LES 25 MEILLEURS ALBUMS DE 2016

2016 fut une année riche sur le plan discographique avec un nombre conséquents de bons, voir de très bons albums. De la Suède à l’Afrique du sud en passant par la France, l’Islande, l’Angleterre ou encore les Etats Unis, voici un voyage musical s’étalant sur 25 albums et englobant de nombreux genres musicaux.

 

25 – BATUKbatuk-musica-da-terra

Musica De Tera

Il y a quelques années en arrière, les portugais de Buraka Som Sistema avait parfaitement réussi à mélanger sonorités africaines, bass music et électro. En rassemblant des musiciens venus des quatre coins de l’afrique, le sud africain Spoek Mathambo s’impose comme un digne successeur au travers de son projet Batuk. Il s’affranchi de toute étiquette en mixant les genres dans une fête mêlant moment joyeux et atmosphère plus sombre. ‘Musica da Tera’ porte bien son nom, on retrouve là aussi bien l’influence de la house que de la musique africaine traditionnelle. Chanté en plusieurs langues et rythmé aussi bien avec un kick techno qu’avec des percussions traditionnelles, Batuk est la musique de demain.

 

 

24 – ELUVIUMeluvium-false-readings-on

False Readings On

Figure incontournable de la musique ambiant Eluvium continue son petit bonhomme de chemin. Stangework, son orgue aérien et son piano fragile se charge d’amorcer le trip musical avant que Fugue State et ses chœurs célestes n’assurent la vitesse de croisière. On passe alors la stratosphère en toute sérénité avec le spatial Regenerative being. Washer Logistic  nous maintient en apesanteur avec son côté spectral et flou.  Sur Beyond The Moon For Someone In Reverse ou encore Roscharch Pavan, le compositeur joue avec un bruit blanc créant une sensation de flottement agréable. L’album touche à sa fin avec Posturing Through Metaphysical Collapse déviant étonnamment vers un mélange hyper saturé sous influence de shoegazing. Touchant du doigt des sentiments assez indescriptibles, la musique d’Eluvium agit comme une exhortation à un véritable voyage intérieur.

 

 

23 – THE DILLINGER ESCAPE PLANtdepcover1

Dissociation

Novateurs, intenses, expérimentaux, nombreux sont les qualificatifs attribués à The Dillinger Escape plan dont la carrière prend fin aujourd’hui. A peine le temps d’une respiration et l’on se retrouve entraîné dans un déferlement de guitare se concluant dans une furie indescriptible, Limerent Death. Forgeant l’image du groupe durant toutes ces années, les plans rythmiques complètement barrés sont toujours de mise, Wanting Not So Much To As To. On retrouve également des plans Jazz ou Fusion dingo, Honeysuckle, Low Feels Blvd. Pour nous éviter de suffoquer dans ce chaos organisé, The Dillinger Escape Plan insère régulièrement des lignes mélodiques accrocheuses, Symptom Of Terminal Illness au milieu de riffs percutants capables de vous transformer une fosse en bouillon, Nothing To Forget ou Apologies Not Included. On dit donc adieu à une formation exemplaire, préférant sans doute se retirant avant de tomber dans la rengaine.

 

 

22 – THE BODYa0037309517_5

No One Deserves Happiness

Après de nombreux albums collaboratifs plus ou moins marquants, The body revient en studio avec un nouvel opus dérangeant et angoissant. Dès le flippant Wanderings en ouverture, on est complètement pris d’un sentiment de malaise qui ne nous lâchera plus. Le duo américain continue de se mettre en valeur avec une formule toujours aussi perturbante faite de cris d’outre-tombe, de guitares apocalyptiques et de voix féminines célestes. Soutenu par une section rythmique percutante, ‘No one deserves happiness’ est un excellent disque de Sludge métal et s’apparente à une aventure sans aucune échappatoire, dans un monde malade et ténébreux duquel ne surgit que désolation.

 

 

21 – A TRIBE CALLED QUESTa-tribe-called-quest-we-got-it-from-here-thank-you-4-your-service-album-cover

We Got It From Here…Thank you 4 your Service

Groupe légendaire du rap américain, A Tribe Called Quest n’avait plus donné de nouvelles discographiques depuis maintenant 18 ans. Plutôt que de tenter de s’approprier les codes du rap actuel, les 4 compères nous replongent avec une certaine nostalgie au cœur d’une mouvance plus jazzy et funky, version 90’s. Ils sont nombreux à avoir voulu participé à l’aventure. Parmi eux, on retrouve Busta Rhymes sur trois titres, Kendrick Lamar sur l’urbain et rétrofuturiste Conrad Tokyo ou encore André Benjamin sur l’étrange Kids. L’album bénéficie d’un travail de production d’une grande finesse rempli de petits détails et se laisse écouter facilement. Il n’y a pas grand-chose à jeter, c’est solide, stylée, un retour en fanfare.

