que le son soit si mauvais et ne permet pas de rendre les têtes d’affiches mémorables. Effectivement, passé le 25e rang, au niveau de la régie, le son est faible, et ne ressemble plus qu’à un amas de basse, mélangé avec un arrière son de la Dance Hall de Jupiler. Alors que sur toutes les autres scènes, un relais d’aigu et de medium est placé derrière la régie, il est étonnant qu’il ne soit pas procédé à la même chose sur la main stage du festival.

Étant de grands amateurs d’électro, nous sommes ravis d’avoir une sélection d’artistes gargantuesques durant le festival, mais nous trouvons dommage que le monopole d’électro porte préjudice à tous les autres genres censés être représenté dans un festival voulant réaliser un brassage des genres. Passé 23h, aucune scène n’offre autre chose qu’un sous d’électro, aux grands dépits de certains festivaliers. Le festival fonctionnant par son hétérogénéité, il serait vraiment cool de proposer quelle que soit l’heure, des alternatives.

Notre dernier chagrin de Dour concerne sa nourriture ! Trop gras, pas assez variés, et trop chers, les mets proposés à Dour sont décevants. Peut-on résumer l’étendue de la gastronomie belge à sa frite ? Pourquoi ne pas proposer les sandwichs chauds avec des légumes et pas seulement des oignons macérés dans l’huile. Pourquoi ne pas ouvrir le festival à un large choix de food trucks ? Difficile de manger cinq jours dans une pauvre variété de mets. Sans demandé à être un lieu de haute gastronomie, regardez comment vos confrères arrivent à proposer une nourriture variée et saine dans les autres festivals.

Étrange nuage sur l'Elektropedia
Étrange nuage sur l’Elektropedia

Sentiment partagé en quittant Dour, lessivé après 5 jours à plein temps, entre l’épuisement accumulé, et la sensation rayonnante de bonheur que ce festival laisse. Et puis trois jours de repos plus tard, Dour nous manque déjà, et comme une véritable addiction, on regarde tous les autres festivals se déroulant dans les jours, semaines et mois à venir pour tenir la longue attente que représentent les 360 prochains jours. Est-ce gênant ? Certainement pas, nous sommes confrontés à des milliers d’addictions au quotidien, et l’addiction que Dour laisse sur l’humain n’est pas dangereuse, comme toutes les addictions, il faut savoir la maîtriser et se raisonner. Nous ne pourrions penser qu’à boire, qu’à nous défoncer, qu’à baiser, courir, jouer, parier, mais être humain c’est savoir se modérer, et contrôler les excès tout en vivant avec les possibilités d’y plonger, et de n’y succomber par intermittence.

Retour sur la programmation

Nous avons assisté au festival de son ouverture mercredi à 18h, à sa fermeture dans la nuit du dimanche au lundi à 4h du matin, mais bien sûr on n’a pas assisté aux près de 300 concerts proposés. Du coup la sélection ci-dessous concerne majoritairement des artistes d’électro, mais pas seulement, avec quelques ouvertures hip-hop, rock et autres. Le reportage se veut au plus près de tous les instants de musique qu’on a pu saisir à Dour, un festival où l’on peut écouter autant de genre différents, ça fait du bien !

Lever de rideau

Depuis l’année dernière (exception à la 25e édition), le festival de Dour ouvre ses portes dès le mercredi soir, avec des horaires restreints, et seulement trois scènes pour l’occasion. La Last Arena, artère majeure du festival, la Jupiler Dance Hall pour une expérience particulière, et la Cubanisto Dancing petite nouvelle de cette année. Revenons justement sur cette dernière scène. L’idée de l’ouvrir lors de la soirée de lancement du festival est alléchante, mais sa petite capacité permettant un maximum 2000 personnes n’a pas permis d’apercevoir grand chose de la programmation de ce soir. Pourtant les concerts de DC Salas, S3A, Pablo Valentino et Lakuti avaient l’air fort bien et l’ambiance au cœur du chapiteau à son comble, mais faute de place nous ne nous sommes pas attardé dans ce chapiteau ce soir-là.

Au sein du Dance Hall de Jupiler, la Colonie de Vacances a proposé une expérience singulière. Rassemblement de quatre groupes, Electric Electric, Pneu, Papier Tigre et Marvin, chacun des groupes d’origine française était disposé à chaque coin d’un losange, et jouait… en même temps ! Le public déambule alors au sein de l’espace et capte les différentes sources avec plus ou moins de puissances, un live déroutant et une chouette expérience !

