REPORT – À cheval sur les Nuits Électriques 2016

Fin de l’automne, le froid envahit les nuits de la métropoles lilloises. Au centre de Marcq-en-Barœul, l’Hippodrome fume de chaleur. Les Nuits Électriques y ont posé leurs bagages pour une cinquième édition réunissant un large public adepte d’électro pour l’occasion.

Sur le bord des pistes de l’hippodrome des Flandres, le bâtiment accueillant habituellement la tribune, vibre au milieu de la nuit. La raison ? Les Nuits Électriques, cinquième édition ont décidé de s’y arrêter pour deux nuits ! Après avoir écumé plusieurs lieux traditionnels de la métropole lilloise, le festival s’était arrêté en périphérie l’année dernière, aux Halles de la Filature de Saint-André-lez-Lille. Après des différents avec le voisinage, ces dernières n’accueillent plus beaucoup de soirées électro, et un changement de lieu est à nouveau obligatoire pour le festival. Sur le papier, l’idée d’envahir un lieu atypique pour un festival est intéressante. Malheureusement dans la réalisation, on ne peut s’empêcher d’avoir une pointe de nostalgie pour l’année passée. L’hippodrome est en effet un grand espace, mais malheureusement tout en long. Il ne permet donc pas de recréer deux scènes de tailles semblables comme l’année dernière. Les Nuits Électriques proposent alors une grande scène avec la majorité de la programmation, et un mini espace club. Ce dernier est installé dans un petit espace, sans vraiment d’aération, avec un plafond bas. L’idée d’organiser un b2b par soir entre deux artistes est pourtant plus qu’intéressante. Mais dans la réalisation, on retiendra un gros problème de son le vendredi (réglé le samedi), et un espace trop étouffant. La grande scène brille par une qualité sonore irréprochable et une installation lumineuse originale. L’effet couloir pour le public est un peu dommage, mais l’aménagement est bien pensé par rapport au site.

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Côté bar, on retrouve la même offre que l’année précédente, cocktails vodka, vin blanc, champagne, softs, et bières, à des prix raisonnables. Malheureusement, un partenariat avec la célèbre marque de bière belge, transforme la Ch’ti en Jupiler. Niveau alimentaire, un foodtruck propose des frites, un peu juste niveau choix. Des vestiaires payants sont disponibles, gérés par une association extérieure aux Nuits Électriques. Après un premier soir catastrophique laissant nombreux festivaliers avec des objets perdus, le samedi est parfaitement géré. Dûment appréciable, le festival propose des navettes gratuites en dehors des horaires de fonctionnement du tram, permettant de partir quand bon vous semble.

Vendredi

Début des hostilités dans le grand hall avec Max Cooper. Ce génie anglais de la musique électronique propose un set atmosphérique parfait. Un début de soirée parfaitement maîtrisé nous est proposé par l’ancien scientifique. Il crée un univers musical unique alternant ses morceaux aux mélodies envoûtantes, avec des sons plus traditionnels comme du Aphex Twin. L’anglais nous hypnotise totalement à l’aide de sa techno froide emplit d’émotions, nous figeant et comblant parfaitement nos attentes pour un début de soirée de haute volée.

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Les trois comparses d’Apollonia prennent le relais avec un exercice à six mains également parfaitement maîtrisé. Ils proposent un set à la croisé de la house et de la techno. Mixant à tour de rôle, les morceaux s’enchaînent alternant les influences, et un peu à la manière d’un b2b, chaque nouveau morceau essayant de surenchérir le précédent propulsant une énergie incroyable envers le public. Shonky, Dan et Dyed envoûtent littéralement le hall ne laissant aucun auditeur de marbre et ainsi déployant une armée de danseurs n’ayant que pour seul but de se remuer.

La soirée s’achèvera avec Dixon sous la grande salle de l’Hippodrome. Numéro 1 du Top100 de Resident Advisor en 2014, on avait une forte espérance de son set. Peut-être dû aux deux artistes précédents ayant exécuté avec brio leurs sets, nous sommes un peu déçu par la performance de l’allemand. Très orienté deep, ce n’est sûrement pas le meilleur choix de chronologie. Loin d’être sans intérêt, le set nous semblera bien mou pour l’heure avancée de la nuit.

Tout au long de la soirée, les deux stars de la techno belge Charlotte de Witte et Amélie Lens proposeront un b2b bien dark dans la tropical room. Malheureusement, la techno demande une installation conséquente et de bonnes basses afin de rendre hommage au genre. Les nombreuses fois où nous viendrons dans cette espace confiné, nous y goûterons toujours une ambiance suave, pleine de bonheur, et deux DJ essayent de s’exprimer pleinement, mais le son étant tellement fade, nous ne serons jamais emmené par la musique. Pourtant nous avions tellement d’espoir que nous avions répandu l’exercice comme un élément à ne surtout pas rater…n_e_12

Samedi

Retour aux abords de l’Hippodrome, affrontant la froide nuit d’automne afin de retrouver le joyeux public répondant largement présent. Programmation oblige, on pouvait s’y attendre, la foule est majoritairement beaucoup plus jeune en ce deuxième jour, et les noms assez grand public de certains artistes transforme le public de connaisseurs de la veille en plus grand public. Début des hostilités avec Møme, un producteur français de musique chill bien connu pour son titre Aloha. Pas trop fans aux premiers abords du genre de musique, je ne peux que reconnaître la performance du live d’une heure exécuté avec brio. Aux abords des sourires dessinés sur les visages m’entourant, je comprends bien le voyage exécuté par l’artiste auprès des personnes appréciant sa musique.

Changement de registre avec l’homme au masque vénitien. Largement diffusé dans le monde entier, Claptone propose aux travers de ses productions une deep-house passe partout. Son DJ set en est d’une autre manière. Ne se contentant pas de passer ses tubes les uns après les autres, l’allemand exerce un vrai travail musical lors de ses deux heures de son, nous emmenant voyager vers de lointaines contrées tout ébahi par la profondeur du set. Malheureusement, ça sera la douche froide avec The Avener, avec comme on pouvait s’y attendre un set très commercial. Les enchaînements sont maîtrisés, la progression est cohérente, mais nous n’arrivons pas à nous laisser emporter par la sonorité des sons. Il en faut pour tous les goûts !

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Watermät conclura avec brio cette seconde nuit. Un peu à la manière de Claptone, sans trop accrocher à ses tubes, il propose un set cohérent et recherché, avec des sonorités moins grands publics. Adhérant bien plus aux sons proposés par l’artiste, c’est avec douceur que nous atterrirons des deux nuits passées à cette 5e édition des Nuits Électriques.

De même façon que la première soirée, un b2b entre The Mekanism et Un*Deux occupera durant toute la durée de la nuit la tropical room. Est-ce dû au changement de registre passant de la techno à la house ou à un meilleur réglage de l’installation, mais nous retiendrons un son bien plus agréable et parfaitement équilibré en ce second soir. Rendant l’exercice des deux artistes agréables à écouter, et permettant de découvrir la qualité irréprochable du long mix de house de 7h. On aurait tellement aimé qu’il en soit pareil la veille…

Finalement, cette édition nous convint bien moins par rapport à celles des Halles de la Filature, crû exceptionnel. L’organisation reste tout de même carrée, la programmation jolie, et hormis la réelle déception du club, on garde un souvenir agréable de nos deux nuits passées à l’Hippodrome en l’absence de chevaux.

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