 

 

20 – FRANK OCEANfrank_ocean-blonde

Blonde

Succédant à l’influent Channel Orange , Blonde est un disque complexe difficile à appréhender. Ça débute avec le tourmenté et touchant Nikes puis le californien nous emmène ensuite dans le cœur du sujet avec Ivy suivit par  le rafraîchissant et très classe Pink White. On croise des stars, que ce soit Beyonce, Kendrick Lamar sur le paradisiaque Skyline to, James Blake sur White ferrari ou encore le génial Andre 3000 sur l’expérimental Solo (reprise). On appréciera les petits intermèdes où le français SebastiAn nous parle d’une rupture amoureuse étonnante et on se laisse transporter par le vibrant Seigfried ou encore le céleste Pretty sweet. Si l’on concédera à cet album quelques longueurs, le monolithique Solo ou l’hermétique Close to you, Frank Ocean n’a donc presque rien perdu de sa superbe et continue de figurer comme l’un des leaders du genre, loin des codes et des modes.

 

 

19 – RADIOHEAD1035x1035-radiohead-new-album-a-moon-shaped-pool-download-stream-640x640

A Moon Shaped Pool

Absent des radars depuis 2011, le quintette d’Oxford refait surface avec A Moon Shaped bell, sonnant comme un retour aux sources bienvenue. Un peu perdu dans une forme d’indie pop expérimental depuis In Rainbows, Tom Yorke et les siens renouent avec une émotion et une fragilité plus palpable, Daydreaming ou encore Glass Eyes. Jonny Greenwood, riche d’une expérience réussi de compositeur pour le cinéma, impose ici son savoir-faire dans le travail abouti sur les textures, Burn the Witch. Malgré quelques titres un peu trop sages,  Desert Island Disk ou The Numbers, l’album est un Radiohead d’un bon cru. Les britanniques concluent le tout de fort belle manière avec une reprise de True Love Waits que les fans connaissent bien.

 

 

18 – OLAFUR ARNALDSd6751f_827239e14eac40e68f99b5f3ec42b01e-mv2

Island Songs

Lettre d’amour à sa terre natale, la mystérieuse et belle Islande, Island Song est une ode profonde signé Olafur Arnalds. Orchestration classique tout en retenue, cordes contemplatives, chants mystiques, c’est une véritable invitation à s’évader qui s’offre à nous.  En à peine plus d’une demi-heure, le compositeur nous transporte loin, vers des territoires désertés où règne paix et harmonie. On pense parfois parfois à l’univers de Max Richter, Dalur, ou encore aux compositions cinématographiques de Johann Johannsson, Öldurót .Olafur Arnalds sait aussi varier les ambiances, il dérive ainsi légèrement vers une pop délicate, façon Sigur Ros, sur Particles. Island Songs est l’une des plus douces expériences musicales de 2016.

 

 

17 – RAE SREMMURDsremmlife-2

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Toujours épaulé par l’excellent producteur Mike Will Made it, les deux frangins originaires du Mississipi continuent d’affiner leur style, quelque part entre trap percutante et hip-hop vaporeux. Le décor est planté dès l’introduction avec l’explicite Start a party. Morceau après morceau, on se plonge alors dans une longue soirée enfumée où se côtoient substances éthyliques et filles enthousiastes, l’enchaînement By chance et Look alive. Si durant cette « party », on n’est pas étonné de croiser Gucci Mane sur l’entêtant et désormais célèbre Black Beatles, on pourra regretter la présence de Lil Jon sur le médiocre Set the roof. Dégageant par instant une certaine forme de mélancolie surprenante comme sur Came a long Way ou encore Take it or leave it, les deux frères Brown ont mûri artistiquement en l’espace d’un an et proposent un opus plaisant et très efficace.

