REPORT – Techno & house au Fort de Mons le LAPS d’un week-end

Après une première édition au Fort du Vert Galant à Wambrechies étalée sur 12h, le LAPS revient en force sur deux jours, au Fort de Mons avec plus de 25h de musique électronique. Organisée par le collectif La Classique plein de motivations, le public aura l’occasion de découvrir pendant ces deux jours de nombreux artistes internationaux, nationaux et locaux dans les univers de la house et de la techno. Un des évènements immanquables de la rentrée où on s’y est senti bien !

La Classique est un jeune collectif qui tente depuis trois ans d’offrir une alternative au public du Nord par ses choix et sa direction. Fondé en 2013, les premiers évènements organisés se font au Zebulon Bar, puis au Tri Postal, et même à la Gare Saint-Sauveur. Osant la différence, il associe mode, exposition artistique, et DJ variés et ses choix. Avec seulement deux ans d’existence au conteur, le collectif monte le festival LAPS, avec notamment pour la première édition Jérémy Underground, S3A, et un B2B entre Electric Rescue et Maxime Dangles, le tout dans un décor assez atypique : l’ancien fort militaire du Vert Galant à Wambrechies.

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Samedi après-midi techno au sein de la “Clairière”

Après cette première édition riche en succès, le collectif revient une bonne année plus tard afin de proposer la seconde édition du LAPS. Changement de lieu, sans trop de chamboulement, ça se fera au Fort de Mons, un autre ancien édifice militaire. Le festival prend de l’ampleur et propose cette-fois-ci deux jours de musique le vendredi 9 et samedi 10 septembre. Comme la première édition, deux scènes sont installées dans le Fort de Mons, l’une dans les crêtes d’artillerie du fort, et l’autre dans une mini prairie encerclée par les murs du fort et baptisé la “Clairière”. La première accueille la techno, et la seconde la house. Puis inversement, le samedi chacun des styles est basculé sur l’autre scène afin de pousser le public trop fermé sur un genre à s’ouvrir à l’autre. Complété par un espace chill construit tout en palettes, proposant petite restauration avec notamment des falafels, des sandwichs et des Zlabias, et deux bars, le Fort de Mons se prête à merveille au festival et offre un dépaysement agréable.

La première scène “Jardin de Thalie” se situe donc au milieu des anciennes crêtes d’artillerie, et offre un large dancefloor au milieu d’une espèce d’amphithéâtre. La place du DJ est en hauteur, et les lumières rayonnent de toutes parts proposant un large espace de liberté. La seconde, la “Clairière” est plus classique avec une petite scène à un mètre de hauteur. Les lumières proviennent toutes de la scène, mais avec les arbres et le feuillage, la nuit, la réverbération rend le lieu bien sympa, comme un petit cocon au milieu de la nature.

À la découverte des lieux

Tomska sur la "Clairière"
Tomska sur la “Clairière”

Comme dans tout nouveau lieu, on commence par faire le tour du propriétaire, avant de s’arrêter devant Tomska proposant un set house très sympa dans la “Clairière”. Véritable fan de house depuis le début du courant musical à la fin des années 80, il collectionne les vinyles depuis ses débuts en tant que DJ en 95. Le passionné pose une atmosphère cool bien adaptée au coucher du soleil. Pendant le même créneau, David Asko impose une musique plus brute sur le “Jardin de Thalie”. Originaire de Lyon, actuellement résident du Magazine Club, il parcourt le large spectre de la techno et mixe efficacement classique avec petites pépites. Le public de Lille étant toujours tardif, les fans de techno ne se montreront pas très nombreux avant 1h du matin. Loin de démotiver l’artiste, l’arène se remplira au fur et à mesure de son set de 2h.

À 00h, Cuthead prend les rênes de la “Clairière” et offre un live d’une heure complètement fou. Le producteur moldave expérimente des morceaux entre hip-hop et électro. Mené par une énergie folle, comme traversé par un mouvement de trance, il ne s’arrêtera à aucun moment de secouer son corps pendant sa prestation, et convaincra très rapidement le public au taquet de le suivre de la sorte. De nombreuses tentatives de festivaliers pour monter rejoindre la transe de l’artiste sur scène se feront pendant le live. Les néerlandais de Fouk auront la lourde tâche de clôturer le plateau house du vendredi. Les protégés de Detroit Swindle la rempliront avec brio, et la “Clairière” fermera ses portes après un set de 2h plaisant à tous les amateurs du genre.

Des festivaliers du LAPS
Des festivaliers du LAPS

Faisant suite à David Asko, c’est trois artistes du label Mord Records qui imposeront une techno-industrielle sur le “Jardin de Thalie”. UVB (interview à venir sur Culturovore dans les semaines à venir) ouvrant le bal, et proposant un set de 2h30 qui ne nous a pas déçu. Très orienté vers la techno froide, et il ne laissera pas les fans du genre de marbre. Vient ensuite Sleeparchive en live et joue une techno minimale. Loin d’être mauvais, on regrette que l’artiste soit si froid et n’ait à aucun moment un signe envers le public. Finalement, c’est Bas Mooy, le boss du label, qui conclura cette première journée. Une techno froide et épaisse s’abat sur le Fort de Mons, et permet à une grande majorité de tenir jusqu’au bout de la nuit sous les rythmes secs de la musique. On ressent la maîtrise du néerlandais ainsi que sa culture très développée.