Last Arena - Salut c'est cool
Last Arena – Salut c’est cool

Salut c’est cool, véritable figure du festival cette année jouent trois heures par jour au Cubanisto Dancing, et en sus, ont également offert un set d’une heure sur la grande scène. C’est à base de souffleur de feuilles mortes, de gigantesques bâches plastiques, d’affiches délirantes, de tuyau d’arrosage qu’ils ont passé un top de leurs chansons devant un public chaud bouillant accueillant chaque nouvelle chanson par une nouvelle rafale de pogos. Un moment fortement agréable, même si on les a parfois vus plus fou par le passé. Se réserver pour la semaine à venir ? Assurément ! Peu après, c’est The Vaccines qui déboule sur la grande scène avec un live un poil mou, accentué par le concert d’avant, et celui de Netsky concluant la soirée. Le producteur de drum and bass belge offrira un live rassemblant le top de ses chansons, mais laissant la désagréable sensation d’entendre une playlist trop parfaite. Un public nombreux accueil avec brio l’artiste.

Prendre ses marques

Pose de Jacques
Pose de Jacques

À peine arrivé sur le site du festival, on fonce au Labo, on rate la performance de Haring de quelques minutes, mais on se rattrape avec celle de Jacques. Ce génie du live improvisé proposant une nouvelle expérience à chacun de ses lives, et comme d’habitude, qu’est-ce que c’est bon. Le chapiteau ne désemplit pas pendant son live, et malgré la chaleur accablante, on en redemande quand il met fin à son live. Direction Salut c’est cool à la Cubanisto Dancing pour s’assurer que les quatre comparses en ont gardés sous le coude. Et effectivement, ce qui attend le public est vraiment fou, ils retournent littéralement le chapiteau, avec un nombre d’accessoires inimaginables. Alternant leurs propres sons, des nouvelles chansons (à venir ?) et de la techno, l’ambiance sera toujours de mise à chaque fois que nous passerons par ce chapiteau en leur présence. Quelle bonne idée de leur avoir confié ce dispositif particulier pendant la semaine !

Court arrêt devant Lady Leshurr sur Boombox avec une ambiance en une demie-heure de show bien sympa, l’étoile montante du rap anglais charme le chapiteau. Malheureusement inaccessible pour cause de chapiteau trop plein, nous entendrons quelques notes du concert de Petit Biscuit mettant l’eau à la bouche. Dommage qu’il ne soit pas passé dans un endroit plus approprié par rapport à son aura actuelle. Un bref passage au bar du petit bois plus tard, et nous revoilà à la Cubanisto devant Nevrland, assemblage des deux liégeois Ssaliva et Munix. De bonnes lignes de basses, et d’agréables mélodies ressortent du duo, dommage que le public ne soit pas plus au rendez-vous. Passage éclair à l’Elektropedia par curiosité pour voir la nouvelle scénographie, et tâter l’ambiance devant dBridge. On y voit un set de drum & bass aux petits oignons malgré notre faible attirance pour ce genre.

Nick Waterhouse
Nick Waterhouse

Direction la Jupiler Dance Hall pour le groove à la française comme savent si bien le faire Deluxe. Le chapiteau portant bien son nom pour l’occasion, le public était chaud bouillant et devant l’efficacité du show et de ses chorégraphies, la fête était au rendez-vous. Même les plus récalcitrants, portés par la voix de la chanteuse alternant entre swing et rap, et sa joie pour emmener le public sur les refrains efficaces se sont mis au rythme du chapiteau après deux trois morceaux. Au même moment, et quel dommage, à la Petite Maison dans la Prairie se produisait Nick Waterhouse. Plus posé, mais tout aussi entraînant que Deluxe, le groupe composé d’un guitariste chanteur, d’un saxophoniste entraînant, d’un batteur style rock anglais des années 60 et d’un bassiste a tout de même réussi à faire danser le demi-chapiteau réuni pour l’occasion. Une concurrence dommage ! Passage obligé devant le rappeur star du Dakota, Wiz Khalifa, sur la grande scène. Public au rendez-vous devant l’aura du chanteur, et peut-être trop, on y revient, mais toujours les problèmes de sons, et dans les arrières du public la sensation de n’entendre qu’un champ de basse. Du rap au-dessus des chansons directement tirés des albums sans travail ne nous laissent qu’un souvenir un peu mitigé.

