L’année 2017 en 25 films – TOP 10

Action, biopic, comédie, documentaire, film catastrophe, aventure, comédie musicale, drame, épouvante, film d’animation, fantastique,  polar, guerre, romance, horreur, science-fiction, thriller pour un total de 100 films visionnés. Si l’on oubliera bien vite les inévitables bouses, on retiendra surtout de cette année 2017 une liste de bons films, voir de très bons films, voir de chefs d’œuvres, dont voici mon top 25, forcément subjectif.

 

10 – L’OPERA

De Jean Stephane Bron 

Faute à un cout souvent onéreux et une image élitiste, l’opéra est un lieu qui continue de n’attirer qu’un certain public. Le réalisateur suisse Jean Stephane Bron a filmé l’Opéra de Paris de l’intérieur durant un an et sa galerie de personnages très diversifiés. On y rencontre le chorégraphe star Benjamin Millepied et ses danseurs surdoués tandis que dans une autre salle, les élèves apprentis attachants de la classe des Petits violons font leur gammes.

Pour faire vivre tout cette belle mécanique, il y a également toute une série de métiers de l’ombre qui ne sont pas oubliés. On reste subjugué par l’excellence des différents artistes et musiciens. A tous cela, on ajoute une réalisation intelligente et un montage pertinent et on obtient au final un documentaire passionnant ouvrant la porte vers un monde presque inconnu jusque-là.

 

09 – LE MUSEE DES MERVEILLES

De Todd Haynes 

En entrant dans la salle, je n’attendais pas grand-chose de ce film mais dès les premières minutes, le charme opéra immédiatement. Se déroulant sur deux époques différentes, Todd Haynes signe là l’un de ces meilleurs films. En 1977, Ben un jeune garçon prend le train seul pour New York dans le but de retrouver son père. 50 ans plus tôt, on suit les traces de Rose, une jeune fille sourde de naissance tentant de rencontrer l’actrice qu’elle admire. Ces deux histoires finiront inexorablement par se lier.

Ce film sur l’enfance et les rêves subjugue par son inventivité couplé à un classicisme bienvenue dans la réalisation. La partie se déroulant en 1927 est d’une beauté folle soutenue par un thème musical magnifique. Traitant subtilement du thème de la famille, Le Musée des Merveilles est une œuvre émouvante et étonnante, l’un des coups de cœur de l’année.

 

08 – GET OUT

De Jordan Peele 

Get Out est bien le film brillant et surprenant que l’on nous a vendu. A la baguette de cette œuvre jubilatoire se trouve Jordan Peele, un humoriste américain maitrisant la grammaire cinématographique avec une aisance évidente.
Ce film est une belle mécanique qui fonctionne dès les premières minutes grâce au charisme des deux personnages centraux, impeccables Daniel Kaluuya et Allison Williams.

Jouant avec les codes du film d’horreur traditionnel, Jordan Peele transgresse là un genre si souvent vide de sens pour lui en donner une dimension sociale étonnante. Pour faire passer la pilule, le réalisateur américain y ajoute une dose d’humour particulièrement savoureuse. Get Out est un film fascinant, le réalisateur s’affranchit ici de tous ces modèles pour délivrer un film avec une identité propre. Le public américain a vu juste en apportant à ce film indépendant un succès totalement mérité.

 

07 – DETROIT

De Kathryn Bigelow 

Cinq ans après le percutant Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow revient sur un obscur fait divers dans le Detroit enflammé de l’été 1967. Loin de toute complaisance, la réalisatrice livre là un formidable film brut d’un réalisme inouï. Grace à son indéniable savoir-faire, elle parvient à nous faire ressentir la situation au plus près, installant progressivement les personnages et faisant monter la tension en évitant d’user d’artifices lourdauds.

Filmé caméra à l’épaule durant la grande majorité du temps, Detroit est un film coup de poing à la violence parfois presque insoutenable. il y a d’ailleurs bien longtemps que l’on n’avait ressenti un tel sentiment d’injustice au cinéma. Voilà un film puissant et essentiel, une leçon d’histoire moderne qui ne peux laisser indifférent et dont on ressort secoué.

 

06 – MOTHER!

De Darren Aronofsky 

Darren Aronofsky a su imposé au fil du temps un style assez unique traversé de fulgurances visuelles saisissantes et d’une réalisation à la technique irréprochable. Avec son nouveau film, intitulé Mother ! , le new yorkais pousse le curseur toujours plus loin. Se jouant à merveille de toutes contraintes temporelles et spatiales, Aronofsky livre là un film passionnant et complexe sur la création, une fascinante métaphore sur la vie d’artiste.

