REVIEW – GODFATHER de Wiley

Issu d’un croisement entre Drum&Bass, Hip hop, électro et Dancehall, le Grime est l’un des sous genres les plus importants qui aura émergé au début des années 2000. A cette époque, la scène londonienne est en fusion et verra se développer de nombreux genres, le Dubstep ou encore la fidget House. Au début des années 2000, Wiley et Dizee Rascal sont les maîtres incontestables du Grime et auront amené le genre au sommet. Seulement à force d’en presser le jus, il n’en reste plus grand chose et inexorablement le Grime est devenu un genre plus confidentiel, tout juste mis en lumière par quelques sorties ici et là. 51mYUJLn1BL._SS500

Wiley n’as pourtant pas chômé durant toutes ces années, sortant moult albums et mixtapes plus ou moins réussis. Il aura fallu attendre la sortie de l’excellent Konnichiwa de Skepta, récompensé par le Mercury Prize et soutenu par une critique élogieuse, pour que le Grime refasse son apparition au premier plan. Wiley, en bon vieux taulier,  en profite pour glisser son nouvel album, au titre difficilement discutable.

Godfather s’impose rapidement comme l’un des meilleurs albums du Londonien. A l’image de cette pochette montrant le MC/producteur en plein travail dans son studio, on sent rapidement que les bouchées doubles ont été mises sur ce disque.

Au niveau des prods dans l’ensemble, pas vraiment de surprises, on est ici en plein territoire Grime. C’est urbain et crasseux et desservi par des basses façons bulldozer. Il y a là cette urgence propre au genre, utilisation de lignes de synthés agressives sur lequel vient se greffer le flow rapide du britannique. Très synthétique et percutant, il y a tout le long de ces 17 titres une mise sous tension permanente, comme si une guerre imminente allait éclater.

Pour accompagner Wiley dans ce qui est annoncé comme son dernier album, il y a là la fine fleur du Grime britannique, Skepta, JME ou encore Lethal Bizzle. Tous sont clairement à l’aise, personne n’a raté l’audition, le contraire aurait été étonnant.

Au milieu de toute cette abondance d’énergie, il y a bien U where always Pt 2 pour essayer de calmer le jeu. Cependant au vu de la médiocrité du titre, on s’en serait bien passé. La tentative est intéressante mais elle est ratée. Pour le reste, c’est solide meme si parfois un peu à court d’idée.  Difficile de résister au massif Can’t Go Wrong, à l’étrange et saccadé My Direction ou encore à l’énorme single Bring Them All/Holy Grime qui fait déjà figure de prétendant au titre de meilleur titre rap de 2017.

L’endiablé P Money Remix ferme la marche d’un album recommandable, un peu trop long,  mais nécessaire, ne serait-ce que pour redécouvrir ce genre trop peu répandu dans nos contrées.

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