Retour vers des scènes plus électro pour la fin de la journée, avec le live du canadien Tiga. Ses sons entraînants, avec une rythmique simple mais efficace, et des plages de notes parsemées au dessus, ont motivé le public nombreux. Seul petit défaut, ses chants, pas toujours très justes, mais c’est louable de les faire en live. Direction vers le Labo pour voir la performance de Fatima Al Qadiri, mélangeant base d’électro avec influence de musiques traditionnelles chinoises. Des beats abrupts, des basses lancinantes et une mélodie voguant au dessus, un régal. Rapide passage par Odesza, les deux compères agrémentent leur live de percussions, de cuivre et subliment leurs morceaux. Ils nous font littéralement vivre leurs morceaux, et font décoller les pieds du sol, transformant le chapiteau en sécréteur d’endorphine. Tour obligatoire par The Prodigy, concluant la grande scène, un live qui avait l’air en bonne forme, mais quand au bout de cinq minutes on entendait plus la conversation de nos voisins que la performance proposée, on a préféré se diriger vers la Cannibal Stage pour voir Bjarki. Jeune prodige islandais, et petit protégé de Nina Kraviz, il propose une musique hypnotique trés entraînante aux accents acid. Un grand live sur fond de techno puissante, avec ses accalmies et son lyrisme.

Danny L Harle
Danny L Harle

Pour finir la journée, nous somme passé par le Labo pour voir Danny L Harle, jeune producteur de musique à la croisée de l’électro et de la pop acidulée. Une musique clinquante, très synthétique, bourrée de kitsch et de voix très girly. Un grand moment devant un chapiteau un peu vide. Passage obligé par la Petite Maison dans la Prairie pour Motor City Drum Ensemble, l’allemand proposant un live à base de vinyles, boîte à rythmes et sampler. Il produit une house mélodieuse, énergique puisant ses influences dans la musique des années 80′, une pépite à voir en live. Cette journée s’achèvera par un passage à la Cannibal Stage afin de tâter l’ambiance desservie par Le Bask et ses sons hardcore. Le style obscur, courant le plus violent et le plus extrême de la techno, a ses adeptes, et le chapiteau dégueule littéralement dans l’herbe. Une ambiance survoltée pour finir cette journée.

Terrain miné

Direction la Red Bull Elektropedia pour admirer les expériences musicales proposées par Damian Lazarus. Un voyage sur fond de techno, avec quelques moments plus trance, et surtout des sons d’influence du monde. Un public au rendez-vous sous le soleil de l’après-midi. Traversé du festival pour aller à la Petite Maison dans la Prairie, et voir La Femme. Groupe de rock français, avec des influences électro, il propose une musique très synthétique et hypnotique le tout avec des textes engagés.

Red Bull Elektropedia sous le soleil
Red Bull Elektropedia sous le soleil

Retour à l’Elektropedia pour Maceo Plex, classé deuxième meilleur DJ set par Resident Advisor. Large figure de l’électro, le musicien d’origine cubaine est connu sous de nombreux pseudos comme Mariel Ito, Plaex, Maetrik, chacun correspondant à une évolution de son style musical. L’actuel, Maceo Plex se veut plus musical et plus groovy. À la hauteur de l’attente, la prestation est de haute tenue. À mon goût il m’a manqué des moments plus rock comme entendu dans la Boiler Room. Petit détour par The Last Arena, pour le set de Birdy Nam Nam, comme aux Panoramas, ils savent mettre l’ambiance avec un medley de leurs anciens sons et des nouvelles pistes de leur album à venir bientôt. Bien que le set ressemble étrangement trop à celui de mars dernier, on ne boude pas notre plaisir !

Court passage à Floating Points, devant un live entre jazz, post-rock et musique néo-classique. Principalement assez posé, avec crescendo vers des moments plus bougeant, le tout avec une jolie lumière, un show qui envoyait ! Retour à notre terril avec le duo italien Mind Against proposant une musique plutôt bipolaire. Alternant lourdeur de basse soutenue par un kick et légèreté des arpèges très synthétiques, la musique techno produite par les frères est hypnotique. Le tout astucieusement relayé par les écrans de la Red Bull, on a failli se perdre ! Enchaînement parfait sur Kollektiv Turmstrasse, entre techno et house, leurs sets surprenants nous ont conquis. À l’image de ceux du boss de leur label, Solomun, la prestation était très dansante, et le public était assez espacé pour que ça puisse se faire !

