La [PIAS]Nite, ou pourquoi aujourd’hui j’aime les belges.

foule
Nos photos sont floues, et peut être que nos souvenirs le sont aussi, mais si il y a bien une chose dont je suis sure aujourd’hui, c’est que j’aime les belges. Non, pas pour leurs cornets de frites. Non, pas pour leurs bières. Et non, pas pour leurs Manneken-Pis. Aujourd’hui j’aime les belges, parce qu’ils faut l’avouer, niveau organisation d’événements musicaux, ils nous mettent une sacrée raclée (et c’est un euphémisme).

Le rendez-vous était posé et attendu depuis décembre, 14 mars 2014, Tour&Taxis de Bruxelles… La [Pias]Nite. Déjà, qu’on soit bien clairs, je n’avais JAMAIS entendu parlé de ce lieu. Moi Bruxelles, je la connais plus pour l’Ancienne Belgique et le Forest National pour leurs concerts de rock bien comme il faut (Disturbed, A Day To Remember, toussa toussa.) que pour de grosses soirées électro. Oui, oui, c’était en quelques sortes mon dépucelage (auditif) de musique électronique Bruxellois, toute une histoire. Vous imaginerez donc ma surprise une fois arrivée sur les lieux. Tour&Taxis, ce n’est pas UNE salle. Mais un regroupement de bâtiments, surement d’anciens hangars industriels, regroupant chacun plusieurs salles (Un peu comme La Tossée, pour les lillois). Le truc énorme quoi (et là encore, c’est un euphémisme).

PiasNitesMusicToKnow-59c8c6Vous imaginerez donc encore plus ma surprise une fois à l’intérieur… C’est beau. Si, si, je vous jure. Pas du tout froid et abusivement grand. Enfin si, mais les organisateurs l’ont joué fine en aménageant une salle centrale (qui desservait les salles de concerts) remplie de bars, de casiers (pour poser tes clés de voitures, ta veste, ou alors… ton amour propre après la bière de trop), et de… Transats. Je vous jure. Sur de l’herbe et tout. Y’a pas, ils sont forts ces belges.

[Pix01]Bon, après un petit tour, une (presque)embrouille pour savoir qui garde la clé du casier, et l’achat inévitable de jetons boissons (J’ai dis que ce n’était pas pour leurs bières que j’aimais les belges, pas que je n’aimais pas la bière), c’est parti pour le premier set. Et attention, on commence avec Vitalic, oui monsieur! Bon, c’est… classique. Pas dingue, pas extraordinaire, pas non plus dérangeant, ni mauvais. C’est bien pour se mettre en jambe, mais pas franchement mémorable.

A vrai dire, moi j’étais déjà ailleurs. La [PIAS]Nite, moi, j’y allais pour un homme, une seul, un vrai… Kölsch. Oui, je sais, ça fait un peu nom de viking, mais à 1h30 (oui, déjà !) quand son set a commencé, c’est un viking qui a ravi mes oreilles. Kölsch, c’est un peu un magicien de la musique électronique. Pas besoin de 30 minutes pour se mettre dans l’ambiance, à peine le set débuté, il a emmené le public de cet énorme hangar très (très) loin avec lui en à peine deux coups de notes électroniques. L’intégralité de son répertoire y passe, ou presque, et au moment où je sens que la communion opère, je prends juste 30 secondes pour me retourner et regarder les gens autour. Vous avez déjà fait ça ? Croyez moi, ce jour là, à cet instant là, les prêtres de toutes religions, c’était des petits joueurs. C’est un peu comme si il avait hypnotisé toute la salle, et connecté tout le monde ensemble. J’attendais comme le messie le morceau “Oma“, et “Goldfish” (comme la plupart des gens présents je crois), et croyez moi : c’est fou. C’est beau, mais avant que j’ai le temps de m’en rendre compte, il faut filer voir “Paul Ka'”.

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Bon, au risque de me faire flageller par les fans de musique électronique, moi Paul Kalkbrenner (Oui, j’ai vérifié -deux fois- sur Google pour l’orthographe), avant de voir son nom sur l’affiche de l’événement je n’en avais JAMAIS entendu parlé. Genre JAMAIS. Et en fait, une fois que j’avais écouté ces albums, j’ai compris pourquoi. A la base, Monsieur Paul Ka’, sa musique, c’est pas du tout mon truc. C’est agressif, presque oppressant. Mais je voulais le voir, au moins un peu, parce que dans la bande de noctambules que j’avais rejoins pour l’occasion, les débats étaient nombreux à son sujet. “Mais noooon! Kölsch c’est mieux !” – “Non mais ATTENDS ! Paul Ka’ quoi !” – “T’es dingue, musicalement, c’est juste carrément mieux“… Vous avez l’idée. Du coup, je voulais juger par moi même, en vrai. Et là, allez savoir si c’est parce que ce monsieur a un karma d’enfer, ou si c’était le destin, mais j’arrive devant la scène au moment le plus parfait… “Sky and Sand“. CE morceau. Si son album m’avait un peu fait peur, ce morceau m’avait enchantée, et c’est peut être du aux paroles : “In the nighttime when the world is at its rest, you will find me in the place I know the best. Dancin’, shoutin’ and flyin’ to the moon…“. Croyez moi, entouré de gens que vous adorez, et après quelques bières (je suis obligée de l’avouer) ces phrases prennent tout leur sens et ce morceau il en deviendrait presque surnaturel. Tu oublie tout ce qui t’entoure, et tu vis juste pour les basses (qui risque pourtant de te faire frôler la crise cardiaque). Ton monde s’arrête pendant 8 minutes, et crois moi, tu n’as plus envie d’atterrir. Et en fait, c’est un peu ce qui c’est passé. J’ai vu des trucs chouettes et j’ai entendu des trucs géniaux après ce set, mais je pense que vous avez eu là l’essentiel de ma soirée.

En conclusion, la [PIAS]Nite, c’était fou. Magique. Alcoolisé, c’est vrai. Mais carrément inoubliable. Alors faites moi plaisir, que vous soyez de fervents fan de deep et de minimal, ou que, comme-moi, vous êtes plutôt des érudits à l’origine, si un jour vous avez l’occasion de vous rendre a un tel événement, mettez de côté votre égo d’appartenance musicale et tentez le coup. Peu importe ce que vous aimez en fait, c’est le live qui fait tout, la musique reste de la musique, et l’effet de communion marche à chaque fois. Et des fois, comme ce soir, c’est juste bien plus magique que d’autres jours. Mais ça, faut le voir (le vivre) pour le croire.

Photos : Musictoknow & la team culturovore.

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