REVIEW – Grave de Julia Ducournau

Il faut bien le dire, les bons films d’horreur sont rares. Tirant systématiquement sur les mêmes ficelles, le genre a bien du mal à se renouveler préférant se vautrer régulièrement dans ce qui s’apparente trop souvent à un simple manège à sensation . En France, le constat est encore plus alarmant puisque faute à des producteurs frileux, le cinéma de genre est quasiment absent de la production.  Oh miracle, c’est pourtant de notre cher pays que vient de naître Grave, l’un des films d’horreur les plus perturbants de ces dernières années. 

Pour Justine, c’est l’heure de la rentrée en école de vétérinaire. Elle est la fille modèle, sage et promise à des études brillantes. Végétarienne depuis toujours, elle se voit contrainte de manger un morceau de viande crue lors d’un bizutage. Ce qui s’avérait un simple jeu un peu cruel va se transformer en une révélation pour l’adolescente, la première étape vers la folie.

La première chose qui impressionne à propos de ce film est la qualité dans le travail de sa réalisatrice Julia Ducournau. Diplômée de la FEMIS, elle réalise juste là son tout premier film et elle y montre déjà une grande maîtrise que ce soit sur le plan esthétique, narratif ou technique. En choisissant un sujet loin d’être évident à traiter sans tomber dans le déjà vu ou le ridicule, elle a pris un risque s’avérant tout à fait payant.

Pour incarner Justine, Julia Ducournau a fait confiance à Garance Marillier. Totalement inconnue, la jeune actrice est LA révélation de ce film. Elle passe avec une facilité déconcertante de l’ange au démon sans jamais surjouer. A ses côtés, elle peut compter sur l’excellent Rabah Nait Oufella, jouant avec beaucoup de naturel et imposant une vraie présence à l’écran.

Multipliant les scènes chocs, la jeune réalisatrice réussit le pari d’infliger un sentiment de malaise constant, une tension ne retombant que rarement, lors de certains passages où c’est la comédie noire qui prend le relais. Il y a dans ce film un rapport au corps, à la chair, hérité de Cronenberg. Le film traite également de la sexualité dans son rapport le plus viscéral et bestial. Cette fable macabre provoque la sensation de vivre un cauchemar dont on ne peut pas s’échapper, un sentiment de dégoût mélangé à une certaine forme de fascination.

Participant clairement à la réussite du projet, la bande originale signé  Jim Williams colle parfaitement aux images, appuyé par d’excellents morceaux de The Do ou encore The Blood Red Shoes.

De par ses partis pris assez extrêmes, ce film ne manquera pas de diviser et rebutera sans doute certains spectateurs peu enclins à accepter un tel déferlement d’images violentes. C’est pourtant une réussite totale, on reste scotché du début à la fin. Grave est une excellent surprise, une oeuvre amené à devenir culte et dont on reparlera encore longtemps.

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