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REVIEW – Blonde de Frank Ocean

Frank Ocean
Frank Ocean

Une petite piqûre de rappel s’impose tout d’abord. Il y a quatre ans sortait Channel Orange, un opus qui fit date dans l’histoire du RnB, couronné comme l’un des albums les plus influents de ces dernières années tant pour son audace et sa créativité musicale que par les thèmes  abordés. S’en suivit alors un long silence, renforçant le mystère autour du singulier personnage qu’est Frank Ocean, qui sort enfin de son mutisme et revient aujourd’hui avec Blonde.

Long de dix-sept titres et s’étalant sur soixante minutes, ce nouvel opus est un disque complexe plutôt difficile à appréhender et à apprécier à la première écoute. Tout y semble confus et fouillis avec peu de mélodies auxquels s’accrocher.
ÇA débute de fort belle manière avec le tourmenté et touchant Nikes qui aborde les récents problèmes raciaux aux États-Unis. Le californien nous emmène ensuite dans le cœur du sujet avec Ivy qui définit bien la couleur musicale voulue pour cet album intimiste. Minimalisme dans la production, deux guitares, une basse et juste quelques effets sur la voix.
Puis c’est Pharell Williams en grande forme qui fait son apparition à la production sur le rafraîchissant et très classe Pink White, l’occasion de parler des nombreux invités et producteurs qui traversent l’album.
Un peu à la manière d’un Kanye West, Frank Ocean a convié un nombre considérables de musiciens stars dont a cependant parfois du mal à discerner le degré de participation, que ce soit donc Beyonce sur Pink White ou encore Kendrick Lamar sur le paradisiaque Skyline to. En revanche l’influence du RnB froid de James Blake est nettement plus perceptible avec White ferrari, tout comme celle du génial Andre 3000 qui signe l’un des meilleurs titres avec l’expérimental mais trop court Solo (reprise). Sa créativité, sa capacité à marier les genres et sa sensibilité se rapprochent de toute évidence de la personnalité musicale du californien.
On appréciera les petits intermèdes dans lesquelles on croisera la mère d’un des amis de Frank Ocean qui nous donne quelques précieux conseils sur Be yourself ou encore le français SebastiAn qui nous parle d’une rupture amoureuse étonnante avec Facebook story.
On se laisse ensuite transporter par le vibrant Seigfried ou encore le céleste Pretty sweet et son riche assemblage de voix. Cependant on concédera à cet album quelques longueurs. Dix-sept morceaux c’est beaucoup et l’album aurait gagné en écartant des morceaux plutôt ennuyeux comme le monolithique Solo ou encore l’hermétique Close to you.
Frank Ocean n’a presque rien perdu de sa superbe et continue de figurer comme l’un des leaders du genre et l’un des héritiers légitimes de Marvin Gaye et D’Angelo. Loin des codes et des modes, voilà un disque aventureux confirmant un artiste qui, malgré son aura grandissante et son succès, continue à essayer, à expérimenter.
Mes trois préférés, que je vous conseille d’écouter en priorité : Nikes, Seigfried, Solo (reprise)

Critique réalisée par Vincent

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