REPORT – À travers les Nuits Secrètes

Festival habituel pour finir notre mois de juillet, on s’est une fois de plus laissé porté au fond de la campagne du Nord, à Aulnoye-Aymeries, aux Nuits Secrètes. Retour sur notre périple.

Pas de grand changement cette année. La disparition de la boîte de nuit, remplacé par l’Eden toujours dans sa version industrielle, ouvert à tous pendant la nuit du samedi soir. La troisième scène Station Secrète toujours appréciable, mais pêche durement côté qualité de son.

Un public toujours aussi hétéroclite avec festivaliers acharnés, troisième âge, noctambules, ado, et bien d’autres. Les Nuits Secrètes grandissent en restant fidèle à leurs convictions avec un panel sympathique de gastronomie (attente un peu longue aux heures phares) et une carte de bar empli de produits locaux. On aime !

On ouvre notre vendredi avec Alpha Wann, peu de public avec les problèmes d’entrée un peu longue ce vendredi. Le membre de l’Entourage montre une belle énergie et semble très heureux d’ouvrir le festival sur la grande scène. Idéal pour démarrer notre périple. On continue avec une belle découverte de cette édition, L’entourloop. Du ragga bouillant joué par des vieux briscards. Premiers pogo du festival sous un Eden chaud patate ! Changement radical d’ambiance avec Jeanne Added. Une électropop dont on est connaisseur (troisième fois pour nous en moins d’un an). La française est comme d’habitude impeccable et chante parfaitement bien tout en impulsant à ses compositions l’énergie qu’il faut pour adapter des compositions studios plutôt posé.

Vu maintes et maintes fois, Salut c’est cool reste notre meilleur concert du vendredi. Jouant toujours plus ou moins leurs titres les plus connus, leurs prestations live restent totalement jubilatoire. Des déguisements en veux-tu en voilà, des paroles foutraques par ci, des slams par là. Une heure de douce folie au tempo élevé. On se dirige un peu à reculant vers M, car il faut avouer que ses albums studios ne sont pas notre tasse de thé. Si on regrette l’absence de musiciens à ses côtés, on ne peut que saluer l’énorme présence scénique de Matthieu Chedid. Ce guitariste livre un show impeccable avec d’excellentes idées visuelles et de mise en scène. En pleine tournée pour leur dernier album, Hot Chip nous comble avec un live parfaitement exécuté. Piochant dans toute leur discographie, les britanniques nous offre une heure de bonheur. Pour clôturer la grande scène, les français de Bon Entendeur assure le minimum syndical. Pas très inspiré et sans l’once d’une pointe d’originalité, on reste plus par politesse qu’autre chose jusqu’à l’inévitable Le temps est bon repris en cœur par toute la foule encore présente.

Après une journée pluvieuse, le temps se lève pour notre première concert. Antoine Pesle investi la troisième scène. Rien d’exceptionnel, très plat, et mal desservi par un son vraiment très moyen, on en sort déçu. Quelques pas après nous voilà devant Blood Red Shoes. Ils sortent un rock assez orienté garage, pas très séduisant. On reste dans les parages, mais sans particulièrement apprécier le moment. Retour sur la micro scène en présence de Léonie Pernet. On adore son album, et la retranscription sur scène est sympathique. Une musique très percussive, provoquant un fort entrain. Une fois de plus, l’artiste n’est pas mis en valeur par la sonorisation de la scène.

Retour avec Roméo Elvis, entouré de musiciens. Un show sans demi mesure, avec une énergie de dingue. Les morceaux s’orchestrent parfaitement, et on ressort léssivé, mais heureux ! Filmé en gros plan pendant une bonne partie du show et projeté sur écran géant, la superstar Paul Kalkbrenner livre un set convenu dont on a déjà entendu des dizaines de fois, mais ça reste agréable ! On passe vraiment un bon temps. On continue le virage électro avec Dima. Alias de Vitalic réveillé il y a peu, on est charmé par sa prestation live dont le son s’avère plus dur, plus âpre que ses autres pseudonymes. C’est parfait pour l’ambiance sous l’Eden façon boîte de nuit ! On termine cette soirée avec Onyvaa dans une prestation live. La californienne nous livre une techno mélodique joué de manière analogiques. Les sons sont bruts, sans fioritures et percutants. On aime finir dans cette ambiance.

En arrivant sur le site, on se heurte à la scène de l’Eden remplie de personnes âgées reprenant les standards du rock animé par un chef d’orchestre en pleine forme. The Mamys and the papys s’avèrent très plaisant avec un public empli de bonnes vibes. Changement d’ambiance avec Columbine, et surtout déception. Un son surchargé en basses ne donne aucun relief aux titres. Et bien que le duo se démène sur scène, Columbine en fin de compte, c’est bien chez soi posé. Le live n’apporte strictement rien et anéantit totalement le coté un peu évasif que l’on aime tant chez eux.

Désormais cinq les anglais de Metronomy ont rarement déçu et ce soir ils sont dans une forme olympique. Un show millimétré laissant peu de place à l’improvisation et une véritable invitation à danser. La bande de Joseph Mount enchaine des petits bijoux d’électro-pop, jouant au passage quelques titres du nouvel album à venir. Grosse énergie côté Thylacine avec son album contant son récent voyage en Amérique du Sud. Le compositeur français délivre une prestation époustouflante. Le live est parfaitement rodé, le son est de qualité, les visuels magnifiques, les lumières impeccables. On fini avec une grande scène archi bondé d’un public forcément très jeune. Alternant habilement entre tous ces albums, Nekfeu montre toutes ses qualités de rappeur et n’hésite pas à mettre en avant ses compagnons de route. Un show travaillé, bien huilé, dommage que l’ingénieur du son ait encore poussé le potard des basses un peu trop fort.

Texte : Gauvain, photos : Maxime

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