REPORT – José James à l’Aeronef

Signé par le prestigieux label Blue Note, José James est indéniablement devenu l’un des artistes de Jazz contemporain les plus respectables et recommandables. Tout au long d’une discographie prolifique, il a su amener le genre vers toujours plus de modernité en l’enrobant d’influences soul et hip hop. On se souvient encore du choc que fut le passionnant et subtil album Blackmagic, traversé de cette voix chaleureuse, celle d’un crooner des temps modernes. Depuis, il en a fait du chemin, toujours accompagné de musiciens à la technicité exemplaire. En ce début du mois de Novembre, L’Aéronef nous offrait l’occasion parfaite de venir se blottir dans une musique cotonneuse et aventureuse.

Profitant d’une affluence limitée, une centaine de personne environ, les organisateurs ont installé canapés, chaises et tables basse  dans la salle, donnant un petit côté club de jazz pas déplaisant, bien au contraire. La première partie a été confiée à Acid Jazz Machine, un duo français  évoluant dans un registre de jazz-funk coloré.  Sous une lumière tamisée bleue, les deux musiciens distillent une musique chaleureuse. La technique est également au rendez-vous, que ce soit le pianiste jouant également la basse ou un batteur au groove d’enfer. On aura notamment retenu l’enjoué Salsa du mardi et son aspect cinématographique, genre buddy movie. Après trente minutes de show, il est temps de laisser place à la tète d’affiche de la soirée, non sans avoir offert une reprise pour le moins surprenante du Thriller de Michael Jackson.

José James débarque vers 21h20, lunettes noires vissées sur la tête. Il est accompagné ce soir d’un batteur, un bassiste et un pianiste. Dès les premières secondes, la voix est là, fidèle à ce que l’on pouvait attendre de lui. Le jazz soul Blackmagic vient immédiatement nous réchauffer les oreilles. C’est doux, chaleureux et plein d’un groove léger. 

Le chanteur communique beaucoup avec un public pour le coup plutôt effacé, enfin surtout au début. Il nous parle d’un show difficile vécu il y a peu faute à une audience trop sage. Pour sentir l’atmosphère et motiver la foule, il n’hésite pas à descendre dans la fosse et à venir rencontrer son public aux quatre coins de la salle.

Il revient sur scène avec le magnifique Let it fall tiré de son tout dernier album. Un morceau sobre et intimiste plein de soul superbement interprété. De son dernier opus, on entendra également To be with you situé dans la même veine. Une voix de velours, un piano cajoleur, une section rythmique posée, du miel pour les oreilles.
José James ce n’est pas que du jazz et il nous le prouvera ce soir. Tout d’abord en partant vers des territoires plus rock lorsqu’il s’empare de sa guitare électrique, proposant même une reprise de The Man Who sold the world de David Bowie. Par la suite, il s’oriente vers le hip hop et fait là encore preuve de beaucoup de talent. Il y a notamment ce passage où il formera un duo voix-batterie très impressionnant. On notera que le batteur jusque-là plutôt discret se révèle totalement, une capacité d’improvisation remarquable. Pour faire lever un peu le public, rien de mieux qu’un peu de pop funky. Live your fantasy rappelle par moment l’univers de Bruno Mars ou encore Robin Thicke et permet d’affirmer encore plus l’ouverture musicale constaté ce soir et au passage de faire danser les filles.

Vous l’aurez compris, ce concert fut un régal. Rares sont les artistes à pouvoir naviguer aussi facilement entre les genres. Bien qu’il soit forcément au centre des attentions, José James aura aussi parfaitement su s’effacer pour laisser parler ses musiciens, ceux-ci prenant dès lors un malin plaisir à étendre subtilement ces délicieuses compositions.

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