REPORT – Le N.A.M.E. résonne le temps d’un week-end

REPORT – Le N.A.M.E. résonne le temps d’un week-end

24 octobre 2018 0 Par Gauvain

Rendez-vous annuel du début d’année scolaire, le N.A.M.E. anime le temps d’un gros week-end la métropole lilloise de font en comble à travers un déluge d’événement. La ville résonne à coup de basse, et donne une véritable âme au festival et une certaine ambiance générale, notamment à travers le petit Moog (bar à DJ), chez Vinyl Dealer, au cœur de St So, et bien d’autres lieux. Un élan fortement appréciable, non sans rappeler en moindre mesure les Nuits Sonores lyonnaises. Nous avons arpenté durant les trois jours La Condition Publique et Le Grand Sud afin de voir les grands noms de la scène actuelle électro.

Dans le cadre d’un ancien complexe de textile, au milieu de Roubaix, La Condition Publique est un lieu culturel fortement dynamique. Petite ruelle en pavés, halls à grande hauteur de plafond, brute d’apparence, un endroit parfait à l’âme industrielle pour la folie électro se préparant. À peine arrivé sur le site, on se glisse doucement devant Peo Watson b2b Mainro. Les deux DJ locaux nous offrent un set maîtrisé, bien dansant, ponctué de sons de confectionner par leurs soins. Un warm-up de qualité annonçant que la soirée commence dès 22h ! On enchaîne sur un second b2b entre The Hacker, figure emblématique de la scène électro française et Job Jobse, petit protégé de Dixon. À deux, ils offrent un set à la sélection à la fois incroyable et surprenante, ne lâchant jamais un rythme effréné, parfait pour continuer notre petit chemin. Place à la marraine du festival, Ellen Allien. Présente à toutes les éditions, on comprend encore une fois pourquoi ! L’allemande présente nous sert un set très techno teinté d’acid et de minimal. Un moment fortement agréable duquel on se force à bouger pour aller voir Agoria. Valeur sûre de la techno à la française dans le monde entier. Un set puissant, et hyper entraînant ! On reste scotcher par la performance, à tel point qu’on ne bougera pas une seconde à l’arrivée de Stephan Bodzin. Le producteur offre une pléthore d’extraits de son mythique “Powers of Ten” sans beaucoup autres nouveautés. Les titres sont réinterprétés en live, notamment à l’aide de son synthé moog et la grandeur du lieu ajoute la résonance nécessaire à l’embellissement des morceaux, dégageant une profondeur dans les nappes de synthés appréciables ! On passe rapidement jeter une oreille à Marcel Dettmann. L’allemand comme à son habitude, cogne avec des rythmiques basses brutes et un set violant devant un public chaud. Il a raison de nous, et peu nous en faut avant qu’on plie bagage vers notre demeure.

Direction Grand Sud en ce samedi soir, une seule scène, à Lille Sud. Bien moins de charme dans ce lieu provoquant une sensation de passe-partout actuel en ressenti. En entrant dans l’entre noir, on est quand même submergé par un immense écran servant au vidéo-jockey (VJ). En effet, particulièrement cher au festival, des animations visuelles sont projetées derrière les artistes sur scène, en parallèle de la musique. En adéquation avec l’éclairage des projecteurs, elles rajoutent un sens au voyage procuré par la musique, et pour le coup nous sommes subjugués par les visuels de ce samedi. Pour accueillir nos tympans, Agents of Time, un trio italien ! Un live exécuté à six mains ampli de machines délivrant une musique énergique proche de la techno, assez primitive. Une atmosphère très cosmique pour un voyage temporel surprenant. Enchaînement parfait avec Mind Against, véritable coup de cœur. Une musique bipolaire, à la fois avec des moments lourds à bases de gros kicks et lignes de basses pesantes, mêlée au flottement des arpèges synthétiques. Une techno hypnotique, nous scotchant à la performance, et dont on s’arrachera difficilement quelques minutes avant l’arrivée de Paula Temple afin de garder un souvenir agréable et léger de notre soirée.

Dernier jour de festival, on pénètre dans les lieux à l’heure de la sieste, non loin de la fin de la performance d’APM001. Organisateur du festival, et loin d’être inconnus du public lillois avec leurs soirées Family N.A.M.E, les trois comparses font vrombir l’unique salle de la Condition Publique ouverte en ce dimanche. Un DJ set à quatre mains surplombé par les deux autres au VJ dans une communion entre images et sons. Ils sont rapidement remplacés par la lourdeur du set de Patrice Bäumel. Agressif, et brute de décoffrage, on se surprend à se perdre dans la notion du temps, et à se croire à bien des moments au milieu de la nuit tant l’ambiance au sein de l’ancienne usine est à son paroxysme. Ce n’est pas le duo italien Tale of Us qui va faire retomber le soufflé ! À peine aux commandes, ils vont nous convaincre une fois de plus que le moment présent va rester graver dans nos esprits pour un long moment ! Une maîtrise totale couplée à une progression cohérente compose le set. Notre corps est martelé par un rythme omniprésent. On ne se lasse pas de leurs sets, et une seule hâte nous anime en sortant de la salle, les revoir une fois de plus !