REVIEW – A Ghost Story de David Lowery

REVIEW – A Ghost Story de David Lowery

4 janvier 2018 0 Par Vincent

Sorti depuis plusieurs mois aux Etats Unis et présent dans de nombreux classements des meilleurs films de l’année 2017 outre atlantique, il me tardait de voir enfin A Ghost Story. Afin d’éviter tout spoil et dans le but de garder intact la surprise que me procure un film au cinéma, j’ai pris l’habitude de ne plus regarder les bandes annonces et de ne plus lire les pitchs au préalable.

Je comprends assez rapidement que ce film n’aura rien d’une classique œuvre d’épouvante comme son affiche pouvait le suggérer, ce qui par ailleurs provoquera rapidement la sortie de quelques spectateurs décontenancés par tant de rigueur et d’hermétisme. A la baguette de cette œuvre pour le moins déconcertante se trouve un réalisateur texan du nom de David Lowery, un abonné au festival Sundance, histoire de vous resituer le personnage. Une chose est certaine, il aime prendre son temps quitte à perdre complétement le spectateur. Le film est lent, très lent et parfois trop lent, étirant des scènes sans aucune justification concrète.  On pense notamment à cette scène dans le lit entre Rooney Mara et Casey Affleck mais ce n’est rien en comparaison d’un autre plan fixe où Rooney Mara mange une tarte durant cinq interminables minutes, j’ai rarement trouvé le temps aussi long au cinéma.

Il en faut de la patience pour résister à l’envie de partir mais bizarrement une fois la première demi-heure passé, il se passe quelque chose, la mécanique se met en place. On commence à comprendre la volonté du réalisateur, celle de nous parler du temps qui passe avec des méthodes pour le moins osées. Le sentiment d’éternité et le vide de l’existence deviennent palpables, le tout en usant d’un minimum d’artifices et d’explications, une expérience véritablement troublante nous questionnant de manière intime et profonde.

Formellement, on aura pesté en début de film sur l’image en 1 :1 ne semblant pas apporter grand-chose avant d’en saisir le sens, celui de contempler le temps qui passe comme au travers une succession de diapositive. Ailleurs l’accoutrement du fantôme vêtu d’un simple drap porte à sourire au début mais la façon dont le réalisateur parvient progressivement à nous faire ressentir ses sentiments constitue une réelle prouesse de mise en scène

Un dernier mot sur le casting. Casey Affleck fait du Casey Affleck façon hispster déprimé mâchant ses mots, un poil trop prévisible. Rooney Mara est bien plus intéressante dans sa manière d’intérioriser les émotions de son personnage, définitivement l’une des meilleures actrices de ces dernières années, une fraîcheur et un naturel toujours intacte.

A Ghost Story a le mérite d’être un film jusqu’au boutiste, une véritable proposition de cinéma et aurait pu être un très grand film si le réalisateur s’était soucié d’avantage du spectateur. Son film bascule entre chaud et froid et s’avère au final une véritable frustration tant certaines scènes d’une beauté folle au propos très profond doivent coexister avec des passages d’un ennui abyssal.