La rétro 2017 en 25 albums – 1ere Partie

Il est toujours difficile de faire un choix parmi la pléthore d’albums sortis sur une année. Voici donc une sélection (subjective) de 25 albums qui auront marqué cette année 2017. Hip Hop, métal, pop, électro, expérimental, rock, country, folk, ambiant, shoegazing, RnB, punk et même musique classique, il y en a pour tous les gouts. N’hésitez pas à nous faire part de votre sélection.

 

25 – PHARMAKON

Contact

En jetant un œil sur la pochette de ce disque, on comprend immédiatement qu’il  ne sera pas question d’une jolie collection de chansons pop. Élevé au milieu d’une communauté artistique dans le Queens, on peut se demander ce qui se passe dans la vie de la jeune Margaret Chardiet, aka Pharmakon, pour débarquer avec cet oppressant et terrifiant album de noise.

Voilà une déflagration noire d’une incroyable intensité, 30 minutes de pur cauchemar d’où resurgissent les maux d’un esprit torturé par la mort et la souffrance. Abrasif et terriblement sombre, la NewYorkaise de seulement 27 ans propose avec Contact une expérience auditive fascinante, une sorte de voyage en enfer. Expérimental et oppressant, voilà un disque radical et singulier sondant les tréfonds de l’âme humaine.

 

24 – JACQUES GREENE

Feel Infinite 

Implanté sur la scène électro house depuis 2010, le canadien Jacques Greene a pris le temps de concevoir un album cohérent faisant ressortir toute l’expérience accumulé ces dernières années. Il faut bien le dire, les bons albums de House ne courent pas les rues. De l’introduction Fall ouvrant le bal en toute tranquillité à la brillante conclusion, le profond et lumineux You see all my light, le canadien parvient à capter notre attention.

Feel Infinite fait monter la température avec sa ligne de synthé entêtante, le plus pop True nous démontre la versatilité du bonhomme. Ailleurs, la basse slappée de Real Time ramène un côté plus funky tandis que l’excellent You can’t Deny s’impose comme une bombe pour Dancefloor. Un artiste à l’avenir prometteur.

 

23 – EX EYE

Ex Eye 

Considéré à juste titre comme l’un des saxophonistes les plus doués de la planète, Colin Stetson, en parallèle d’une carrière solo fournie, s’est lancé depuis peu dans un nouveau projet, Ex Eye, une incursion en territoire métal pas si surprenante que cela finalement. Passé l’introduction Xenolith, il entre dans le vif du sujet le temps de quatre long morceaux avant gardiste mais jamais hermétique.

Il s’en dégage une puissance évocatrice immédiate. Le saxophoniste parvient à s’imposer avec sa maestria habituelle au milieu d’un déluge de guitares dans une ambiance apocalyptique hypnotisante. Comme la bande son d’une prochaine fin du monde, ce premier jet est une réussite évidente, mêlant habilement jazz, expérimental et métal. Reste à voir si le projet tiendra dans la longueur.

 

22 – THE KILLERS

Wonderful Wonderful 

Apparu aux débuts des années 2000, The killers a connu un succès immédiat avec son premier album, l’excellent Hot Fuss, se nourrissant d’influences 80’s, new wave façon Duran Duran, Depeche Mode et consorts. Le groupe n’a toujours pas abdiqué et continue son petit bout de chemin avec ce 5ème album intitulé Wonderful Wonderful.

On retiendra notamment le catchy Rut, un morceau de pop grandiose rempli de vie ou encore  le prenant Life To Come et son refrain entêtant que l’on aurait envie de chanter très très fort.  On ne passera pas non plus à côté de l’ultra efficace Run For Cover ou de Tyson VS Douglas alternant aisément un couplet aventureux avec un refrain façon hymne de stade. Bref largement de quoi contenter les amateurs du groupe.

 

21 – JOSE JAMES

Love In A Time Of Madness 

Signé par le prestigieux label Blue Note, José James ne semble pas décider à se ranger dans une case précise. Après avoir exploré le jazz intimiste façon crooner ou encore une forme plus futuriste et minimaliste sur l’excellent Black Magic, voilà qu’il s’oriente vers la pop et la funk. Love in a time of madness est de ces albums que l’on peut écouter à tout instant, allant de la ballade sensuelle Let it love à des titres bien plus funky et entrainant, Live your Fantasy. Certes José James n’invente rien mais tout ce qu’il fait, il le fait avec grande classe. Sa voix de velours vous caresse les tympans et vous réchauffe le cœur le temps de douze agréables chansons.

