LA SELECTION CINE – JANVIER 2018

LA SELECTION CINE – JANVIER 2018

1 février 2018 0 Par Vincent

LES HEURES SOMBRES 

Mai 1940, l’Allemagne nazi gagne peu à peu du terrain dans toute l’Europe. Pris de panique à l’idée d’un envahissement prochain, le gouvernement anglais nomme un nouveau premier ministre en la personne de Winston Churchill, un personnage exubérant, haut en couleur. Dans ce contexte très difficile, il va devoir imposer ses idées et sa politique de défense au prix de certains sacrifices. On retrouve au passage une partie de la base scénaristique ayant servi au Dunkerque de Christopher Nolan.

Pour interpréter Churchill, Joe Wright a eu du flair en engageant Gary Oldman. L’acteur anglais a su prouver par le passé qu’il était un comédien talentueux. On se souvient tous de sa prestation d’inspecteur corrompu déjanté dans Leon ou encore de son interprétation glaçante dans le Dracula de Coppola. Il met ici le curseur encore plus haut et délivre une performance d’acteur stupéfiante, sa meilleure. Totalement méconnaissable, il mériterait largement la petite statuette dorée aux prochains oscars. De ces Heures Sombres, on retiendra également une réalisation dynamique évitant le piège du film scolaire ainsi qu’un scénario captivant s’appuyant sur de solides personnages secondaires. On saluera enfin la pertinence du message diffusé, portée notamment dans une dernière scène épique où les mots de Churchill résonnent encore longtemps après la fin du film.

 

PENTAGON PAPERS

Toujours aussi prolifique malgré les années qui passent, Steven Spielberg ne semble pas décider à raccrocher et on ne va pas s’en plaindre. Pour son petit dernier, il nous replonge à l’aube des années 70, les USA sont alors en plein bourbier vietnamien. Des journalistes du New York Times et du Washington Post mettent la main sur une longue série de documents dénonçant la politique des derniers présidents américains et leurs communications mensongères sur l’issue du conflit. Au sein de la rédaction du Washington Post, c’est l’effervescence, les journalistes sont prêts à tout pour dévoiler la vérité aux américains mais ils doivent subir les menaces d’un gouvernement lâche, refusant la publication de ces documents secrets.

Dans la droite lignée des grands films sur le journalisme, Les Hommes du Président en tête, Spielberg s’en sort ici parfaitement bien. Il n’as plus rien à prouver et fait montre une nouvelle fois d’une réalisation efficace et énergique. Les joutes verbales sont ici passionnantes à suivre, un sujet brulant férocement d’actualité. Dénonçant habilement les relations parfois trop étroites entre certains journalistes et les politiciens, il parvient à redonner ses lettres de noblesse  à un métier devenu une absurde course au buzz. Appuyé par l’excellente prestation de Meryl Streep et d’un Tom Hanks que l’on n’avait pas vu aussi convaincant depuis bien longtemps, Pentagon Papers est un thriller de bien bonne facture chaudement recommandé.

 

 

THREE BILLBOARDS

C’est l’un des grands vainqueurs des derniers Golden Globe. Three Billboards, le nouveau film de Martin McDonagh à qui on doit notamment l’efficace Bons Baisers de Bruges,  est une histoire d’Amérique, celle des petites villes peuplées de rednecks et de ploucs en tous genres. Mildred Haynes, interprétée par une teigneuse Frances McDormand, ne s’est toujours pas remis du viol et du meurtre de sa fille. Devant l’immobilisme de l’enquête, elle décide de publier des messages dénonçant cette situation sur trois grands panneaux publicitaires à l’entrée de la ville, déclenchant alors une cascade événements plus ou moins tragiques.

Immédiatement, on pense ici au cinéma des frères Coen. Le réalisateur s’appuie sur une galerie de portraits hétéroclite aux caractères marqués, parfois proche de la caricature. Là où le film fonctionne parfaitement, c’est parce qu’il sait explorer toutes les facettes de ses personnages, refusant le postulat simpliste du gentil contre le méchant. Chacun diffuse son quota de bonté, chacun propage sa part de méchanceté et de bêtise. Three Billboards s’appuie souvent sur l’humour, histoire d’alléger certaines situations pesantes. S’intéressant notamment au thème de la rédemption et de la vengeance, McDonagh interroge l’Amérique profonde, violente, celle restée coincé avec des principes de justice semblant provenir d’une autre époque.

 

LE GRAND JEU

Jessica Chastain en organisatrice de poker clandestin, une réalisation nerveuse assurée par le grand scénariste Aaron Sorkin, un bon divertissement.

 

LUCKY

Harry Dean Stanton en vieux cowboy solitaire s’interrogeant sur la mort et le sens de la vie, une fable crépusculaire touchante.