REVIEW – Ghost In The Shell de Rupert Sanders

Adapter en prises de vues réelles le film d’animation Ghost in The Shell est surement l’une des missions les plus casses gueules qu’hollywood s’est donné ces dernières années. Il faut bien rappeler que le film d’animation, signé Mamoru Oshii, jouit d’un véritable culte à travers le monde. Lui-même adapté d’un manga signé Masamune Shirow, il a révolutionné le genre en posant un univers incroyable grouillant d’idées géniales. Ce film invitait le spectateur à réfléchir profondément à des questions sur la nature de l’être humain ou encore à le questionner sur la frontière entre le corps et l’esprit. 

Vingt ans plus tard, c’est au réalisateur inconnu Rupert Sanders que revient la tâche impossible de réadapter tout cet univers complexe. En premier lieu, on constate que l’histoire n’a pas forcément évolué, les scénaristes ont beaucoup puisé dans la trame originale. On se situe dans un futur proche, quelque part dans une mégalopole cosmopolite. La section 9, spécialisé dans la lutte anti criminalité s’est doté d’un nouveau soldat très particulier. Le Major est un être mi humain-mi robot possédant des capacités hors du commun. Elle est chargée d’attraper un mystérieux criminel capable de pirater les esprits. Durant cette mission, elle commence également à en apprendre plus son propre passé.

La première chose qui frappe, c’est bien sur le côté visuel très soigné. Inspiré entre autres de Blade Runner, le réalisateur nous plonge dans une ville tentaculaire pleine de vie et de détails. On se retrouve complètement immergé dans une cité futuriste écrasante où humains et machines se côtoient dans un gigantesque bordel organisé. Le film en plus d’être plaisant à l’œil et également très bien rythmé et ne souffre quasiment pas de temps morts.

Comme on pouvait s’y attendre, la grosse machine hollywoodienne a forcément réduit les questionnements philosophiques de l’œuvre originale au bénéfice du spectaculaire. Cependant le film n’est pas pour autant dénuer d’intérêts sur le plan ‘intellectuel’ et expose plutôt habilement la notion de transhumanisme par exemple. J’imagine que tous ceux qui n’ont jamais vu le manga y trouveront leur compte, une belle porte d’entrée pour les novices.

Le choix de Scarlett Johansson dans le role du Major a fait beaucoup parlé, le film a rapidement été accusé de white washing. Oui une actrice asiatique aurait sans doute été préférable mais cette polémique au final est futile et a pris des proportions ridicules. Le choix d’une actrice blanche n’étant pas forcément une grossière erreur au vu du scénario.

Gost InThe Shell est en fait loin d’être la catastrophe que l’on pouvait craindre et s’avère meme être une bonne surprise. Que ce soit au niveau de l’univers visuel, des différents hommages à l’original, des thèmes abordés, ce film tient tout à fait la route. Alors bien sur les fans hardcores de la première heure viendront gueuler à qui veut l’entendre (et souvent sans l’avoir vu) que ce film est une bouse, une ignominie puante mais ne les écoutez pas. Certes on ne tient pas le film de l’année mais on passe un bon moment de cinéma et c’est déjà pas mal et bien suffisant au vu du désastre annoncé.

 

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