Four Tet
Four Tet

Dernier acteur de la soirée sur l’Elektropedia, Boris Brejcha lance un set « high-tech minimal », comme il aime si bien décrire son genre. C’est-à-dire, une musique électro plutôt minimaliste, jonché de percussions sous un rythme effréné. Un show à la hauteur pour fermer la scène. Rapide détour par la Boombox pour voir Lunice, révélé il y a quelques années au côté de son frère d’armes Hudson Mohawke. Absent des radars depuis trop longtemps, il n’aura cependant fallu que quelques minutes au producteur canadien pour enflammer la Boombox. Sur une sélection partagée entre hip-hop US et trap, le producteur très à l’aise pour communiquer avec le public envoie du gros son sans relâche pendant près de 90 minutes. Impossible de rester de marbre devant ce set nerveux sans aucun temps mort où l’on croise Kendrick Lamar, le démentiel « Blood on the leaves » de Kanye west et bien entendu une partie des titres de l’EP « TNGHT ». Nous finirons notre soirée à la Jupiler Dance Hall, où nous verrons Richie Hawtin. Large acteur de la scène électro avec plus de 25 ans d’expérience, le peu entendu oscillant entre techno et minimal était agréable, mais ne laissent pas un souvenir mémorable. C’est Four Tet qui prend la suite, avec une musique sur base d’électro teinté d’influences hip-hop et jazz, toujours aussi efficace.

Danser, danser, sinon nous sommes perdus

La fatigue s’accumule, mais on se motive pour aller voir J.C. Satan au Labo en milieu d’après-midi. Sans l’aspect brut et dépouillé de leurs albums, J.C. Satan offre en live une musique puissante et riche. Les écarts autorisés de
l’esthétique vintage pour un son rock plus moderne révèlent véritablement la qualité de leurs compos. Probablement le meilleur groupe de rock français à voir en ce moment. Direction la Jupiler Dance Hall pour un autre groupe français, Odezenne ! Ambiance incroyable, chapiteau bondé, poupées gonflables dansent dans les airs, personnes déguisées, le tout sur des airs de « Je veux te baiser » repris en chœurs par le public. Un live dynamique qui nous remballe les clichés qu’on peut avoir sur la chanson française. Direction la Cubanisto pour Handless DJ, ambiance agréable, mix sympa, mais manque de public. Dommage pour un set groovy entre house, techno et disco.

Le bar du petit bois de nuit
Le bar du petit bois de nuit

Direction la Cannibal Stage pour Frank Carter & The Rattlesnakes. Un concert de punk made in britain. Précédé d’une réputation scénique flatteuse, l’ex-leader des Gallows revient à Dour avec son nouveau projet. À peine le temps de faire les présentations que le groupe envoie déjà et conditionne le public présent. Le frontman au regard diabolique déploie une énergie phénoménale comme s’il jouait là son dernier concert. N’hésitant pas une seconde à se plonger  au cœur d’un circle pit géant, à chanter debout sur les spectateurs en interprétant avec ferveur les titres d’un excellent premier album. Après un petit somme au bar du petit bois particulièrement rempli en ce samedi après-midi, on repart sur la grande scène pour voir les islandais. Sigur Ros propose un concert difficile à oublier, tant les émotions qu’il suscite sont intenses. Les visuels sont léchés. Chaque morceau offre un univers différent. La musique se veut douce puis puissante, alors que plane le chant de Jónsi.

Cubanisto sous Leon Vynehall
Cubanisto sous Leon Vynehall

Dans la Jupiler Dance Hall, on assiste à l’élégant Live Perc de N’to. Déjà vu aux Panoramas, on ne se lasse pas de la mélodie et la profondeur ajoutée par la batterie, le vibraphone et le marimba. S’ensuit un live de Marek Hemmann, proposant une techno minimale, dénudée et dense. Des rythmiques, des percussions, des voix, et des bribes de d’instruments s’agglomèrent et se succèdent. Petit tour par la Petite Maison dans la Prairie afin de contempler le live de Daniel Avery, une techno hypnotique, hantée, plus sombre et rêveuse. Un grand moment bien noir dans la nuit tombée il y a quelques heures. Passage par la Cubanisto pour Leon Vynehall proposant un musique house dansante, et teintée de diverses influences, un moment magique sous ce petit chapiteau. Fin de soirée à la Dance Hall où nous finirons la nuit à danser sous les mélodies envoûtantes et les rythmes entraînants de Stereoclip, jeune DJ belge ayant récemment rejoint le label Hungry Music. Avant de conclure la soirée par la chill house très estival d’Henri PFR.