 

 

16 – METRONOMYmetronomy-summer-08-album-itunes-cover-art

Summer 08

Architecte en chef du groupe Metronomy, Joseph Mount est incontestablement l’un des artisans pop les plus doués du moment. Cinq ans après le génial The English Riveira et juste 2 ans après le plus mitigé Love Letters, les anglais viennent de nouveau apporter la bonne parole pop sur Summer 08. Le quartette, tout juste aidé par la présence de Robyn sur Hang me out to dry, propose des compositions chaleureuses sentant bon le mois d’Aout. Sans aucun tube évident, Summer 08 est un album coloré aux structures moelleuses, non dénué d’une forme étrange de nostalgie. C’est d’une très grande classe, la bande son idéale pour siroter un cocktail fluo le long d’une baie en regardant les gens passer, le coucher de soleil en toile de fond.

 

 

15 – SCHOOL OF SEVEN BELLSsviib-lp

SVIIB

Désireuse de poursuivre une dernière fois l’aventure School of seven bells, Alejandra Deheza rend hommage à son complice décédé Benjamin Curtis sur un disque émouvant hanté par le deuil. Dès les premières notes d’Ablaze, on se retrouve immédiatement projeté entre pop éthéré et shoegazing. On pense inévitablement à My Blonde Redhead, Chromatics ou encore My bloody valentine, Open your eyes. L’album atteint son paroxysme sur des titres comme Signals ou This is our Time où mélodies aériennes, structures vaporeuses et voix céleste se mélangent de la plus belle des manières. SVIIB est un très bel album d’indie pop d’où ressort une éblouissante lueur et un adieu touchant.

 

 

14 – ANOHNIa1895762218_10

Hopelessness

On l’a connu homme avec le groupe Antony and The Johnsons, c’est désormais en femme qu’Antony Hegarty évolue sous le nom d’Anohni. Lassé par son propre univers, il/elle délaisse aujourd’hui le piano et les ballades larmoyantes pour un monde où l’électronique a pris le pouvoir. Ce qui frappe en premier lieu c’est l’incroyable modernité de la production, installant un décor futuriste. Il y a dans Hopelessness quelques pistes sur ce que pourrait être la pop de demain notamment l’épique Why Did You Seperate Me From The Earth. Sans aucune retenue, Antony propose des morceaux grandioses au parfum symphonique, 4 Degrees par exemple. En plus d’être novateur, cet album est aussi une charge politique puissante et vraiment étonnante de la part d’Antony que l’on n’imaginait pas dans ce registre, Obama. A l’écoute de ce disque captivant, on ne peut qu’espérer que le groupe ne s’arrête pas à ce coup d’essai.

 

 

13 – JOHAN JOHANNSSON0028947960218

Orphée

L’Islande est une terre propice à l’inspiration, Johan Johannsson est l’un de ses compositeurs les plus talentueux. Fortement influencé par ses travaux pour le cinéma, notamment pour Denis Villeneuve, Johan Johansson propose un album d’une beauté froide où se côtoient dans une grande harmonie musique classique et ambiant. Il en ressort beaucoup de désespoir comme sur le baroque Flight From The City et ses cordes déchirantes ou encore sur le fragile A pile of Dust. Puis l’islandais nous conduit sur des sentiers désolés, A Song For Europa. Plus loin on se laisse aller à d’avantage de romantisme avec By The Roes And By The Hinds Of The Field ou encore Good Morning Midnight. Le voyage se termine alors avec le grave et funeste Good Night,Day avant de nous laisser sur le contemplatif Orphic Hymn et ses airs d’opéra. L’un des plus beaux albums de l’année assurément.

 

 

12 – HAELOSc733391d

Full Circle

Avec une intro spatiale en guise d’ouverture, Haelos dont c’est ici le tout premier album a décidé de nous emmener loin. Situé au croisement de The XX et de Moderat, ‘Full Circle’ est un album fragile très touchant qui aurait pu se fondre facilement dans la scène trip hop des 90’s. Subtile alternance entre voix féminine et masculine sur une musique à la fois triste et lumineuse, il suffit d’une seule écoute pour se rendre compte que l’on tient bien l’une des découvertes majeures de l’année. Un premier essai transformé par des petites pépites comme le vibrant Pray, le profond Dust ou encore l’aérien Oracle.

 

 

11 – KANYE WESTthe-life-of-pablo-kanye-west-cover-album-review

The Life Of Pablo

Après une multitude invraisemblable de reports, le nouveau-né de Kanye West est finalement arrivé dans les bacs. Septième album d’une discographie absolument magistrale, The life of Pablo est un captivant fourre-tout pouvant se voir comme une sorte d’album synthèse. On y trouve tous les éléments qui ont façonné la carrière de ce producteur de génie, de la soul, du gospel, du RnB, des sonorités indus, des instrus trap et minimalistes, le tout s’enchainant avec beaucoup de fluidité. Au rayon des collaborations, ça envoie du très lourd, on y retrouve entre autre Frank Ocean, Young Thug, Pharell, Drake, Kendrick Lamar ou encore The Weeknd.  Moins décisif que ces précédents albums, The life of Pablo reste cependant un album de haute volée traversé de fulgurances et de trouvailles jubilatoires.

