L’Année 2017 en 25 Films – Partie 1

L’Année 2017 en 25 Films – Partie 1

18 décembre 2017 0 Par Vincent

Action, biopic, comédie, documentaire, film catastrophe, aventure, comédie musicale, drame, épouvante, film d’animation, fantastique,  polar, guerre, romance, horreur, science-fiction, thriller pour un total de 100 films visionnés. Si l’on oubliera bien vite les inévitables bouses, on retiendra surtout de cette année 2017 une liste de bons films, voir de très bons films, voir de chefs d’œuvres, dont voici mon top 25, forcément subjectif.

 

25 – SEVEN SISTERS

De Tommy Wirkola

Partant d’un postulat source de possibilités scénaristiques multiple, Seven Sisters est l’une des œuvres de science-fiction les plus originales de l’année. Dans un monde où la politique de l’enfant unique est imposé faute à un surpeuplement de la planète, un couple met au monde en secret des septuplées. Dès lors, chacune ne pourra sortir en dehors de la maison familiale qu’une journée par semaine.

Baigné dans un climat orwellien dictatorial, Seven Sisters doit beaucoup de sa réussite à sa première heure brillante et à l’interprétation totalement schizophrénique de Noomi Rapace, une performance stupéfiante. Si l’on aurait aimé encore d’avantage d’audace narrative,  Seven Sisters reste une œuvre assez unique qui on l’espère saura redonner l’envie aux scénaristes hollywoodiens de tenter d’avantage de choses.

 

24 – LE CAIRE CONFIDENTIEL

De Tarik Saleh

Réalisateur suédois d’origine égyptienne Tarik Saleh aura frappé d’un grand coup l’été 2017. Le Caire Confidentiel est un polar noir s’inscrivant dans la droite lignée des films des années 40. Ambiance crépusculaire, femme fatale, inspecteur désabusé, corruption, tous les ingrédients sont réunis dans cette enquête policière palpitante.

Au bord de la révolution, on retrouve l’ambiance bouillante régnant au Caire en 2011, il y a là une tension palpable éclatant dans un dernier plan impressionnant. L’acteur Fares Fares est une gueule de cinéma comme on voit trop rarement, son profil atypique colle à merveille à son personnage. Le Caire Confidentiel malgré toutes ses qualités n’aura pas connu le succès escompté, il n’est donc pas trop tard pour vous rattraper si vous avez loupé cet excellent thriller.

 

23 – UNE VIE VIOLENTE

De Thierry de Peretti

Sorti en plein milieu du mois d’Aout dans un relatif anonymat, Une vie violente est pourtant l’un des films français les plus palpitants de l’année. En s’intéressant à la radicalisation politique d’un jeune corse, Thierry de Peretti parvient à nous immerger de manière exemplaire au cœur des mouvements contestataires ayant secoué l’ile de beauté dans les années 90. Ici pas de spectaculaire, le réalisateur veut coller à la réalité,  proposant une approche quasi documentaire.

Les dialogues sonnent avec beaucoup de justesse et le réalisateur ne fuit pas devant les contradictions de ses personnages. Difficile et sans concessions,  Une vie violente fait ressurgir le climat explosif de l’époque. On saluera enfin la justesse et l’authenticité des comédiens contribuant pour beaucoup à la réussite de ce film.

 

22 – LION

De Garth Davis

Présenté à tort comme le successeur de Slumdog Millionnaire, Lion est la première réalisation du méconnu réalisateur australien Garth Davis. On suit les aventures de Saroo, un jeune indien abandonné à son sort dans une Inde loin des clichés. Ce film est une fable des temps modernes qui sous son apparente simplicité se révèle être une leçon d’humanisme qui en fera pleurer plus d’un.

Les thèmes abordés sont traitées de façon directe, La recherche d’identité et de ses origines, l’amour d’un frère et d’une mère. Le film est également un vibrant plaidoyer pour l’adoption. Les comédiens sont tous très juste, Dev Patel, Nicole Kidman et Rooney Mara au casting et puis difficile d’oublier l’extraordinaire et sublime bande originale signée Dustin O’Halloran. Préparez vos mouchoirs et direction l’autre bout du monde sur les traces de Saroo, vous ne le regretterez pas.

 

21 – CA

De Andrès Muschietti 

C’est quand on ne s’attend à rien que parfois la bonne surprise surgit. En ressuscitant le clown tueur Pennywise, le réalisateur argentin Andrès Muschietti fait montre d’une vision bien éloigné du vulgaire film de série B attendu.  Si le film fonctionne, c’est surtout grâce à sa galerie de personnages très attachants, le fameux ‘club des loosers’.

