REPORT – Périple secret à Aulnoye-Aymeries

REPORT – Périple secret à Aulnoye-Aymeries

31 juillet 2018 0 Par Gauvain

Loti au fond de la campagne du Nord, dans la petite bourgade d’Aulnoye-Aymeries, Les Nuits Secrètes reviennent chaque année, clore le mois de juillet à travers une programmation éclectique ! Retour sur notre périple de deux jours au sein des secrets.

Voilà deux ans que je n’avais pas mis les pieds dans le festival, et les changements sont de mise ! Plus de Jardin, remplacé par l’Eden. Un style bien plus brute au cœur d’une friche industrielle, est à la base de cette scène. Chapeautée d’un toit en vitres rouges, elle offre un design d’enfer ! Une troisième petite scène fait son apparition, au doux nom de Station Secrète. Elle est destinée à promouvoir des plus petits groupes, et notamment locaux !

On découvre avec joie à notre arrivée, la mise en place d’un parking à quelques dizaines de mètres du site. Entre ce dernier, et l’emplacement du festival, se niche le camping au placement idéal. La Bonaventure, fidèle club pour amis noctambules souhaitant prolonger l’expérience nocturne jusqu’aux premiers rayons du soleil, se dresse également à quelques enjambées du reste des installations. Une réorganisation plus que pratique !

Drôles de toilettes !

Aussitôt installé au camping, on file vers les scènes, et on assiste aux dernières minutes de Tshegue ! On a la douce sensation de pénétrer dans une savane, où la foule est en folie, et danse de manière primitive et instinctive sur des sons bruts de différentes origines. Comme une sorte de transe collective qui touche corps et âme de chaque humain entendant les sons ! On regrette de n’avoir pu voir l’entièreté de la prestation ! Un remplissage d’estomac plus tard, armée d’une chope à la main, on est fin prêt pour Meute ! La fanfare entre sur scène pour nous jouer les hymnes de la musique électronique de façon détournée ! L’orchestre-techno composé de xylophones, percussions et cuivres offre un résultat détonnant grâce à la chaleur festive de la fanfare ! Direction la grande scène pour assister à Jain. Pétillante sur scène, la française propose un show coloré. Musicalement plutôt bon, on sent l’ambiance décoller sur les chaleureux Come ou Makeba. Histoire de pouvoir profiter de la meilleure place pour le dernier concert, on reste dans les parages, à la découverte du bar à bières spéciales à la fin de Jain. Nous permettant ainsi, d’avoir une place de choix pour Orelsan, et loin de nous l’idée de regretter ce choix ! Le Caennais s’élance sur scène à travers le simplissime Basique. Le public est réactif au possible, et reprend en cœur les paroles. L’heure et quart est parfaitement maitrisée, avec un rythme époustouflant dont on ne se lasse jamais ! Même lorsque la pluie commence à s’abattre, alors que les premières notes de La pluie retentissent, le public démontre son énergie folle, et brave l’averse en reprenant mot après mot le texte du rappeur. Assurément l’un des moments les plus touchants du festival !

Tellement frappé par la performance, on met quelques minutes à reprendre nos esprits, et on se dirige mollement vers La Bonaventure afin d’entamer notre seconde partie de nuit. Moins charmant, le lieu ne prend plus place dans un hangar. On est étonné par la faible densité de présence devant l’évènement soldout, mais on n’est pas là pour réfléchir. Et on embarque rapidement dans l’univers de Madben. Repéré par Laurent Garnier, il fait parti de la nouvelle génération de producteurs de techno. Il prodigue une ambiance sympathique, mais un peu monotone. On ne boude tout de même pas notre plaisir à se déhancher sur l’électro qu’il dessert ! On fini la nuit en compagnie de Panteros666, l’un des quatre compères de Club Cheval. En DJ set solo, comme à son habitude, il navigue à travers une multitude de terrains musicaux variés : techno, musique de jeux vidéo, trance, hardcore. Les sons défilent et accompagnent allégrement nos derniers efforts à s’essayer à des pas de danse futuristes ! Lessivé, mais joyeux, on sort du club avec en guise d’accompagnement un magnifique orage, rabaissant toute envie d’after pour aller rapidement se loger dans notre tente.

