REVIEW – DAMN de Kendrick Lamar

La carrière de Kendrick Lamar est un parcours sans faute et une montée en puissance incroyable. Section 80, son premier album en 2011 était déjà un solide album de rap US suivi un an après par le brillant Good Kid M.A.A.D City,  propulsant le natif de Compton dans la lumière. Il réussira encore le moyen de faire mieux il y a deux ans, avec To Pimp A Butterfly. Un choc monumental, l’une des plus grosses claques musicales de la décennie. 

Forcément l’écoute d’un nouvel album nous remplit d’excitation et en même temps d’un peu d’inquiétude tant on est habitué à l’excellence. DAMN est donc le nom de la nouvelle pierre posé par K Dot dans l’édifice du Rap US. Beaucoup plus facile d’accès que son prédécesseur et d’avantage à rapprocher de Good Kid  dans la construction, ce nouvel album s’étale sur 14 pistes avec un nombre très limités de Featurings. S’y on ne s’étonne pas de retrouver Rihanna sur Loyalty, l’apparition surprise de U2 sur XXX était un pari osé qui fonctionne à merveille. Le dernier invité est un certain Zacari sur le superbe et sensuel LOVE. Inconnu au bataillon, on peut dire qu’il bénéficie d’une rampe de lancement idéale pour faire décoller sa carrière.

Coté producteurs, Kendrick a choisi de s’entourer de pointures et de clairement varier les ambiances. L’ultra efficace Mike Will Made It est ici au sommet de sa forme. Il signe les trois morceaux les plus agressifs de l’album. Trois bombes sonores capables de vous réveiller un mort. De l’incisif DNA au plus déconstruit XXX en passant par le génial Humble et sa ligne de piano digne du Dr Dre des grandes heures, le producteur d’Atlanta sert parfaitement King Kendrick.

Au rayon producteur star, on note également la présence de James Blake dont le R&B froid et la touche futuriste apporté sur ELEMENT convient parfaitement au californien. Après avoir travaillé avec Frank Ocean ou Beyoncé, le britannique rajoute une nouvelle belle ligne sur son CV.

On retrouve ici une partie de ce qui faisait aussi le charme de TPAB, son coté onirique et cinématographique. Sur le nonchalant YAH, il y a cette impression de parcourir Compton au ralenti au volant d’une décapotable, le crépuscule s’installant doucement. On garde cette sensation agréable sur FEEL, plongé encore d’avantage dans la nuit chaude de Los Angeles.

DAMN est un album sur lequel on ne s’ennuie jamais, proposant des atmosphères si différentes. PRIDE et son coté ultra cool, un peu surf rock lofi semble tout droit signé par Mac DeMarco. Il ne manque plus que les palmiers et la plage. Comment ne pas aussi parler du fantastique LUST et son habile et très classe instrumental rappelant inévitablement Outkast.

Alors album parfait ? Non disons presque parfait. J’émettrai des réserves sur FEAR ou encore DUCKWORTH que j’ai trouvé moins inspiré et même un peu ennuyant par instant. Ah et puis il y a aussi LOYALTY, le feat avec Rihanna, taillé pour les radios mais dont l’instrumental m’a laissé sur ma faim.
Bon sinon à côté de ça, Kendrick Lamar rappe toujours aussi bien, jouant de manière remarquable avec sa voix, avec le rythme. On est donc pleinement rassuré, cet album s’inscrit dans la continuité d’une carrière déjà extraordinaire A 29 ans, il continue d’enterrer la concurrence avec une aisance hallucinante. Kendrick Lamar est tout simplement devenu l’artiste solo le plus important de sa génération.

 

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