REPORT – Roof168 x L’aéronef

REPORT – Roof168 x L’aéronef

18 septembre 2018 0 Par Juliette

Samedi dernier se tenait à l’Aéronef la seconde édition des soirées Roof 168. Et moi, fan inconditionnelle de rock, j’y étais. Soyons honnêtes tout de suite, et excusons-nous d’avance auprès des fidèles de la Drum’n’Bass, je partais la tête pleine d’appréhension, et surtout, avec une absence totale de culture concernant la bass music, mais tout de même avec une hâte certaine de découvrir ce nouvel univers du paysage musical.

Les soirées Roof168 sont apparues depuis maintenant quelques mois sur la programmation de l’Aéronef, producteur du projet, et ont été pensé et organisé pour ce lieu. Rien que le nom y fait référence : « Roof » pour la référence à la hauteur sur laquelle se pose l’Aéronef, au numéro « 168 » de l’avenue Willy Brandt, à Lille.

Stéphane, un des organisateurs, m’explique que l’origine du projet était de bien entendu organiser un événement autour de la Drum’n’Bass, dans un paysage où ce style n’est pas forcément fortement représenté, mais aussi de proposer une programmation éclectique, orientée sur les artistes européens émergents de la scène, dans un format proche des événement belges tels que : « Star Warz », « Breden invites», ou encore « Steam ». Il m’explique également que la drum’n’bass fait partie de ces styles de la musique électronique qui se découvre et s’apprécie en live, avant même d’avoir à en écouter. Je lui ferais donc confiance sur parole (en même temps, plus possible de faire marche arrière).

 

KREEZ & SLOAN – (c) Maxime Télésinski

Lors de mon arrivée à l’Aéronef, les derniers préparatifs étaient encore en cours, me permettant ainsi de découvrir la configuration du Club pour la soirée, les installations mises en place et de faire rapidement connaissance avec les artistes. L’occasion, aussi, de recevoir ma première initiation au monde de la bass music. Entre les différents styles évoqués (« Deep », « Jungle », « techstep », etc), et le nombre de noms d’artistes sur lesquels débattent et échangent les artistes, je me dis que la soirée doit commencer, et vite. J’avais besoin de comprendre.

À 21h, le public débutant calmement à arriver, je découvre l’ouverture de la programmation, Kreez et Sloan, deux djs membres de l’association Grabuge qui a depuis 2014 réussie à se faire un nom chez les junglists lillois. Après quelques minutes, ça y est, le « boom tchak / Boom-tchak » dont on m’avait tant parlé et qui est la signature de la drum’n’bass commence à se faire entendre et à résonner dans les oreilles du public s’amassant rapidement dans la salle.

22h30, précise. C’est au tour de Resistance d’accéder aux platines, et c’est à ce moment que je comprends que mes préjugés et mes appréhensions étaient faux. L’intro de set lancé par le duo lillois (trio, d’ordinaire), est à des années lumière de ce que je pensais entendre. Voilà qu’Anthony Hopkins commence à me chuchoter des mots doux à l’oreille… Je n’étais clairement pas préparée à ça. Ni mes pieds d’ailleurs, qui commence à sautiller sans que mon cerveau n’ai eu le temps de s’en rendre compte.

C’est également lors de ce set que je découvre Innate. Ce MC talentueux et résident des soirées Roof168 sait transformer les tracks proposé par les djs, mais arrive aussi à se faire suffisamment discret pour permettre au public de profiter des morceaux proposés. Un peu comme ce petit détail, mais qui fait toute la différence. Le flow est bon, très bon. Et plein de talent, l’impro est parfaite.

RESISTANCE – (c) Maxime Télésinski

Un peu plus d’une heure plus tard, me voilà dans la cour de l’aéronef à rencontrer le public qui s’est déjà bien amassé dans la salle. ça discute dans tous les sens, ça trinque bien sure, mais surtout l’ambiance est détendue, et accueillante. Tous le monde se connait, ou presque, mais tous le monde est prêt à agrandir son cercle pour quelques minutes de discussion, bien souvent passionnées, et croyez-moi, on se prend vite au jeux.

Public – (c) Maxime télésinski

SILENCE GROOVE – (c) Maxime télésinski

Tout s’accélère lors de l’arrivée sur scène de Silence Groove. Le dj et producteur de Liquid qui semblait pourtant si réservé, presque timide ne tarde pas à enflammer la salle. Originaire de Pologne (mais résidant en Slovaquie), il s’agissait ce soir de sa première date française, et visiblement, le public lillois semblait l’attendre avec impatience !

Le plateau sera ensuite occupé par QZB, représenté ce soir par un seul membre de ce duo Suisse. Deep Dnb, donc, mais dans un style qui parait presque différent, propre à l’artiste. On m’expliquera ensuite que ce duo est encore jeune, et émergent, mais qu’il est fortement présent sur la nouvelle scène Drum’n’Bass. Une vraie pétite donc, proposé par la programmation.

Durant tout les sets, le public pouvait également admirer le travail d’Hamza M’Rabet, Vj’s officiel de la soirée. Entre scènes cultes et animations de génie (réalisées en direct, s’il vous plait ! – On vous laisse imaginer la préparation que cela a du demander !), Hamza a su dynamiser et créer un réel univers autour de celui proposé par les djs. Magique, et terriblement efficace.

La dernière heure de la soirée sera rythmée par le set de Monty, le headliner de la soirée ! Il avait été repéré par l’équipe de production de le début de son travail, et avait déjà été invité à Lille par Grabuge en 2016. Depuis ses 2 ans, il n’a pas arrêté de produire des tracks, et a signé chez 1985 Music, le label d’Alix Perez. Un peu comme si les soirées de drum’n’bass lilloise avait évolué en même temps que lui.

La clôture de la soirée, à 3h, est un peu difficile à accepter par les Junglists présents ce soir là, mais l’after semble proche.

Ma conclusion ? C’est vrai, la drum’n’bass est un style qui se découvre sur scène. Et avec juste un soupçon d’ouverture musicale, on peut assez facilement de quoi ravir nos tympans parmi la variété de style que propose la bass music. La production est à taille humaine, la proximité avec le public est géniale, et la scèno est ultra travaillé. N’importe quel fan de musique électronique (ou pas, d’ailleurs !) peut s’y retrouver. Il faut commencer par ce genre de soirée avant de réellement commencer à en écouter, et promis, en ce qui me concerne, aujourd’hui je le ferais.

La date de la prochaine Roof168 n’a pas encore été annoncée… Mais nous ne manquerons pas de vous tenir au courant sur Culturovore ! Et, je en sais pas vous, mais moi j’y serais.