Idles à l’Aeronef : Punk rock will never die

Idles à l’Aeronef : Punk rock will never die

3 novembre 2018 0 Par Vincent

            Mark Bowen – Guitariste d’Idles

Joy As An Act of Résistance. Le choc a eu lieu un beau matin de Septembre. Au milieu de la pléthore d’albums sortant à cette époque habituellement chargée, ce second effort des anglais d’Idles a rapidement conquis nos oreilles. Du punk rock de grande qualité, des mélodies entrainantes couplées à des textes percutants tout en ne paraissant jamais morose, non tout l’inverse justement. Un joyeux fracas salué à juste titre par une grande majorité de la presse mondiale. Evidemment, on ne pouvait pas rater ce passage par l’Aeronef. 

Première nouvelle, la salle est grande ouverte, preuve si il en est de l’engouement suscité par la formation de Bristol. Arrivé sur les lieux, on s’étonne un peu de ne pas trouver de vestiaires. Soit, on fait avec, ce sera le seul bémol à une soirée en tout point heureuse. Petit passage par le bar, on ne traine pas, il est 20h00 et c’est au tour de John d’ouvrir la soirée. Sur scène, on découvre un duo guitare batterie. Une configuration minimale mais qui sait parfaitement remplir l’espace sonore. Il faut dire qu’ils ne font pas dans la dentelle et la finesse. 

               Joe Talbot – Chanteur d’Idles

Quelque part entre punk rock et post punk, le binôme va à l’essentiel, des riffs acérés pour des titres finalement assez court. Ici c’est le batteur qui derrière son set minimaliste assure le chant tout en tenant un tempo relativement rapide. L’ensemble fonctionne plutôt bien même si on aurait apprécié d’avantage de contrastes. C’est en tout cas une mise en bouche parfaite avant la déferlante qui allait suivre. 

La salle est maintenant pleine, une moyenne d’âge d’environ trente ans. 21h05, le groupe arrive au compte-goutte dans la pénombre avec le titre Colossus, idéal pour faire monter en douceur la température. Quelques petits soucis de micros vites réglés et ça enchaine avec le redoutable Never Fight A Man With A Perm puis Mother dont le refrain est repris par une bonne partie de la salle. Ca y est la machine est lancée et l’ambiance restera bouillante pendant près d’une heure vingt. Joe Talbot, le chanteur, attire la majorité des regards. Il enchaine les petits sauts à la façon d’un boxeur prêt à en découdre.

           Adam Devonshire – Bassiste d’Idles

Le public est maintenant bien chaud.  Les guitaristes viennent se plonger au milieu de la foule qui commence à révéler ses premiers slammeurs. Derrière la pression ne retombe pas. I’m Scum, ou encore Divide & Conquer , le groupe surfe habilement entre ces deux premiers albums. L’intensité est toujours là et trouvera même son apogée avec le fantastique Samaritains et son redoutable finish enchainé avec l’excellent Télévision au refrain imparable. Les derniers titres se font sentir et on profite pour apprécier la dégaine du guitariste Mark Bowen. Une moustache et des postures improbables qui nous auront bien fait sourire. Comme si ce n’était pas assez le bouillon, le groupe fait monter plusieurs personnes sur le titre Exeter et ils n’hésitent d’ailleurs pas à refiler leurs instruments à des spectatrices qui n’en demandaient pas tant.

Le show se termine dans un désordre réjouissant au possible avec le puissant Rottweiler qui finit de puiser notre énergie. Que dire de plus ?  Ce groupe est une bénédiction pour le punk rock et ce live fut absolument remarquable du début à la fin, aucun temps mort, une fantastique présence scénique et l’assurance que l’on retournera voir ce groupe à la première occasion qui se présente. 

Texte et photos par Maxime & Vincent