REPORT – Godspeed You! Black Emperor à La Condition Publique

Après plus de vingt ans de carrière couronnée de nombreux succès critiques, les canadiens de Godspeed you ! Black Emperor ont refait surface en ce mois de septembre avec leur sixième album Luciferian Towers. Considéré comme l’un des groupes les plus influents du mouvement Post Rock, ils sont également connus pour proposer des performances lives des plus captivantes. Participer à un concert de GYBE, c’est laisser derrière soit le monde et décoller vers des contrées lointaines où de grandes plaines désertes se confrontent à l’enfer urbain, les décors grandiose mêlés aux espace intimistes. Si vous vouliez vivre une expérience musicale intense, c’est dans la superbe salle de la Condition Publique qu’il fallait être ce dimanche 22 Octobre.

C’est la Danoise Mette Rasmussen qui a été chargé d’ouvrir le bal. La Saxophoniste, seule sur scène proposera durant près d’une demi-heure une musique très expérimentale, rappelant par instant les travaux de Colin Stetson, du moins dans le style de jeu. C’est surprenant mais on a bien du mal à se raccrocher à quoique ce soit. La musicienne suscite d’avantage d’intérêt lorsqu’elle s’empare de pédales d’effets. Tout cela est très technique mais on ne ressent pas grand-chose, elle gagnerait sans doute à se faire accompagner par d’autres musiciens. Elle conclue le tout sur une reprise psychédélique de l’hymne américain.

Après une très longue introduction durant laquelle une nappe atmosphérique monotone viendra remplir l’espace sonore, les membres de GYBE font leurs apparitions. Loin des formations rock traditionnelles, le groupe se compose de huit musiciens. Il y a là une violoniste, un contrebassiste, un bassiste, un percussionniste, un batteur et trois guitaristes. Les membres se disposent sous la forme d’un grand cercle et c’est ainsi que deux des musiciens joueront avec le public dans le dos durant tout le concert.  Comme on pouvait s’y attendre, l’éclairage est d’une sobriété totale. Ici pas de jeu avec les spotlights, l’essentiel est ailleurs.

Derrière le groupe se trouve un immense écran géant taille cinéma. Les vidéos projetées vont accompagner à merveille la musique du groupe. Plutôt expérimentale avec un usage massif du split screen, on y retrouve beaucoup d’espaces urbains quasiment déserts où errent des âmes solitaires. Un état du monde actuel où la colère s’exprime par des manifestations.

Le concert de ce soir évoluera de façon crescendo pour nous amener inévitablement vers la transe, totalement transporté par une musique ensorcelante joué pendant près de deux heures avec une précision millimétrée. Mette Rasmussen viendra faire une apparition et son saxophone y sera d’ailleurs bien plus intéressant à entendre ici. On se surprend à fermer les yeux pour apprécier encore d’avantage l’atmosphère crépusculaire de certains titres. Connu pour leurs discrétions médiatiques, les musiciens n’auront pas prononcé un seul mot durant tout le live. Après un récital aussi puissant et envoûtant, on trouve difficilement les mots pour qualifier notre ressenti. On préfère s’attarder à lire dans les yeux des spectateurs quittant la salle, conquis. Ces regards ne trompent pas, le concert de ce soir était brillant.

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