La Retro 2017 en 25 albums – TOP 10

Il est toujours difficile de faire un choix parmi la pléthore d’albums sortis sur une année. Voici donc une sélection (subjective) de 25 albums qui auront marqué cette année 2017. Hip Hop, métal, pop, électro, expérimental, rock, country, folk, ambiant, shoegazing, RnB, punk et même musique classique, il y en a pour tous les gouts. N’hésitez pas à nous faire part de votre sélection.

 

10 – THE AFGHAN WHIGS

In Spades 

Formé il y a maintenant trente ans, The Afghan Whigs reste l’un des groupes de rock alternatifs les plus respectables qui soit. Après un long break de près de 13 années, le groupe est revenu en studio en 2014. Aujourd’hui ce huitième album est la démonstration éclatante d’un groupe maîtrisant parfaitement la construction de sa musique.

Rempli de mélodies catchy, de couplets grisants et de refrains imparables, In Spades est un album qui sous son apparente simplicité se révèle être le produit d’une recette millimétrée. Construit autour des deux piliers que sont les superbes Toy Automatic et The Spell, voilà un disque captivant ressuscitant toute une frange du rock US 90’s avec fougue. Un album plein de vie qui fait vraiment plaisir à entendre.

 

09 – EISLEY

I’m Only Dreaming 

Onze titres en 4/4 ne s’éloignant jamais trop de la formule consacré Couplet, Refrain, Couplet, Refrain, Pont, Refrain. Faire ressortir ce genre d’album de la masse requiert un dosage précis et chanceux.  Ici la magie opère au travers de chansons souvent très agréables et harmonieuses traversé d’une forme de mélancolie touchante.

On constate que l’héritage de la pop des années 90, début 2000 est encore bien présent dans le cœur de la fratrie DuPree. C’est flagrant sur les premiers titres, A song for the birds et My Best friend en particulier. On retrouve ici une atmosphère un poil old school, façon teen movie 2000’s. Ailleurs, le groupe s’enfonce d’avantage dans une musique plus aérienne et grave et on pense beaucoup à The Pain of Being Pure At Heart ou encore à Au Revoir Simone. Eisley a clairement réussi ici l’un des albums pop de l’année.

 

08 – IGORRR

Savage Sinusoid 

Mélangeant avec brio des genres aussi éloignés que le black métal avec la musique classique baroque, le breakcore ou encore le bal musette, igorrr est l’un des artistes les plus originaux de ces dernières années. Cinq ans après son dernier album, il est revenu cette année au sommet de sa forme avec Savage Sinusoid, une singulière expérience auditive, loin des normes.

Sans jamais s’apparenter à un fourre-tout sans queue ni tête, Igorrr propose un projet cohérent où chaque élément est parfaitement à sa place. Evitant de jouer la surenchère, il empile les briques avec une aisance étonnante sur des titres aux noms souvent improbables comme ‘Spaghetti Forever’ ou encore ‘Houmous’. Cet album surprend à chaque instant, on ne sait jamais où l’on va mettre les pieds. Il ne reste qu’à se laisser guider par un musicien rejetant d’évidence toutes frontières musicales.

 

07 – FOUR TET

New Energy 

20 ans de carrière et le temps ne semble pas peser sur Four Tet devenu l’une des figures incontournable de l’électro mondiale. New Energy est l’un de ces plus grands crus. Baignant son nouvel ouvrage de textures hivernales réconfortantes, il peint avec délicatesse des paysages enneigés et apaisé.

Entre atmosphère proche de l’ambiant et électro plus déconstruite et rythmé, Four Tet délivre un album d’une beauté froide difficile à appréhender au premier abord mais qui finit inévitablement par vous envahir. Il se pose ici comme l’un des ‘fils’ les plus crédibles d’Aphex Twin, on pense aussi parfois à Caribou ou encore Burial, on a connu pire comme référence.

 

06 – CHEVEU & GROUP DOUEH

Dakhla Sahara Session 

Enregistré en à peine 15 jours, Dakhla Sahara Session est un disque improbable, le croisement de deux univers qui n’avaient sur le papier aucune chance de se rencontrer. De ce rapprochement est né un disque aventureux et cohérent ou les deux parties y trouvent parfaitement leur compte. Dès l’excellent Moto 2 places, on est mis dans le bain. Les djembés répondent à une guitare rock tandis que les synthés s’immiscent tout doucement dans la conversation.

Pour le chant, on se place sur le même niveau de compromission et cela donne un résultat étonnant. Le chant en français donne une tournure plus rock et puissante, le chant en arabe ramène un coté plus psychédélique. Empreint d’une énergie communicative, ce disque est un grand bol d’air frais. Cheveu et Groupe Doueh font ressortir le meilleur de ce genre appelé World music, loin de la soupe souvent associé à ce courant musical.