L’une des grandes forces du film est de creuser dans le background de ses antis héros pour mieux faire ressortir leurs craintes, leurs peurs. Cela donne lieu à des trouvailles visuelles fascinantes et parfois dérangeantes. Ça baigne dans une atmosphère 80’s savoureuse et force est de constater que c’est l’une des adaptations les plus réussies de Stephen King et l’un des films d’épouvante les plus emballants de ces dernières années.

 

20 – 120 BATTEMENTS PAR MINUTE

De Robin Campillo

C’était le film événement du dernier festival de Cannes. Reparti avec le grand prix du Jury, 120 battements par minutes aura fait couler beaucoup d’encre et de critiques unanimement élogieuse et force est de constater qu’elles sont plutôt méritées. Signé par Robin Campillo, 120 battements par minute nous plonge au cœur du mouvement Act Up. Jamais  moralisateur ou militant, le film laisse intelligemment le spectateur seul juge de ce qu’il voit.

Les acteurs jouent avec un naturel remarquable, Adèle Haenel bien sûr mais surtout Nahuel Perez Biscayart livrant une remarquable composition. Robin Campillo sait également se montrer inventif et original dans sa mise en scène et dans le montage. Soutenu par une efficace bande son électro house signée Arnaud Rebotini, 120 BPM mérite assurément d’être vu, un film choc dont on ressort secoué

 

19 – COCO

De Lee Unkrich

Il y avait eu Wall E,  Monstres Cie, Là-haut ou encore Vice-versa, désormais on pourra compter également Coco dans les réussites made in Pixar. L’histoire du jeune apprenti musicien Miguel désirant rencontrer son idole Ernesto de la Cruz est prétexte  à explorer de façon originale le thème de la mort et du souvenir.

Visuellement très beau et chatoyant, Coco est une aventure trépidante dans le monde des morts marqué par un rythme soutenu et dévoilant en arrière-plan tout un pan de la culture mexicaine.  Le scénariste sait se montrer patient et lorsque les masques tombent, certains personnages prennent alors une envergure insoupçonnée. Jusqu’à son final très émouvant, on ne s’ennuie jamais, le film qui plaira aussi bien aux petits qu’aux grands

 

18 – MOONLIGHT

De Barry Jenkins

Miami, un quartier difficile gangrené par la drogue. Dans cet univers, on fait la rencontre de Chiron, un garçon timide. On suit sa métamorphose, enfant, adolescent puis adulte, sa difficile construction marqué par la découverte de son homosexualité. Barry Jenkins tire un film puissant marqué par une réalisation soigné et un propos intelligent. Le cinéaste dépeint un univers cru d’un réalisme sidérant et balaie d’un revers de main tous les clichés.

Baigné dans une musique dissonante de toute beauté, il est traversé ici et là de scènes saisissantes. Il y a chez Barry Jenkins un talent certain pour la réalisation. La direction d’acteur est juste phénoménale, tous les comédiens sont excellents et jouent avec une justesse bluffante. Le cinéma américain peut désormais compter sur un nouveau réalisateur prodige qui on l’espère saura transformer cet essai réussi.

 

17 – SONG TO SONG

De Terence Malick

Depuis Tree Of Life, Terence Malick est devenu un réalisateur totalement à part dans le cinéma mondial expérimentant une forme de narration unique. Divisant la critique comme les spectateurs, Song To Song bien qu’un peu plus accessible ne devrait pas changer la donne. On suit les pas de Faye, Rooney Mara, une chanteuse plongée au cœur de la scène musicale d’Austin.

En pleine interrogation sur sa vie, son couple, l’amour, elle fait face à deux prétendants aux profils opposés, l’excentrique joué par Michael Fassbender et le réservé joué par Ryan Gosling. Song to Song mélange passé, présent, futur, les souvenirs se mêlent aux désirs. Terence Malick et son casting cinq étoiles nous embarquent dans ces brides de vies, appuyé par une photographie exceptionnelle et un usage virtuose de la caméra.

 

16 – DUNKERQUE

De Christopher Nolan

Succédant au chef d’œuvre Interstellar, Christopher Nolan change radicalement de style et s’essaie pour la première fois au film de guerre en s’intéressant à un fait historique assez méconnu. Nous sommes en 1940 et des dizaines de milliers de soldats se retrouvent coincés sur la plage de Dunkerque encerclés par des allemands, ils n’ont alors d’autres choix que de rejoindre l’Angleterre.

