DOUR 2019 – Nos conseils pour le Jeudi

Après une ouverture déjà bien chargée, on attaque le jeudi avec une programmation de toute beauté, avec la playlist qui va bien et qui reprend tous les artistes conseillés.


Electro

Møme

Ce jeudi les amateurs d’électro auront de quoi se réjouir et il  y en aura vraiment pour tous les goûts. On commencera par aller faire un tour du côté du labo pour s’intéresser à la performance de Deena Abdelwahed. La jeune tunisienne viendra y présenter son album Khonnar sorti fin 2018. Une musique assez expérimentale, plutôt sombre et très mentale qui vous plongera dans d’inquiétants paysages industriels futuristes. A l’opposé du spectre, on se réjouit du grand retour de SebastiAn. Le poulain de l’écurie Ed Banger a fortement contribué à construire le son du label à coup d’électro énergique et dansante, dans la droite lignée de Justice ou Soulwax. Dans un registre encore différent mais toujours sous le toit de la boombox, on s’imagine déjà bien kiffer les bonnes vibes de Møme, devenu rapidement l’un des plus importants représentants du mouvement chillwave. Une musique lumineuse qui à coup sûr saura vous donner un smile grand comme ça.

Techno

Richie Hawtin

C’est sans aucun doute l’un des événements de ce Dour 2019 et on ne le manquera pour rien au monde. Richie Hawtin,  grand maître dans le registre de la techno minimale vient présenter son live intitulé Close. Une architecture sonore totalement unique, couplée à une maîtrise technique hors du commun, font des sets du canadien une expérience techno des plus captivantes. L’islandais Bjarki risque lui aussi d’en faire voler plus d’un. L’ancien protégé de Nina Kravitz s’est fait connaitre avec une techno très sombre au tempo élevé parsemée de kicks façons marteaux piqueurs. Ses derniers travaux se rapprochent néanmoins de l’IDM, rappelant furieusement le style d’un certain Aphex Twin.

Si les coups de massue de Bjarki ne vous suffisent toujours pas, vous pourrez toujours goûter au décharnement de BPM d’AZF. Pas vraiment connue pour faire dans la dentelle, la parisienne, dont c’est le troisième passage à Dour,  est une valeur sure de la techno industrielle. Pour rappel l’année dernière, il était presque impossible de rentrer sous le chapiteau où elle jouait, preuve d’un engouement indéfectible du public Dourois. Et enfin comment ne pas toucher un mot pour le légendaire Laurent Garnier dont c’est seulement le 2nd passage à Dour.  La dernière fois c’était en 2011 et nous y étions, un set complètement fou de 5h d’affilée ! On ne sait jamais dans quel registre il va partir et c’est ce qui fait la magie de ses sets. Une référence absolue du genre qui devrait sans aucun problème remplir la Petite Maison Dans la Prairie.  

Rap

Orelsan

On commencera sans doute la journée rap en partant à la découverte de Jimothy. Ce jeune londonien fait dans un rap nonchalant sur des productions lofi vaporeuses bien loin de la trap survitaminé à la mode. Donc direction le labo si tu veux te remplir de bonnes vibes, sans aucune prise de tête. On continuera le mode exploration en se rendant à la salle polyvalente où se produira Rare Akuma. Le rappeur belge, originaire d’Anvers, est lui bien un enfant de la trap. Des basses bien violentes et sales, de celles qui vous envoient direct dans les cordes. Toujours sous le même chapiteau, l’instant WTF de la journée pourrait bien être assuré par Tommy Cash. Un estonien complètement barré mais talentueux, auteur de clips foutraques et flirtant souvent avec un mauvais gout assumé. Du rap non conventionnel qui suscite chez nous la plus grande curiosité.

On sort maintenant l’artillerie lourde. Acclamé à juste titre par la critique, le californien Vince Staples a pondu depuis 2015 trois albums de grande qualité. N’hésitant jamais à expérimenter, à amener le hip hop vers des contrées toujours plus futuristes, c’est l’un des grands artisans de la métamorphose du rap actuel, un flow aiguisé qui devrait en séduire plus d’un.  Eux sont des vétérans du game et ont surpris tout le monde l’an dernier avec la parution de l’excellent Elephants On Acid, je parle bien sur des légendaires Cypress Hill. Actif depuis le début des années 90, ils sont les auteurs de quelques-uns des grands classiques du rap US et tout amateur du genre se doit d’être présent devant la Last Arena ce jeudi. On imagine maintenant que la plus grosse affluence de la journée devrait sans peine revenir à Orelsan. Le rappeur normand a brisé les codes du genre à la fin des années 2000 et a depuis connu une ascension fulgurante amplement mérité. Devenu définitivement l’un des rappeurs les plus attachants du game, il y a chez lui une authenticité qui parle au plus grand nombre et c’est évidemment à ne pas louper.    

Pop – Rock

Rendez Vous

Si la pop et le rock ont grandement perdu en visibilité au fur et à mesure des années, il y toujours néanmoins de quoi satisfaire les accros du genre. On ne sait pas trop à quoi s’attendre avec Hubert Lenoir, un canadien faisant dans une pop légère entre chanson française 80’s et la pop folk à la cool de Mac DeMarco. Ça passe ou ça casse mais on ira jeter volontiers une oreille. Ce qui est sûr par contre c’est que les parisiens de Rendez Vous, eux, ne risquent pas de nous décevoir. En 2017, ils nous avaient offert un remarquable live. Ils viendront ici présenter leur premier album, du post punk influencé par Joy Division et la période sombre de The Cure, de superbes lignes de basses sur tempo élevé qui sauront vous faire bouger. Enfin on ne devrait pas manquer un autre rendez-vous, celui-là avec les irlandais de Fontaines D.C. Sur la foi d’un premier album séduisant conjuguant habilement post punk et rock garage british. Ils sont devenus  l’une des sensations de ce début 2019 dans le monde du rock en mal de nouveautés qualitatives.

Ovni

Death Grips

On réserve cette catégorie aux inclassables, ces artistes qu’il est plus difficile de faire rentrer dans des cases établies. Comment ne pas parler tout d’abord de Death Grips, certainement l’un des meilleurs groupes live de la planète. Leurs shows sont apocalyptiques, une avalanche de décibels, une énergie punk hors normes, des sonorités électro radicales et un flow hargneux. Autant vous dire qu’on est plus qu’impatient de les voir débarquer pour la première fois à Dour.  Cette mixture électro rap, l’américain JPEGMAFIA en est également friand et sauf erreur, ça risque de secouer pas mal dans la salle polyvalente. Le genre d’artiste qui n’hésite pas à expérimenter et qui offre une vraie alternative au rap mainstream, tout comme peut le faire Cadillac,  connu surtout pour être un membre de Stupeflip. Des lyrics délirants sur des instrumentaux décalés très loin des productions actuelles, mariant électro et rock dans un joyeux bordel organisé. Enfin lors de l’annonce du line up, DJ Marcelle n’est pas passée inaperçue et après avoir vu sa boiler room, la curiosité a encore grandie. Une technique hésitante mais une qualité dans la sélection musicale qui force le respect, alors qui sait, l’un de nos futurs coups de cœur de Dour 2019 ?

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