 

 

10 – THE FIELDthe-field-the-follower-compressed

The Follower

C’est indéniable, Axel Willner aka The Field est l’un des artistes techno les plus doués de la planète. Pour la sortie de son cinquième album, le talentueux suédois ne déroge pas à sa réputation et nous emmène dans une spirale aux contours flous. Au programme donc, boucles minimalistes hypnotiques, voix lointaines enivrantes, atmosphère oniriques pour 6 morceaux s’étalant sur près d’une heure. Il y a dans ce disque intemporel une forme de mystère comme projeté dans un monde totalement inconnu aux paysages irréels. La recette pourrait sembler sentir la redite et pourtant, ‘The Follower’ agit comme ses prédécesseurs, une formule magique dont The Field détient seul les clefs.

 

 

09 – KENDRICK LAMARd198f488cd5f4043148e8bada331731a-1000x1000x1

Untitled Unmastered

Il faut croire que Kendrick Lamar avait encore des choses à dire après l’immense ‘To pimp a butterfly’ puisque tout juste un an après, voici venu ‘Untitled Unmastered’, des chutes de studio triple A. On retrouve dès les premières notes l’atmosphère jazzy funky de TPAB. Toujours aussi à l’aise vocalement, Kendrick navigue sur des intrus de haute volée sortant des sentiers battus et qui rappelle à quel point le natif de Compton sait s’entourer. Il règne dans cet album une ambiance un peu onirique, comme une longue ballade nocturne dans les rues de Los Angeles. Forcément un cran en dessous de son prédécesseur, ‘Untitled Unmastered’ reste un album cohérent et captivant de bout en bout qui s’impose aisément parmi les meilleurs sorties hip hop de l’année.

 

 

08 – SCHOOLBOY Qschoolboy_q_blank_face_lp_cover

Blank Face LP

Précédé de l’énorme single Groovy Tony, Blank Face LP est sans aucun doute l’album de rap US le plus réussi de l’année. Schoolboy Q et son armée de producteurs varient sans cesse les ambiances passant du très sombre, Dope Dealer, au très cool, Kno ya Wrong. L’album, bien que non dénué de morceaux trap, s’éloigne régulièrement des standards actuels pour nous proposer une impeccable mixture faite de G Funk, de sonorités rock, jazz et de structures électro brumeuses et ombrageuses. La liste des invités est impressionnante, on retiendra la présence du talentueux Miguel sur le lascif Overtime ou encore celle de Kanye West sur le ténébreux That Part. Par-dessus tout cela, Schoolboy Q impose un flow précis et mordant et délivre au passage son album le plus complet.

 

 

07 – GOJIRAgojira-magma-cover

Magma

Alors qu’ils semblaient enfermés dans une formule qu’ils avaient eux même crée, les français de Gojira redonnent un coup de fouet à leur discographie avec le puissant et plus expérimental Magma. Composé dans la douleur suite au décès de la mère des frères Duplantier, Magma est l’occasion pour Joe Duplantier d’exorciser sa peine et de nous emmener dans une quête spirituelle. Au-delà des plans titanesques auxquels on est habitué, Silvera, les landais font ici preuve d’une originalité dans les structures totalement réjouissante, Magma ou encore  Stranded. Une nouvelle fois, on reste subjugué par le jeu de batterie unique de Mario Duplantier, une merveille du genre. Mélodique, audacieux, profond, ce nouvel album est un petit bijou de métal intelligent et créatif. Gojira a visé juste et continue de se maintenir parmi les meilleurs groupes de métal du monde.

 

 

06 – NEKFEUnekfeu-cyborg-cover

Cyborg

Cyborg, ou comment Nekfeu est désormais passé au niveau supérieur. Dès l’introspectif Humanoide, Nekfeu déploie tout son savoir-faire. Des textes travaillés et un flow millimétré collant parfaitement au rythme. Dans la foulée, on découvre Mauvaise Graine, un morceau torturé contrebalancé par le puissant Squa, l’un des meilleurs titres du disque, d’avantage orienté club avec une modernité dans la production qui fait plaisir.  Cette modernité, on la retrouve sur l’excellent Esquimaux, flow rapide calé sur une basse bondissante. Réalité augmentée revient avec beaucoup de lucidité sur notre rapport aux réseaux sociaux. Nekfeu partage l’affiche avec ses potes, Murkage Dave sur le jazzy O D, Alpha Wann sur le plus rétro Vinyle ou encore S Pri Noir sur l’entraînant Saturne.  Intelligence d’écriture, productions modernes évoluant dans différentes atmosphères, Cyborg est un album exemplaire alliant pleinement le fond et la forme.

