REVIEW – A Voix Haute de Stéphane De Freitas & Ladj Ly

Pour ceux ayant eu l’occasion de s’adresser au moins une fois dans leur vie à une foule de plusieurs dizaines, voire centaines de personnes en même temps, vous savez que prendre la parole en public est un exercice de haute voltige. Afin d’aider les jeunes à mieux communiquer par la parole, le concours Eloquentia organisé par l’université de Seine St Denis vise à élire chaque année le meilleur orateur du 93.
Dans A Voix Haute, Stephane De Freitas et Ladj Ly s’attache à nous faire découvrir l’envers du décor au travers de la préparation de certains de ces élèves à ce concours, pour le moins étonnant. On est immédiatement plongé au cœur du sujet par le discours d’un concurrent vantant les qualités indéniables de nos hommes politiques dans la prise de parole.

Loin des clichés véhiculés à l’accoutumé sur les banlieues, A voix haute présente des jeunes aux parcours très différents et aux personnalités diverses, timides ou grandes gueules. De l’élève de cinéma un peu perché à l’étudiante en lettre moderne partagé entre tradition et modernité, ce documentaire présente un patchwork d’individus attachants et main dans la main en vue d’un but commun.

Pour les aider dans leurs taches, ils peuvent compter sur un collège de professeurs également très disparate. On y trouve un slammeur, un coach en entreprise, une professeur de théâtre ou encore des avocats. Ces spécialistes de la parole nous enseignent l’art de la rhétorique avec beaucoup d’entrain. Touchant également les spectateurs par leurs conseils avisés, ils parviennent à transformer leurs élèves en as de la plaidoirie. Le concours de fin démontre à quel point le travail fourni s’est avéré payant, l’un des lycéens parvient à éblouir ces camarades par une remarquable tirade.

La langue française dans sa grande diversité est ici célébrée de la meilleure façon possible. On joue avec les mots, les tournures de phrase et chacun des élèves trouve ici le moyen de se raconter, de se construire également, de s’inventer.

Sous l’œil attentif d’Alice David, Kery James ou encore Leila Bekhti, l’épreuve final est un beau moment d’émotions où l’on est complétement transporté par une superbe musique dont on apprendra au générique qu’elle est signé par un certain Gabriel Augé a.k.a Superpoze. Après avoir signé son excellent second album cet année, le caennais prouve qu’il décidément très inspiré en ce moment.

Quelques semaines après l’Opéra, le film documentaire made in France prouve une nouvelle fois sa belle vitalité avec ce beau moment de cinéma plein d’espoir et de bonnes vibes.

 

 

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