The show must go on

Dernière journée du festival, et pas des moindres. Line-up de folie en ce jour, et beaucoup de découvertes à confirmer. Direction la Petite Maison dans la Prairie pour une fusion rock et rap proposée par HO9909. Un réveil du tonnerre, épaulé par un batteur en grande forme, le duo dynamise en live des EP’s déjà bien barré où punk hardcore et rap virulent s’entremêlent avec fracas. Explorant la scène et la fosse de fond en comble, les deux compères impriment une cadence infernale à coup de morceaux courts et intenses. Suite avec un live de Popof à l’Elektropedia, un live avec un grand L. Ancien acteur de la scène rave parisienne, il joue actuellement une musique électronique entre techno et minimal, vivant, c’est un second coup de fouet pour démarrer cette dernière journée. Direction la Boombox, pour voir Vald, rappeur français du moment, sous un chapiteau bondé. Un show de haut vol, tout en transpiration.

La Red Bull Elektropedia
La Red Bull Elektropedia

Tour par le Dub Corner pour chiller sur la musique de Dub Invaders, deux comparses d’High Tone en sound system. Bien cool, surtout au milieu du dispositif tripolaire des enceintes de la scène. Rapide passage par Oxmo Puccino mêlant à merveille ton mélodieux, et sonorité accrocheuse. On y sent un rap poétique, libéré des clichés et du culte de la réussite. Un doux moment bien sympa. Direction la Petite Maison dans la Prairie pour un show de David August. Lancinante, intemporelle, lumineuse et enivrante sa musique nous plonge à en perdre la tête, dans une hypnose dont on en ressort pas indemne. Direction la Red Bull Elektropedia pour un set de John Talabot gorgé de house et teinté de disco et d’indie-pop. Rapide tour par le DJ set de Popof, aussi efficace que le live, révélant de morceaux proches de ce que le DJ produit.

Super Discount par Etienne de Crécy
Super Discount par Etienne de Crécy

Malgré la fatigue apparente, nous avons passé la fin de soirée à vagabonder de scène en scène pour essayer de capter un peu de chacun des artistes que nous voulions voir. Nous avons donc pu entendre les lives très technos des résidents du Berghain Len Faki et Ben Klock, des prestations implacables pour clôturer en beauté l’Elektropedia. Nous avons également pu admirer la performance d’Alltta, de 20syl et Mr. J. Medeiros, création visuelle et sonore, pour une expérience augmentée. Factory Floor a offert à la Petite Maison dans la Prairie des sons acids et technos old school avec un peu de voix. Un concert envoûtant où nous somme quasiment rentré en trance. Et finalement, le festival de Dour se conclura pour nous sous le chapiteau Dance Hall, pour un live d’Étienne de Crecy présentant Superdiscount, une claque. Un mélange funky associé à un côté électronique froid, le tout en live, comme ça lui est si cher. Sur scène, pour seul décor, l’enseigne lumineuse Super Discount changeant de couleur au gré des musiques. Suivi peu de temps après par Mr. Oizo, transformant le chapiteau bondé en véritable dancefloor d’animaux, un final bien bourrin, parsemés des pépites habituelles que Quentin Dupieux offre dans ses mix.

Vous êtes des animaux - Mr. Oizo
Vous êtes des animaux – Mr. Oizo

Vous n’avez pas encore compris ? Foncez ! Malgré tous ses petits défauts, l’expérience de Dour est unique et se doit d’être vécue au moins une fois dans sa vie. Voyez par vous-même l’étendue de la programmation, et encore, on vous a parlé de combien ? Un sixième de la programmation ! Alors n’hésitez plus, et posez vos congés du 12 au 16 juillet 2017, et même les trois jours suivants car il vous faudra au moins ça pour vous remettre du voyage !

Merci à la bande ayant fait Dour avec nous d’avoir contribué à ce reportage par vos avis et vos coups de cœur !

Texte et photos par Camille et Gauvain

3 thoughts on “REPORT – Au cœur de Dour 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*