All day and night long

On arrive sous les coups de 14h30 dans l’ancien fort militaire alors que le festival se met tout doucement en route. Les scènes lancent le son avec une petite heure de retard sans dommage au vu du peu de personnes présentes dans le lieu. En parallèle du festival, une conférence est donnée par Olivier Pernot, rédacteur chez Trax Magazine. Même si une grosse cinquantaine de personnes s’étaient inscrites à l’évènement, la nuit d’hier aura eu raison, pour la plupart, sur leurs réveils, et une petite quinzaine de personnes seulement assisteront au sujet “La French Touch : de Ravel à Daft Punk“. En une heure et demie, on voyagera du Boléro de Ravel au Depp Burnt de Pépé Bradock. L’orateur maîtrise son sujet, et ponctue ses interventions de nombreux extraits sonores et visuels mais par moment le manque de peps nous rappelle la courte nuit de la veille. Au sortir, on en aura beaucoup appri et on comprendra les places occupées aujourd’hui par Daft Punk, Laurent Garnier, Air, Mr. Oizo et bien d’autres. Dommage que le créneau horaire et l’inscription obligatoire n’aient permis de faire salle comble. On salue ce genre de démarche en festival, permettant d’offrir une véritable alternative aux scènes.

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Le mix parfait d’AZF sur la “Clairière”

Au sortir de la conférence, le site s’est rempli de quelques festivaliers. La “Clairière” accueille maintenant la techno, et c’est AZF qui nous plonge dans le bain. Quelle entrée en matière ! La DJ, résidente chez Moune et directrice artistique des soirées Jeudi Minuit à La Java offre un set de 3h de techno aux petits oignons. C’est propre, les enchaînements sont maîtrisés, et elle a de la pêche ! Un personnage à suivre dont on n’a pas fini d’entendre parler ! Pendant les mêmes trois heures, Hugo LX propose l’alternative avec un mix house sur l’autre scène. Il offre un set vinyle tout doux, bien propice au chill de la fin d’après-midi. Au fur et à mesure que les minutes passent, les deux scènes se remplissent, et à seulement 20h on approche de l’ambiance des 00h de la veille.

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Jeu de ballons au “Jardin de Thalie”

Leo Pol enchaîne sur le Jardin de Thalie avec un live de deep. Le jeune français, tout nouveau résident au Concrete, insuffle à l’aide de vieux synthétiseurs et de vieilles machines une deep-house dansante pendant une bonne heure. Un autre artiste prometteur, qu’on vous conseille de voir en live ! Moomin prend le relai avec un chouette mix d’house. Le berlinois a une vision moderne et éclairée du genre, et remplit sa mission auprès des amateurs avec élégance.

Retour à la Clairière pour un bain de techno avec en premier un live de Birth of Frequency (interview à venir sur Culturovore dans les semaines à venir). Véritable addict des machines, il propose en une heure à l’aide de boucles et de machines, une véritable pépite musicale. La progression est maîtrisée, le rythme tonique, et les mélodies ne se font pas rares. La musique peut tout de même déconcerter pour les personnes prenant le live en cours et n’ayant donc pas la courbe de progression réalisée par l’artiste. En deuxième, Cleric dévoile un set de 3h de techno percutante. Dernier artiste techno du festival, sans jamais relâcher la pression et avec un rythme effréné, il fissure les murs du fort à l’aide de beats et de percussions lourdes, étouffantes et incisives. Un final parfait du côté de la techno.

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Dancefloor au taquet du côté de la house

Le festival s’achève côté house avec deux sets de trois heures chacun. Made in Chicago, Amir Alexander propose un set mêlant toutes ses inspirations alternant la house old-school de Chicago ou Detroit avec des morceaux plus modernes. En provenance de Londres, Dan Shake nous offre un cocktail de house mêlé à la disco, à l’afro et même au funk. Une prouesse jouissive conclura donc ce festival, et le dancefloor du “Jardin de Thalie” ne désemplira pas une seconde avant la note finale donnée par ce talent.

Le festival offre une véritable alternative à d’autres gros noms de la métropole lilloise. Mené par un collectif surmotivé et dynamique, le LAPS rassemble une très bonne programmation avec de nombreux noms en devenir, dans un lieu atypique transformé en véritable endroit propice à la musique. Le système son est bon, les festivaliers vachement cool (on a le public qu’on mérite !), les consommations à un prix très raisonnable. Vous êtes fan de techno et de house ? Ne ratez sous aucun prétexte le prochain LAPS (qu’on espère avant un an !), il y a encore quatre autres forts dans la métropole, le prochain festival de La Classique en open air se fera-t-il dans l’un d’eux ?

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Festivaliers du LAPS sur le “Jardin de Thalie”

Texte et photos par Camille & Gauvain

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