Il a choisi un parti pris radical en filmant la quasi-totalité de son film du point de vue de Mother, jouée par une Jennifer Lawrence incroyable. Le film s’avère être une expérience anxiogène troublante. Ce sentiment d’oppression ne nous quitte jamais vraiment, appuyé par un prodigieux travail sur l’architecture sonore. Mother est un nouveau coup d’éclat, une œuvre entière rejetant la demi-mesure et assumant pleinement son propos et ça fait un bien fou !

 

05 – GABRIEL ET LA MONTAGNE

De Fellipe Barbosa 

Si vous vous sentez une âme d’aventurier, ce film est définitivement fait pour vous. Le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa y raconte le périple africain de Gabriel Buchmann son ami d’enfance. Du Kenya au Malawi, ce film aux fausses allures de documentaire est un voyage initiatique passionnant, un road movie en plusieurs actes se déroulant sur près de deux mois.

Traversant de splendides contrées, son personnage central, tantôt attachant, tantôt irritant, trouve là le moyen de se construire. Dans la droite lignée d’Into The Wild, Gabriel et la montagne est une splendide invitation à la découverte du monde et de l’autre. Loin du basique film touristique façon carte postale, voilà une œuvre au traitement original qui aurait mérité bien plus que son succès très discret.

 

04 – THE LOST CITY OF Z

De James Gray 

James Gray est l’un des réalisateurs les plus estimables du cinéma américain et revient dans un registre qu’on ne lui connaissait pas en choisissant de s’embarquer dans un film d’aventures racontant l’histoire extraordinaire de Percy Fawcett au début du XXème siècle. Cette échappée en Amazonie a indéniablement rebooster sa créativité. Il y déploie un savoir-faire évident donnant un souffle épique à cette aventure et parvient à un résultat d‘une grande fluidité faisant monter crescendo l’intérêt du spectateur.

On retrouve une façon de faire un peu à l’ancienne que ce soit au niveau de la narration ou du grain de l’image. Réalisation maitrisée, sujet passionnant, bande son de haute volée, The Lost city of Z est une épopée fantastique, un voyage saisissant en terre inconnue, un film indispensable pour tous les amoureux du cinéma d’aventure.

 

03 – GRAVE

De Julia Ducornau 

Grave est l’un des films d’horreur les plus perturbants de ces dernières années. Multipliant les scènes chocs, Julia Ducournau réussit le pari d’infliger un sentiment de malaise constant, une tension ne retombant que rarement, lors de certains passages où c’est la comédie noire qui prend le relai.

Il y a dans ce film un rapport au corps, à la chair, hérité de Cronenberg. Cette fable macabre provoque la sensation de vivre un cauchemar dont on ne peut pas s’échapper, un sentiment de dégout mélangé à une certaine forme de fascination.  De par ses partis pris assez extrêmes, ce film ne manquera pas de diviser et rebutera sans doute certains spectateurs peu enclins à accepter un tel déferlement de violence. Ce film est pourtant une réussite totale, on reste scotché du début à la fin.

 

02 – BLADE RUNNER 2049

De Denis Villeneuve 

C’était l’un des projets les plus casses gueule de ces dernières années. Trente ans après le premier opus, Denis Villeneuve parvient à respecter l’univers original sans jamais s’écrouler sous ce si lourd héritage. Appuyé par l’excellent bande son d’Hans Zimmer et aidé par le génial directeur photo Roger Deakins, il parvient à réaliser l’un des plus beaux films de ces dernières années. Le travail sur la couleur, la lumière et les différentes architectures est stupéfiant.

Blade Runner 2049 est une œuvre contemplative et lente, exploitant de nombreux thèmes et incitant le spectateur à s’interroger sur lui-même. Voilà un chef d’œuvre du cinéma moderne, une dystopie à la poésie sombre parcouru de mélancolie, d’un sentiment de solitude palpable, traversé de fulgurances visuelles hallucinantes s’imprimant dans la rétine pour ne plus vous lâcher. Denis Villeneuve n’as décidément pas fini de nous  impressionner.

 

01 – LA LA LAND

De Damien Chazelle 

Deux ans après l’excellent Whiplash, Damien Chazelle s’attaque au genre désuet de la comédie musicale et délivre un pur chef d’œuvre. Film romantique au sens le plus noble du terme, l’histoire d’amour entre Mia et Sebastien est somptueuse et touchante. Ryan Gosling et la sublime Emma Stone  forment un couple magnifique.

Damien Chazelle déploie une mise en scène inspiré et originale, proposant systématiquement la bonne idée au bon moment et maniant à la perfection les changements de rythmes. Il y a là une bande originale jazzy et délicieuse et un éblouissant travail sur les couleurs et les lumières, De la superbe scène d’introduction à la vertigineuse spirale finale, ce film est une leçon de cinéma, le septième art dans ce qu’il peut proposer de meilleur. Deux heures de bonheur, une merveille, un classique instantané.

 

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