REVIEW – Dakhla Sahara Session de Cheveu & Group Doueh

Formé en 2003, le groupe Cheveu a toujours mené sa barque sans se soucier de rentrer dans tel ou tel case. Il faut dire que les trois gaillards mélangent punk, garage et sonorités synthétiques avec une certaine aisance. Les bordelais aiment aussi à collaborer avec d’autres artistes. Ce fut le cas avec la compositrice Maya Dunietz en 2011 et aujourd’hui c’est avec le groupe marocain Group Doueh que les bordelais font équipe.

Enregistré en à peine 15 jours, Dakhla Sahara Session est un disque improbable, le croisement de deux univers qui n’avaient sur le papier aucune chance de se rencontrer. De cette recette est né un disque aventureux et cohérent ou les deux parties y trouvent parfaitement leur compte.

Dès l’excellent Moto 2 places, on est mis dans le bain. Les djembés répondent à une guitare rock tandis que les synthés s’immiscent tout doucement dans la conversation. Pour le chant, on se place sur le même niveau de compromission et cela donne un résultat étonnant. Le chant en français donne une tournure plus rock et puissante, le chant en arabe ramène un coté plus psychédélique, c’est flagrant sur un titre comme Tout droit.


On ne s’ennuie jamais, la super formation proposant toujours des idées pertinentes donnant l’appréciable impression de ne jamais savoir où l’on va mettre les pieds. Ils alternent en toute tranquillité un morceau quasi expérimental comme Squit Pt1 avec le bon vieux rock classique d’Azawan que n’aurait surement pas renié Amadou et Mariam. Plus loin, c’est le rock indus de Je penche qui va venir contrebalancer le percutant et plus fun Ach’had Lak Ya Khay.
On ressent par instant que l’album a été conçu comme une grande session d’improvisation. Bord de mer et ses 7’30 ou encore les 9’ intenses de Charaa et son rythme entraînant en trois temps.

Si l’on veut chipoter un peu, on reconnaîtra que le morceau Hamadi est un cran en dessous du reste en termes d’inventivité mais c’est vraiment là l’un des rares défauts de ce disque exemplaire dans la construction et l’intention.

Empreint d’une énergie communicative, cet album est un grand bol d’air frais prouvant une nouvelle fois que musique européenne et africaine sont fait pour s’entendre, on en avait encore eu la preuve l’année dernière avec la house sud-africaine de Batuk. Cheveu et Group Doueh font ressortir le meilleur de ce genre qu’on appelle la World music, loin de l’image souvent associé à ce courant musical.

 

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