05 – BEYONCE1slejmp

Lemonade

Sorti par surprise, le nouvel album de Beyoncé marque définitivement une nouvelle étape dans une carrière jalonné de tubes planétaires. Beaucoup plus exigeante artistiquement que par le passé, Beyoncé s’est entouré de producteurs de tous horizons et propose un album brillant et varié fait de RnB, d’électro, de rock, de country. Que ce soit le dynamique ‘Freedom’, le troublant ‘Sorry’ ou encore le minimaliste ‘Forward’, rien n’est à jeter sur ce disque impeccable de la première à la dernière seconde. Signant également un discours qui se veut plus engagé, notamment pour la cause de la femme noire aux Etats Unis. La texane est désormais au sommet de son art.

 

 

04 – JULIANNA BARWICKa0513035967_10

Will

Installez-vous confortablement au chaud, seul, le casque vissé sur les oreilles et veuillez prendre le départ pour le monde étrange de Julianna Barwick. Sur des fondations ambiant brumeuses, la jeune américaine nous envoit dans un monde onirique à la beauté mystérieuse. Il y a là tout ce qu’il faut pour totalement décrocher de notre réalité. Will est un album qui s’écoute d’une traite pour en apprécier toute la magie. Dès les premières notes, on se retrouve flottant au milieu de nappes délicates et apaisantes, habités rapidement par des sentiments et des visions indescriptibles. Il faut bien choisir son moment pour écouter ce superbe album d’une finesse incroyable et laissant une grande place à l’imaginaire.

 

 

03 – BVDUBtelechargement

Safety In A Number

Si vous aimez vous laisser bercer par la musique, si vous désirez un instant lumineux et apaisant, il est grand temps de vous pencher sur la nouvelle création de Bvdub intitulée Safety in a number. En six plages somptueuses à la beauté fragile, le producteur californien propose un pur moment de relaxation en totale apesanteur. L’atmosphère mélancolique qui y règne, et qui n’est pas sans rappeler par instant certaines créations de M83, apporte une dimension supplémentaire et renforce le caractère évasif de l’œuvre. BvDub prend vraiment le temps pour installer des morceaux souvent étalés sur plus de dix minutes. Cette œuvre envoûtante est la clef ouvrant la porte vers des paradis perdus à la recherche d’harmonie et de paix intérieure.

 

 

02 – DAVID BOWIEblackstar-copy

Blackstar

Véritable icône de la musique, David Bowie nous aura donc légué son dernier album en cette année 2016, seulement deux jours avant son décès. Alors que la majorité des musiciens de l’époque ont depuis bien longtemps rejoint les rangs de la redite, le britannique prouve que la créativité n’as pas d’âge. Voilà un disque audacieux qui ne sombre jamais dans la facilité et ne contient aucun temps faible. On y trouve de tout, un mélange de pop baroque et de cuivres 80’s, Blackstar, un instrumental progressif et psyche, Tis a Pity She Was a Whore, une plage d’indie rock aérienne, Lazarus, et même un flirt avec l’indus sur Sue. Ce disque testament est donc à l’image de son concepteur et conclut une carrière brillante et éclectique dont l’influence n’est pas prête de s’éteindre.

 

 

01 – SWANSa0861320350_10

The Glowing Man

Déjà auteur du meilleur album de l’année 2014 avec le chef d’œuvre To Be Kind, Michael Gira et sa bande clôture aujourd’hui une ambitieuse trilogie entamée il y a quatre ans. Comme sur ses précédents albums, Swans développe des titres à l’architecture monumentale d’une créativité incroyable. Étalant leurs compostions de façon démesurées, jusque 29 minutes pour le titre le plus long, on ressort de là avec l’impression d’avoir écouté une gigantesque improvisation réglée au millimètre. Essayer un album de Swans, c’est vivre une expérience chamanique intense, un voyage oppressant et grandiose où chacun trouvera un chemin différent. Voilà un album audacieux de rock psychédélique qui fait un bien fou, loin des conventions. Du grand art.

 

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