 

05 – LORENZO

Empereur Du Sale 

Le rap parodique semble avoir trouvé avec Lorenzo son représentant le plus crédible. Des clips aux concerts jusqu’aux interviews et donc à ce premier album, ce personnage haut en couleur, fan de pilon très très gras et de douces beurettes, a parfaitement su transposer son gout de la provoc.

Voilà un disque drôle du début à la fin fait de punchlines délirantes et de lyrics totalement décalés, ce genre d’album à écouter en 2017. Avec son poto Rico, il tourne en dérision tous les codes du rap game en se les réappropriant de manière totalement jubilatoire, seules les oreilles chastes lui en voudront sans doute un peu. Si ce projet aura du mal à perdurer dans le temps, profitons tant qu’il est encore temps de ce genre de son. Gloire à l’empereur du sale mamène.

 

04 – HO99O9

United States Of Horror 

C’est l’une des plus grosses claques lives de la décennie. Le trio américain HO99O9 n’avait jusqu’alors pas su convertir sur album la folie perçu sur scène, c’est chose faite avec ce disque abrasif d’une puissance rare. Il y a là des ambiances écrasantes façon Death Grips couplé à la folie furieuse des premiers albums de Prodigy.

Le son est sale, du punk rap d’une efficacité redoutable. Dix-sept titres en quarante-cinq minutes mais jamais le groupe ne faiblit ou ne montre des signes d’un quelconque manque d’inspiration. Production crasseuse volontairement lofi, la musique du groupe parlera aussi bien aux fans de rap ultra violent que de punk ou de métal. United states of horror est un album agressif totalement cohérent et rendant justice à l’un des groupes les plus excitants de ces dernières années.

 

03 – LCD SOUNDSYSTEM

American Dream 

C’est un fait indéniable, James Murphy est l’un des artistes les plus emblématiques de sa génération, il a fortement contribué à dessiner la musique des années 2000. American Dream, quatrième chapitre de la discographie, est un disque nécessaire. Sans renier son style, passant notamment par des titres toujours très étirés, James Murphy a un peu adouci sa formule. C’est plus propre, moins brut mais en aucun cas moins passionnant, bien au contraire.

Sur ces dix titres, James Murphy fait part de ses tourments et envisage désormais d’avantage le passé que le futur. Traversé d’une forme étrange de mélancolie et de spleen, American Dream n’en reste pas moins un album plein de vie. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de voir l’ombre de David Bowie planer sur ce disque, Il semble bien qu’une époque appartenant désormais au passé se referme définitivement.

 

02 – KENDRICK LAMAR

Damn 

La carrière de Kendrick Lamar est un parcours sans faute et une montée en puissance incroyable. DAMN est donc le nom de la nouvelle pierre posé par K Dot dans l’édifice du Rap US. Coté production, Kendrick a choisi de s’entourer de pointures et de clairement varier les ambiances. L’ultra efficace Mike Will Made It est ici au sommet de sa forme. Au rayon producteur star, on note également la présence de James Blake dont le R&B froid et la touche futuriste conviennent parfaitement au californien.

On retrouve ici une partie de ce qui faisait aussi le charme de TPAB, son coté onirique et cinématographique. DAMN est un album sur lequel on ne s’ennuie jamais, proposant des atmosphères tellement différentes. Kendrick Lamar rappe toujours aussi bien, jouant de manière remarquable avec sa voix, avec le rythme, il est tout simplement devenu l’artiste solo le plus important de sa génération.

 

01 – LORDE

Melodrama 

Suite au succès mérité de son premier album en 2013, Lorde s’était accordé une longue pause. La jeune néo-zélandaise, 21 ans cette année,  a en fait pris le temps d’écrire son successeur, preuve d’une maturité et d’un réel souci de qualité artistique. Voici donc venir Melodrama et rarement l’attente d’un album n’aura été autant récompensée. On retrouve  une certaine forme de mélancolie post adolescence, dans la lignée de celle ressentie sur Pure Heroine. Un son accrocheur, un groove froid entrainant soutenu par une voix aérienne et un sens du détail une nouvelle fois impressionnant. Evoquant la célébrité, la solitude ou encore le chagrin amoureux, Lorde confirme ici tous les espoirs placés en elle. Elle a affiné son style sans se fourvoyer dans une quelconque mode, elle mène sa barque comme elle l’entend et j’ose espérer que cela dure le plus longtemps possible.

 

 

 

 

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