La Bonaventure

Quelques heures de sommeil plus tard, nos yeux s’ouvrent au milieu d’un camping assez calme. Il faut dire que quinze jours après Dour, on est paré à tout ! Un p’tit dej/déjeuner plus tard, et on s’aventure à travers le camping. Les gens sont cools, et on se surprend à raconter notre vie à plusieurs nouvelles rencontres. C’est toujours aussi agréable d’échanger sur tout et rien avec des personnes d’horizons différentes rassemblé pour un même événement ! Mention spéciale aux deux parisiens à la chemise identique à la mienne, et leurs potes avec qui j’ai bien dû passer une bonne heure. Après une après-midi fructueuse, en route mauvaise troupe pour Eddy De Pretto. La foule est compacte, et avec un peu de mal, on se fraye un chemin pour l’apercevoir de loin. Aux sonorités de rap, abordant des thèmes provenant plutôt du milieu hip-hop, il offre un genre de chanson française décalé. Sans être décevant, ce n’est pas trop notre tasse de thé, et on s’ennuie assez rapidement devant le show un peu mou. On file donc rapidement à l’Eden où se produit Jessica93. Le projet du parisien Geoffroy Laporte fait figure de découverte et on apprécie fortement la performance du jour. Seul sur scène, à l’allure vestimentaire héritée du grunge, jouant guitare et basse au-dessus de boucles rythmiques pré-enregistrées, le français offre un mélange captivant de postpunk, noise et shoegazing. Dommage qu’il se soit produit face à un public amorphe peu réceptif !

Retour sur la grande scène pour Lomepal. Écumant les festivals cette saison, il fait son entrée seul, à tâtons sur Palpal, une chanson à son égérie ! Rapidement rejoint par backeur et un instrumentiste, le concert prend une énergie forte avec une présence scénique de dingue. Ses plus grandes chansons sont jouées, et on en est même à regretter de n’avoir pu le voir à Dour ! On s’arrache tristement quelques minutes avant la fin pour espérer avoir une place devant le prodige Rone. Vu un nombre incalculable de fois, c’est toujours avec la même excitation qu’on plonge dans son univers. Côté décors, on retrouve le même qu’aux Nuits Sonores de Bruxelles, une grande toile en fond de scène avec l’artwork de son album. Le public accueille de façon bouillante l’électro planante et onirique délivré par le producteur français. Les titres de son dernier album défilent, notre esprit divague. Une heure d’euphorie générale dont on se souviendra pendant longtemps ! Vivement notre prochaine visite dans ton univers petit magicien ! L’atterrissage est difficile, et on reste dans les parages s’attablant autour d’une table pour savourer une douce boisson houblonnée.

Rone, we love you !

On reprend du poil de la bête pour Agar Agar. Le duo nous distille une musique composée de rythmes des années 80, de vocaux sensuels délivrés par Clara, et d’un attirail de sonorité pop et synthétiques dispensés par les machines d’Armand. Par moment teinté de couches d’acid, on adhère totalement à l’univers, même si on avoue qu’après Rone ça sonne un poil plus plat. L’apogée se faire ressentir lorsqu’ils interprètent You’re high chanson au combien importante pour nous. Un instant de bonheur supplémentaire dans notre week-end ! La grande scène se termine avec Petit Biscuit qu’on arrête pas de croiser en festival. Âgé de 18 ans, il propose une électro très douce parsemé d’instruments analogiques. Mais faut l’avouer, plus le temps passe, moins on adhère à la proposition, et même si le public est conquis par ses performances, on a de plus en plus de mal à se laisser emporter par ses morceaux. Notre vieillesse en est peut-être responsable ?! Faute d’une place à la Bonaventure, on termine notre soirée armée d’une baffle, en contre soirée devant le club, attirant les zombis en manque de musique jusqu’au petit matin. Une alternative cocasse pour finir notre périple aux Nuits Secrètes, édition 2018 !