REPORT – Les Nuits Électriques 2017

C’était l’un des rendez-vous incontournables de cette fin d’année. Pour sa sixième édition, le festival des nuits électriques revient aux halls de la filature après un court passage à l’hippodrome de Marcq en Baroeul l’an dernier. Les programmateurs nous ont réservé une affiche plutôt alléchante et varié où la crème de la scène locale (Peo Watson, Octave Parango ou encore David Asko)  a partagé l’affiche avec des DJ à la notoriété plus importante, Modeselktor, Maya Jane Coles et John Talabot.

En débarquant dans la froide nuit s’abattant sur St-André, nous sommes satisfaits de voir que l’organisation est de plus en plus rodée au fil des évènements, canalisant ainsi mieux la horde de festivaliers prêt à en découdre dans l’ancienne filature. Première chose très appréciable une fois à l’intérieur, les casiers qui servent de vestiaires. Très pratique, accessible à n’importe quel moment, le tout pour la modique somme de 4€, sachant qu’on pouvait y mettre les affaires de deux voire trois personnes, un tarif tout à fait correct donc.

On constate que l’occupation des lieux a cependant été revue à la baisse amputé d’un tiers de l’espace. Alors que par le passé deux scènes d’égales dimensions étaient disposé en parallèle, l’une contre l’autre, on aura droit cette année à une grande scène principale, dite salle rouge et une seconde scène plus petite sur le côté, la salle bleue. Celle-ci en souffre, confiné dans un espace trop restreint, et relayant l’ensemble des casiers mis à disposition dans le couloir. Ce dernier déjà saturé par l’accès qu’il permet à la grande scène et aux toilettes, devient un véritable carnage passé 00h.


Arrivé sur les coups de 22h30, nous sommes accueillis par le doux mix de Peo Watson auprès duquel nous allons rester scotchés pendant 2h30. Comme à son habitude, notre star lilloise nous émeut avec une progression intelligente et raffinée. Un remix de Moderat, un morceau de Red Axes, un autre d’Il est Vilaine, les morceaux s’enchaînent, et nos pas de danse s’en réjouissent. On retiendra particulièrement “Cilantro” de H.O.S.H. provoquant une atmosphère très particulière, et
un “Motor Rotor” de Maceo Plex toujours aussi brute et léger à la fois. L’installation lumineuse somme toute assez sommaire n’est pas forcément le point fort de la soirée. Bien qu’assurant le taff, elle ne permet pas un plongeon mental aussi profond que l’on aurait souhaité. 

Sous les coups d’une heure, Peo Watson fini sa prestation sans avoir passé un morceau de You Man… car voilà que les deux comparses arrivent sur scène pour nous jouer un live d’une heure !
Difficile pour nous de ne pas succomber dès la première ligne de basse. Fan absolu des calaisiens, “Tranquilou” nous accueille comme il se doit dans leur univers. Simplissime à souhait, ce morceau est enivrant grâce à ces sonorités proche du didgeridoo cadençant la progression du morceau. Un parfait  apéro pour nous ouvrir l’appétit sur les grands titres du duo. “Indian Summer”, “There Is A Land”, sans oublier leur mythique “Birdcage”, tous les morceaux y passent. Tous ? Non, malheureusement “Who We Are” ne raisonnera pas au sein des halls à notre grand désespoir. L’heure de live défile sous nos yeux sans même qu’on s’en rende compte, et même si le show s’avère très rodé, et sans grande liberté d’improvisation, on prend quand même notre pied, et des étoiles illuminent nos yeux à la fin. Notre première journée s’arrêtera là, notre rédacteur/photographe ayant d’autres impératifs ce week-end, une fois n’est pas coutume il quittera la fête à 2h30.

Retour le Samedi aux alentours de 23h30, on passe un long moment dans la file d’attente pour la fouille. Pas forcément idéal par ces températures glaciales. Passé le contrôle de sécurité, on se presse rapidement à l’intérieur pour se réchauffer. Coté programmation, deux courants principaux se démarquent ce soir. D’un côté des artistes orientés house funk comme Detroit Swindle, Folamour ou Darius. De l’autre, des producteurs martelant une électro techno plus froide et agressive. Octave Parango, David Asko, FKAAJ et les têtes d’affiche de la soirée, les allemands de Modeselektor.

On passe rapidement devant le très prometteur Octave Parango, qui ouvrait la salle bleue. Du peu que l’on en a entendu, propre et surtout très efficace. Dès 00h15, nous nous dirigeons vers la salle rouge en compagnie de Folamour. Le producteur lyonnais commence à se faire un petit nom et on comprend rapidement pourquoi. Tout au long de son set, il aura réchauffé la salle avec sa house chaleureuse rempli de groove, de funk et de bonnes vibes rétro. Idéal pour commencer cette soirée.

La salle commence à bien se remplir, les files d’attente aux toilettes prennent de plus en plus d’envergure. Au bar tout va bien, peu d’attente grâce notamment à un système Cashless très pratique. Pour ce qui est de la carte, c’est plutôt classique, on aura notamment apprécié le Moscow Mule.

On repart dans la salle bleue désormais noire de monde pour assister au set de Darius. On se fait une place du mieux que l’on peut mais c’est bientôt la déception qui l’emporte. Il a beau s’agiter de toute part, la sauce ne prendra jamais. La musique ne décolle jamais vraiment, c’est même parfois ennuyeux. Même son de cloche chez certains de nos voisins qui nous assurent avoir vu des sets bien plus emballants, on ne demande qu’à les croire, une autre fois peut être. On quitte un peu avant la fin.

2h du matin, on se décide d’aller prendre un peu l’air. Interdiction de sortir avec les verres, très étrange surtout dans un espace fermé comme celui-là mais on se plie bien gentiment au consigne donné. On revient alors vers la salle rouge pour la fin de set prenante de Detroit Swindle.  Si il est difficile de résister à cette house aux délicieuses influences 90’s, il sera encore plus difficile de rester immobile devant ce qui s’apparente au point d’orgue de la soirée, le trio FJAAK. Les allemands vont balancer une heure d’un live techno bien sale façon rouleau compresseur, puisant toute l’énergie d’une foule euphorique. L’ambiance est à son paroxysme, le kick a clairement pris le dessus, il y a là des sonorités old school étonnantes.

Pour leur succéder, c’est un autre groupe mammouth qui viendra clôturer la salle rouge. On ne présente plus Modeselektor. Comme à son habitude, Sebastian Szary passe la moitié du show à chauffer le public désormais totalement hors de contrôle. Compact et brutal, ce Dj Set restera comme l’un des grands moments de l’édition 2017, clôturé sur l’inévitable Born Slippy. 6h du matin, il est l’heure de partir. On remet ça l’an prochain ?

Vincent & Gauvain

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