 

20 – SUPERPOZE

For We The Living 

Avec For We The Living, son second album, Superpoze démontre que les espoirs placés en lui n‘étaient pas vain. Huit titres en un peu plus de 35 minutes, Gabriel Legeleux, de son vrai nom, a choisi d’aller à l’essentiel et bien lui en as pris. Conçu comme une ode à une apocalypse à venir et notamment inspiré par l’excellent film Take Shelter, For We the living est une expérience musicale fascinante et un véritable voyage auditif.

Dès l’ouverture Signal, on comprend que le caennais a les idées claires et sait précisément où il va. On pense forcément à Rone, Thylacine ou Boards of Canada pour le coté organique. Voilà un projet rondement mené et le tout a même pas 25 ans, pourvu que ça dure.

 

19 – MAC DE MARCO

This Old Dog 

A 27 ans, on l’impression de le connaitre depuis tellement longtemps. Mac DeMarco est l’une des meilleures choses qui soit arrivés à la folk ces dernières années. Tenant du titre dans la catégorie ‘Mec le plus cool de toute l’industrie musicale’, ce troisième album ne fait que conforter ce statut.

Année après année il affine son songwriting pour arriver à un résultat puisant dans de nombreux styles tout en gardant sa patte de branleur magnifique.  Compositions minimalistes avec une production lo-fi parfaitement adapté, ce disque de Mac DeMarco baigne dans une forme d’insouciance bienvenue. Entre folk et atmosphères vaporeuses, Mac De Marco vous fera oublier la grisaille ambiante. Mettez de côté vos ennuis le temps de ces treize titres en totale décontraction.

 

18 – SLOWDIVE

Slowdive 

La dernière fois qu’ils avaient fait paraitre un album, Jacques Chirac n’était pas encore président, la PlayStation 1 venait de sortir et l’Internet tournait encore avec des modems 56k, bref une autre époque. Formation culte du mouvement Shoegazing, le quatuor aura laissé planer le doute mais leur retour tant attendu est conforme aux attentes suscitées.

On n’oubliera pas de sitôt l’entrée en matière, le magnifique Slomo ou encore le superbe et plus catchy No Longer Making Time, son refrain puissant semblant voguer vers l’infini. Seulement Huit titres après une si longue absence, ça pourrait sans doute paraitre peu mais au vu de la qualité générale de l’oeuvre, on ne va pas se plaindre. Slowdive signe un retour en fanfare, laissant présager d’une seconde carrière tout aussi réussi que la première.

 

17 – ZOLA JESUS

Okovi 

Après avoir sorti de très nombreux projets entre 2009 et 2014, Zola Jesus a choisi de prendre le temps de composer ce nouvel album, son plus abouti sans doute. Elle propose là onze titres aux contours futuristes riches de sonorités synthétiques enveloppées dans des cordes souvent grandioses. Rappelant par instant l’univers de Bjork, Zola Jesus développe ici ses productions les plus sophistiquées.

Une forme de mélancolie froide et de désespoir se heurte à des structures denses et majestueuses créant dès lors une sensation vertigineuse. Okovi est un album qui sous ses apparences électropop révèle une artiste toujours aussi fragile et tourmentée. Enfin on ne pourra pas passer à côté de  la pochette de l’album, incontestablement l’une des plus réussies de l’année.

 

16 – BVDUB

Epilogues For The End Of The Sky 

Producteur ultra prolifique, Bvdub ne cesse de multiplier les sorties d’albums depuis bientôt 10 ans. On ne s’est pas encore vraiment remis du magnifique et profond Safety in a number l’an dernier, un album de musique ambiant totalement unique. BvDub fait partie de ses rares artistes à avoir développé un son, une manière de produire très personnel. Ce nouvel album ne déroge pas à la règle.

Plus sombre que son prédécesseur, Epilogue for the end of the sky est un ensemble harmonieux de huit pièces provoquant dès les premières secondes une sensation d’évasion qui ne vous quittera plus.  Certains passages tutoient le merveilleux, d’autres nous renvoient vers des terres brumeuses plus inquiétantes. Durant près de soixante-quinze minutes, on oublie le temps qui passe et la réalité figé autour de soi, léger et totalement apaisé.

