Et ses fidèles au rendez-vous !

REPORT – Bxl Mon Amourrr

Dernier week-end d’octobre, à la périphérie de Bruxelles, au Kart Expo, les amateurs d’électro sont ravis. Jugeant trop long l’attente jusqu’à la prochaine édition de Dour, l’équipe organisatrice du festival nous donne rendez-bous pour dix heures de sons avec de beaux noms. Retour sur un rendez-vous en devenir.

Amélie Lens, grosse techno dès 21h
Amélie Lens, grosse techno dès 21h

Au milieu d’une zone industrielle, aux abords du ring de Bruxelles, un gigantesque hangar résonne. Première édition d’un petit nouveau, Bxl Mon Amourrr proposé par Dour, a la volonté à la fois de créer un nouveau rendez-vous pour les fans de Dour, mais aussi de rendre hommage à la capitale belge. Étant prévu au milieu de l’automne, l’évènement a lieu sous hall, dans une ambiance brute rassemblant sol bétonné, architecture métallique, et toit en tôle. La première scène offre un espace plus grand, et doit être traversée pour arriver à la seconde. Un bar se situe aux abords de chaque hall proposant une pinte de Jupiler à cinq euros, des softs à deux euros cinquante, et même des alcools forts (avec soft) à sept euros cinquante. On est heureux de retrouver des tarifs bien plus raisonnables par rapport à Dour. Des toilettes chimiques sont installés à côté du coin fumeur, permettant de faire resurgir la nostalgie des festivaliers du terril. L’installation lumineuse immisce complètement le public dans l’ambiance à l’aide d’une panoplie incroyable de projecteurs braqués sur la scène et celui-ci. Les mouvements sont travaillés, et complètent parfaitement l’atmosphère des halls. Bxl Mon Amourrr démontre à l’aide de son système son aux petits oignons un équilibre rarement entendu. Si tous les festivals pouvaient être à ce niveau sonore !

Une force de ce nouveau rendez-vous provient de son équipe d’organisation, celle du festival de Dour. Ils connaissent le métier, et peu de défauts sont présents pour cette première édition. Toutes les conditions sont réunies pour créer une fête parfaite, et en plus à taille plus humaine. Ne dérogeant pas à la bienveillance habituelle, et à la bonne humeur générale du public et de l’organisation belge, le festival a été un vrai havre de paix durant toute la timide et froide nuit. Exit la friture omniprésente à Dour, les deux foodtrucks proposaient une nourriture plus diversifiée, mais leurs positions à l’extérieur du festival couplé au fait qu’ils acceptaient uniquement les espèces n’ont pas permis la pleine utilisation de ce service.

Loin de son aîné, cette première édition affiche dix artistes au compteur. Revendiqué électro dès le début, on peut leurs reprocher un line-up un peu trop facile, trop classique, tout de même compensé par quelques petites surprises. Lancer un festival sans tête d’affiche c’est difficile, et encore une fois, au public de décider la direction prise par les festivals. L’achat est un geste militant ! On comprendra rapidement que le public réuni dans cette soirée est loin des stéréotypes habituels.

Nous arrivons effectivement au festival sur les coups de 21h, loupant de peu le résident du Fuse, Pierre. Une seule scène est pour l’heure allumée, et en se rapprochant de celle-ci, on aperçoit rapidement qu’elle est déjà aux trois quarts pleine. Une surprise confirmant bien la qualité du public réuni. Trop rares sont les festivals avec un public avant 00h, et on pense bien qu’Amélie Lens et Pierre sont responsables de la foule. Un constat permettant de démontrer qu’il existe un public motivé pour le chamboulement des recettes classiques de festival.

Il faut dire qu’Amélie Lens, l’une des étoiles montantes de la techno, nous propose un set parfait. Pas évident de se plonger dans une techno si sombre à cette heure précoce, et pourtant la jeune productrice belge nous aspire dans son set, nous accompagnant d’une énergie rare et de beaux sourires. Les notes de son Exhale à la fin de sa prestation achèveront de nous convaincre de la beauté du moment. Découverte pour notre part, Jackmaster venu d’Écosse poursuit la trajectoire d’Amélie. L’ancien disquaire ne produit pas de musique, et on ne peut pas lui en vouloir. Il manie avec brio l’art du DJ set. Pendant une heure et demie, il nous offre un set très techno, ne laissant pas une seule personne se refroidir du début de soirée.

Afin de varier les plaisirs, on se dirige vers la Hall 2, et on assiste au début du set de Weval. Vu au Pukkelpop en août dernier, on regrette la composition d’aujourd’hui. Effectivement, ils ne sont pas accompagnés du batteur et ne proposent “qu’un mix” de leurs morceaux. Dégageant une énergie trop molle après avoir inondé nos oreilles de techno, nous ne sommes pas transporté par leur univers si onirique. On recommande de les voir en live pour apprécier la grandeur de leur art ! Pional, prends le relai et s’inscrit dans la continuité. Ses morceaux de house aux accents de pop sont malheureusement un peu trop plats. Cette sensation provient sûrement du début très techno de notre nuit, habituant nos oreilles à une musique plus rythmée. Sans plus attendre, retour vers le Hall 1, où Apollonia propose un mix à six mains. Shonky, Dan et Dyed opèrent de mains de maître, et proposent un set à la croisé de la house et de la techno. Le trio français se fait trop rares dans nos contrées. Largement connus dans le monde, les comparses ne sont pas à leur premier coup d’essai, et nous ne passerons pas une seule minute sans danser pendant leur set.

N'to clôture le hall 1
N’to clôture le hall 1

Nouvelle tentative avec le Hall 2, et Max Cooper. Ancien scientifique, il crée un univers musical unique à l’aide de mélodies envoûtantes. Pas loin du niveau de sa mythique Boiler Room, l’anglais nous hypnotise avec sa techno aux goûts d’Aphex Twin pour la froideur, mais remplit d’émotions. Il comble nos attentes et nous transporte dans son monde. Le temps file, et c’est avec une pointe d’amertume qu’on se dirige déjà vers la clôture du Hall 1. N’to s’en charge avec un live. Difficile de critiquer la performance de l’artiste tant vu et toujours au top. Bien qu’il intègre son nouvel EP dans la prestation, on comprends que la performance puisse lasser, se ressemblant inexorablement à chaque nouveau live. Pour l’heure, il nous est difficile de bouder le plaisir, mais le renouveau serait bienvenu. Originaire de Detroit, Carl Craig fait résonner les dernières notes de cette première édition. Tête d’affiche de cette première édition, il a vu naître la techno outre-Atlantique dans sa ville natale, et est associé au genre depuis ses débuts. Oscillant entre jazz, et musique électronique, il se renouvelle sans cesse, et propose un set house de qualité sans être transcendant. Il fait le job, mais ne nous surprend pas particulièrement. Un final en grande pompe clôturant le festival à 4h. Le changement d’heure aidant, la soirée de dix heures se termine à heure raisonnable.

Belle première édition pour ce nouveau festival. Une ambiance au top, une programmation assez classique mais avec quelques essais, un lieu parfaitement investi, des prix de consommations plus que raisonnables. On regrette malgré tout la jauge remplit qu’à 70%, et donc un manque de monde. En espérant une seconde édition très rapide, et dans les mêmes termes.

Texte et photos par Camille & Gauvain

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