Mai, Juin, Juillet 2018 en 25 albums – part 3

Mai, Juin, Juillet 2018 en 25 albums – part 3

17 août 2018 0 Par Vincent

Alors que la période des festivals bat son plein, accompagnée de son lot de découvertes musicales en tous genres, on en oublie pas pour autant de partir à la recherche d’albums de qualité. Comme d’habitude, on se projette aux quatre coins de la sphère musicale, en route !

La playlist qui va bien 

 

Let’s Eat Grandma – I’m All Ears 

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Cette citation de Corneille sied à merveille au duo Let’s Eat Grandma qui du haut de ses 17 ans vient de livrer un fantastique et bluffant second album. Portée en partie par la productrice Sophie et Faris Badwan du groupe The Horros, les deux ados impressionnent par la complexité de compositions électropop fourmillant de trouvailles. Elles conservent ici une fraicheur intacte, le tout sans perdre ce côté weird que l’on affectionne tant. Brillant !

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Deafheaven – Ordinary Corrupt Human Love 

Trois ans après le colossal New Bermuda, le quintette américain continue son petit bonhomme de chemin avec ce 4ème album, plus lumineux et plus sage aussi. C’est désormais le post rock qui a clairement pris le dessus, les inspirations black métal étant surtout perceptible dans le chant de George Clarke et quelques passages bien sentis du batteur Daniel Tracy. Cet éblouissant album, dont on ressort fortement secoué émotionnellement, marque une étape de plus dans la carrière de Deafheaven, groupe ô combien important dans la sphère rock métal.

 

Biffty & DJ Weedim – La Potence 

En commençant son album avec une ôde à la bouffe bien grasse, Biffty nous indique clairement où l’on met les pieds. Fondateur du Patapoufgang avec son frère Julius, le parisien fait dans un rap parodique jubilatoire, accompagné ici de DJ Weedim. Celui-ci signe là des productions saignantes et agressives pleines d’une énergie punk. Après Lorenzo, voici venir un nouvel apôtre du second degré dans un rap français qui en a bien trop longtemps manqué.

 

Them Are Us Too – Amends 

C’est aussi parfois dans la tragédie que survient l’inspiration. Suite au décès de son alter ego musical, Kennedy Ashlyn a trouvé la force de faire revivre le projet Them Are Us Too pour un dernier album poignant. Entre Shoegaze et dream pop, elle parvient à nous toucher en plein cœur comme sur le magnifique Grey Water où sa voix enchanteresse fait des merveilles. On y perçoit des influences évidentes comme The Cure ou encore Chromatics sur cet album court mais intense.

 

Jay Rock – Redemption 

C’est l’un des outsiders du rap US les plus estimables du Game. Grand ami de Kendrick Lamar, Jay Rock publie son troisième album, solide,nuancé et procurant la vertigineuse sensation d’une plongée immédiate dans les rues de Los Angeles d’où il est originaire. On passe facilement d’une ambiance vaporeuse, Troopers, Knock It Off, à un climat plus menaçant, King’s Dead ou encore le captivant ES Tales. Sous le soleil californien, Jay Rock continue de briller, un second couteau talentueux qui nous déçoit rarement.

 

Liam Singer – Finish Him 

Finish Him, cinquième album de l’américain Liam Singer est l’une des belles découvertes indiepop de ces derniers mois. Jouant constamment sur un fil entre rock baroque grandiose à la Arcade Fire et un côté théâtral assez casse gueule, il frôle parfois le mauvais gout mais ne franchit heureusement jamais la ligne. On appréciera fortement les changements constants d’ambiance d’un disque ambitieux finalement assez intemporel et qui devrait contenter les amateurs du genre.

 

DJ Richard – Dies Irae Xerox 

Désormais implanté à Berlin, le new yorkais DJ Richard a sans doute dut fréquenter certains coins obscurs de la capitale allemande pour accoucher de certaines de ces nouvelles et ténébreuses compositions, Vanguard, Tunnel Stalker. Industriel et clinique, cet album n’est pourtant pas dénué de moments plus évasifs laissant libres courts à des pensées plus profondes et rêveuses, le très doux Final Mercy ou l’onirique Dissolving World. Mine de rien, les bons albums d’électro ne courent pas les rues, il serait vraiment dommage de passer à côté.

 

Pariah – Here From Where We are 

Il a pris son temps mais il y est finalement arrivé. Huit ans après la sortie de l’EP Safehouses, Pariah publie enfin son premier album.  Oublions rapidement cette vilaine pochette et concentrons-nous sur l’essentiel à savoir ce subtil mélange d’électro et d’ambient. Le londonien a concocté des compositions harmonieuses en prenant soin d’éviter toute facilité. Organique façon boards of Canada sur Drugs The Lake, ailleurs plus  métalliques sur le fascinant Log Jam rappelant immédiatement les productions hypnotisantes de The Field ou Steve Reich.  

 

The Far Out Monster Disco Orchestra  – Black Sun 

Plutôt que de concevoir un énième disque de samba, les brésiliens d’Azymuth, au cœur du projet,  ont jeté leur dévolu à la scène disco. En résulte ce disque chaleureux gorgé de basses funky, de house originelle, un bond en arrière rafraîchissant ne tombant jamais dans une quelconque parodie des illustres figures de ce courant musical. Idéal en cette période estivale, Black Sun s’avère plaisant à toute heure, un réveil efficace tout comme la bande son parfaite de vos futurs apéros près de la piscine.