 

15 – ORELSAN

La Fête est finie 

Orelsan fait partie des rares a garder une crédibilité et de la créativité le temps passant. Aurelien Cotentin n’est plus celui qu’il était en 2009 à l’époque de la sortie de Perdu d’avance. Le sale gosse s’est un peu calmé, il a désormais trente-cinq ans et en est parfaitement conscient, évitant de s’inventer une vie imaginaire. Si l’album est traversé de nostalgie, Orelsan se pose également en observateur du monde actuel.

Avec une fraicheur intacte, il trouve toujours cette capacité à choisir constamment les mots justes, les formules chocs en s’entourant d’un casting pour le moins hétéroclite. Productions diversifiés majoritairement signé par Skread, textes soignées, le caennais n’as rien perdu de son talent et signe l’un des meilleurs albums de rap français de l’année.

 

14 – KESHA

Rainbow 

Cernée par un producteur tyrannique qu’elle accusera de viol en 2014, Kesha a connu une longue période de crise et de déprime. Ce qui frappe sur ce disque, c’est la manière qu’a choisi la chanteuse pour exorciser tout ce mal.  Plutôt que proposer un disque lourd et sombre, elle choisit la voie inverse et délivre des titres résolument positifs et plein d’espoir.

Teinté de Rock, de folk, ce troisième album, marque également encore d’avantage son empreinte dans le monde de la country, sa voix colle à merveille au genre. Cet album est l’une des plus belles surprises de cette année 2017. Sans révolutionner quoique ce soit, Kesha s’impose aisément dans cet agréable mélange des genres. Ne reste plus pour elle qu’à rester sur cette voie. En tous cas, ce sont là les débuts prometteurs d’un renouveau.

 

13 – GRANDADDY

The Last Place 

La fin de l’aventure Grandaddy en 2006 avait laissé un gout d’inachevé. Pour son retour discographique, le groupe renoue avec cette production lo-fi si typique et cette fausse légèreté hérité du surf rock. L’un des points forts du groupe est toujours de jouer avec les contrastes en nous balançant sans cesse entre mélancolie et mélodies enjoué.

On retrouve sur certains titres cette sensibilité à fleur de peau vraiment touchante tandis que le groupe s’aventure ailleurs dans des contrées Floydienne captivantes. Voilà donc l’un des come-back les plus réjouissants de ces dernières années. Les californiens n’ont rien perdu de leur superbe et offre avec The Last Place, une splendide collection de morceaux Indie Pop dont eux seuls ont décidément le secret.

 

12 – MIGUEL

War & Leisure 

Si le rap américain n’en finit plus de produire d’excellents artistes, le RnB masculin peine à se renouveler et on compte sur les doigts de la main les artistes dignes d’intérêt. Miguel avec le fantastique Wildheart avait pris une longueur d’avance sur la concurrence. Son troisième opus,  War & Leisure en est un digne successeur.

Il reprend pile où il s’était arrêté, à savoir proposer des productions synthétiques et pop sentant bon l’été, traversé pour certaine d’une sensualité enivrante. Comme on pouvait s’en douter, il y est pour beaucoup question d’amour et de sexe le long d’un album parfaitement dosé jouant avec les contrastes et les ambiances. Difficile de trouver à redire, on s’étonne encore qu’il soit si peu populaire dans nos contrées.

 

11 – MAX RICHTER

Three Worlds : Music From Woolf Works 

A tout juste 50 ans, le compositeur germano-britannique Max Richter n’a jamais semblé aussi prolifique. Partagé entre l’écriture de bandes originales pour le cinéma ou encore la télévision, il a trouvé le temps nécessaire pour mettre au point la musique d’un ballet inspiré des écrits de l’auteur Virginia Woolf.

Basé sur trois de ces œuvres majeures, Three Worlds est un disque passionnant mettant parfaitement en avant les talents de son compositeur. La première partie en particulier est sublime. Tout juste un an après les excellents Orphée de Johan Johansson et Island Song d’Olafur Arnalds, voilà que 2017 nous offre ce somptueux album empreint de lyrisme. La musique classique contemporaine est en pleine effervescence et l’on ne va certainement pas s’en plaindre.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*