REVIEW : BORN TO BE BLUE de Robert Budreau

Pour son premier film en tant que metteur en scène, le canadien Robert Budreau nous plonge dans les années 60 sur les traces du légendaire Jazzman Chet Baker. Celui qui fut considéré comme un trompettiste de génie était aussi un homme torturé par ses démons intérieurs. Plutôt que de nous raconter toute sa vie de façon académique, Robert Budreau s’intéresse principalement à l’une des périodes les moins glorieuses et l’une des plus compliqués qu’aura traversé le musicien.Born_to_be_Blue

Placé sous contrôle judiciaire suite à de nombreuses arrestations pour possession de stupéfiant, Chet Baker doit faire face à son addiction à la drogue et à des problèmes physique suite à son agression par l’un de ses ex dealers. Pour remonter la pente, il peut compter sur Jane, une actrice qu’il a rencontrée lors du tournage d’un film sur sa propre vie. Mâchoire fracturé, il va devoir quasiment réapprendre à jouer pour regagner la reconnaissance du public et de la profession.

Le réalisateur nous immerge de fort belle manière au cœur de l’Amérique des années 60. On se retrouve projeté dans l’univers enfumé des clubs de Jazz avec une bande son de haute volée. Les grands morceaux de Chet Baker rythment parfaitement le film et il sera difficile de résister à l’écoute de quelques albums à la sortie du film.

Dans le rôle de Chet, on retrouve Ethan Hawke qui délivre ici une excellente prestation. Le comédien, que j’avais découvert dans le formidable Bienvenue à Gattaca, dévoile une nouvelle facette dans son jeu. Il habite le personnage sans jamais en faire trois tonnes et parvient à faire ressentir à merveille les tourments de son personnage, définitivement l’un de ces plus beaux rôles. A ses cotés la jolie Carmen Ejogo campe le personnage de Jane avec détermination, une femme forte qui aura eu fort à faire pour protéger et motiver le trompettiste dans sa remontée.

Le point fort du film est incontestablement l’immersion qu’il propose, appuyé par une réalisation élégante. N’étant pas du tout spécialisé dans le jazz, ce film est une belle leçon d’histoire, on y croise ainsi Miles Davis ou encore Dizzy Gillespie.

Malgré la durée raisonnable du film, une heure trente-cinq, le réalisateur semble malgré tout parfois un peu à court d’idée et n’évite pas quelques longueurs. Certaines scènes sont clairement là pour faire du remplissage. Le film alterne ainsi entre le bon et le moyen, entre passages intenses et scènes superflus. Cependant ne boudons pas notre plaisir, ce film est globalement plutôt réussi et aura le mérite de faire découvrir aux néophytes ce musicien surdoué.

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