Ambiance Room 2

REPORT – Winter’s N.A.M.E. is past!

Fort de ses douze éditions à travers la métropole lilloise, Art Point M change la fréquence en le rendant biannuel, et crée le N.A.M.E. d’hiver. Une première édition étalée sur trois jours, avec une nuit dans les anciens dépôts de matière textiles que sont La Condition Publique, une seconde à travers les lieux emblématiques du milieu de l’électro dans toute la métropole lilloise, et retour à La Condition Publique de Roubaix pour une après-midi de clôture. Nous avons bravés les températures de ce début de mois de mars pour aller faire un tour lors de la première nuit, retour sur l’occurrence hivernale du festival !

Alors qu’il y a 100 ans, les lieux étaient utilisés pour contrôler et certifier la qualité de différentes matières textiles telles la laine, le coton et la soie, c’est avec grand enthousiasme que nous arrivons dans le centre de Roubaix, aux portes de La Condition Publique transformée pour l’occasion en temple de la techno. Dans chacun des deux entrepôts, une scène abritant cinq artistes chacun. Entre celles-ci, une rue en pavés couverte, abritant quelques foodtrucks, et le public souhaitant s’aérer le corps et l’esprit entre deux doses de musique. La verrière du lieu est également ouverte et propose un espace chill où l’on peut se détendre en s’asseyant dans les quelques transats mis à disposition pour l’occasion. Le sol de cette salle entièrement en carrelage est magnifique et le peu d’éléments de décor suffit à rendre le lieu magique. L’histoire du lieu y est encrée, permettant de s’y sentir à l’aise. Chaque Room, comme elles sont appelées, est équipée d’un vidéo projecteur où un VJ crée une animation visuelle projetée derrière les artistes. Véritable plus, les images ajoutent un sens au voyage, procuré par la musique.

Antigone pour clôturer la Room 1

Niveau programmation, le N.A.M.E. ne change pas de son édition d’automne en mixant habitués du festival et nouveaux artistes. On peut révéler une direction moins grand public et plus underground qu’à l’accoutumer. Le seul reproche que j’y oppose provient de la trop grande ressemblance entre les genres des artistes. J’aurai préféré avoir deux scènes aux styles différents permettant de jongler à ma guise en fonction de l’envie du moment. Je suis sorti aux aurores avec la sensation d’avoir vécu une belle nuit à taper du pied.

Le Warm-up est assuré par deux figures locales Peo Watson et Mainro. Nous arrivons alors que les dernières notes de leurs sets résonnent dans les halls. Fidèles à leur réputation, les morceaux sont bien choisi pour l’heure, et nous entraînent petit à petit à bouger les pieds. J’enchaîne avec Vaal dans la Room 1, connu notamment pour Concor, composé avec Tale of Us et sorti en 2014. Son univers est très aérien, planant et assez mélancolique. Les boucles varient au fur et à mesure du temps, lentement, nous faisant petit à petit vaciller dans son univers. Un doux voyage bien agréable pour commencer cette nuit s’offre à nous. Etapp Kyle enchaîne avec brio, un peu plus énergique au niveau des percussions, tout en restant assez atmosphérique, il propose une sélection de sons parfaite. Aussi scotchant que sa Boiler Room, et aussi profond que son premier EP Klockworks 10, la performance de l’ukrainien nous marque profondément. Je dérive tout de même vers la seconde salle pour aller jeter un oeil à Agents of Time. Bien plus techno, la performance prend aux tripes dès les portes franchies. Un live exécuté à six mains à l’aide de dizaine de machines. D’une rareté dans le milieu. L’heure passera bien vite en leur compagnie.

Agents of Time

Je continue ma folle nuit avec Tale of Us, prenant place dans la Room 1. Les italiens, après avoir sorti quelques EP, ont prévu de sortir un album pour la fin de ce mois de mars, l’occasion d’en entendre des morceaux en avant première. Le set est sans faute, sans embûche, mais ne restera pas comme mémorable, peut-être dû à un rythme un peu plus mou qu’à l’accoutumé. Fin de la nuit avec Antigone prenant place. DJ résident à La Concrete, il incarne l’une des nouvelles figures marquantes de la techno parisienne. Clôture parfaite par une techno simpliste, hypnotique et métallique. Sa musique envahit nos membres pour laisser les dernières ondes d’énergies s’exprimer et ainsi résister à la fatigue apparente. J’irai également porter une oreille à Efdemin bouclant la seconde salle. Tout aussi techno, mais dans un univers plus dark et plus obsédant, à sa manière conclura cette folle nuit de façon optimale pour les derniers survivants.

C’est avec grande joie que je quitte cette première nuit du N.A.M.E. version hiver. Un lieu aidant à créer une atmosphère prolifique, une programmation plus underground à laquelle j’adhère, et un son aux petits oignons pour parfaire cet évènement. Pas complet niveau affluence, on espère revoir fleurir chaque année ce rendez-vous. 

Texte et photos par Gauvain

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