L’histoire de ce sauvetage impressionnant donne lieu à un film de guerre passionnant mêlant trois récits différents situés sur trois temporalités différentes, une idée narrative brillante. La caméra de Nolan navigue habilement entre ciel, terre et mer mêlant le grand spectacle à l’intimiste. Ici peu de dialogue, la violence de la guerre se lit dans les yeux des soldats et la tension est parfaitement retranscrite par la musique d’Hans Zimmer.

 

15 – 12 JOURS

De Raymond Depardon

Photographe renommé et réalisateur de documentaire légendaire, Raymond Depardon ne semble pas se lasser d’observer ses semblables. Pour sa nouvelle œuvre, il est parti dans un hôpital psychiatrique et a filmé les entretiens entre les patients et les juges chargés de leur accorder la liberté. Après un long plan séquence intriguant, Depardon nous livre brut de décoffrage une vaste galerie de personnages, la folie sous toutes ses formes.

Les face à face prennent forcément des tournures surprenantes mais jamais Depardon ne juge. En véritable humaniste, il parvient à capter le spectateur et n’omet aucun détail. Nous faisant vivre des situations souvent bouleversantes, non dénués de moments plus légers, Depardon nous interroge également sur notre propre folie et la définition que chacun peut en donner.

 

14 – AU REVOIR LA-HAUT

De Albert Dupontel

Albert Dupontel propose avec Au Revoir là-haut son film le plus ambitieux et sans doute le mieux maitrisé.  Tiré du best-seller de Pierre Lemaitre, il trouve là le moyen idéal de mélanger sa poésie décalé à un grand spectacle populaire. Savoir s’inspirer des plus grands en imposant son style n’est pas chose aisé, Dupontel y parvient par un usage maitrisé de la grammaire cinématographique, un sens de la composition précis et des mouvements de caméra surprenants.

Impossible de passer à côté du travail incroyable réalisé sur les masques couvrants le visage d’Edouard Pericourt. Nahuel Perez Biscayart  livre une interprétation étonnante et le reste du casting est également de premier ordre avec un Laurent Lafitte à contre-emploi et le toujours parfait Niels Arestrup.  Au revoir là-haut s’inscrit comme l’une des plus belles surprises de l’année.

 

13 – YOUR NAME

De Makoto Shinkai

Avec son sublime dernier film, Your Name, le réalisateur Makoto Shinkai vient de se faire une place de choix dans le cinéma d’animation japonais. Une chose est sûre, ce film n’a pas volé ses critiques élogieuses. L’un des plus gros succès du cinéma au Japon est une oeuvre originale qui frappe par l’étonnant mélange des genres qu’il propose. Il y a là une romance touchante, une belle histoire d’amitié évoquant sans lourdeur la notion de genre et la définition de l’identité.

Le film est aussi une étude sociologique remarquable. Un peu de science-fiction, la notion de multivers, avant de virer au film catastrophe, le tout saupoudré d’une pincée d’écologie. Même le registre de la comédie n’est pas oublié. Your Name un festival de couleur et une leçon en matière d’animation.

 

12 – LIFE

De Daniel Espinosa

Un film de science-fiction se déroulant dans l’espace et traitant d’une dangereuse créature extraterrestre. Si en terme de pitch, on frôle le degré zéro de l’originalité, le réalisateur suédois Daniel Espinosa, sait se différencier des nombreux films du genre en traitant son sujet avec rigueur. A l’image de l’excellent Gravity, il choisit une approche réaliste pour raconter le périple des six astronautes.

C’est là que le film prend toute sa valeur, l’immersion du spectateur est immédiate. Life est un film réellement angoissant où l’on se met très facilement dans la peau des protagonistes. La créature du film est terrifiante, certaines scènes sont visuellement très marquantes. Mené sur un rythme très bien dosé, s’accélérant progressivement, Life vous tiendra en haleine deux heures durant.

 

11 – A VOIX HAUTE

De Stephane de Freitas & Ladj Ly

Afin d’aider les jeunes à mieux communiquer par la parole, Le concours Eloquentia vise à élire chaque année le meilleur orateur du 93. Dans A Voix Haute, Stephane De Freitas et Ladj Ly s’attachent à nous faire découvrir l’envers du décor au travers de la préparation de certains candidats. Loin des clichés véhiculés, ce documentaire présente des jeunes aux parcours très différents et aux personnalités diverses.

De l’élève de cinéma un peu perché à l’étudiante en lettre moderne partagée entre tradition et modernité, la langue française dans sa grande diversité est ici célébrée de la meilleure façon possible. On joue avec les mots, les tournures de phrase et chacun trouve le moyen de se raconter, de se construire, de s’inventer. L’épreuve finale est un beau moment d’émotions où l’on est complétement transporté par la superbe musique signé Superpoze.