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REVIEW – LA LA LAND de Damien Chazelle

Tout commença il y a quelques temps lorsque par un heureux hasard, on me parla d’un film dénommé Whiplash. Un metteur en scène inconnu à la baguette pour un film qui parlait du parcours d’un jeune batteur de Jazz très doué. Ce film fut une très bonne surprise avec une mise en scène maîtrisée, un montage intense et une narration exemplaire. Ryan-Gosling-La-La-Land-Poster-05

Deux ans après, le réalisateur de ce film s’attaque au genre désuet de la comédie musicale. Croulant sous les louanges des critiques du monde entier, c’est avec beaucoup d’excitation que je cours voir le film. Si je m’attendais à voir un bon film, voir un très bon film, rien ne me prédisait que c’est face à un pur chef d’œuvre que j’allais me retrouver.

Il  y a déjà cette scène d’introduction remarquable qui installe son sujet avec beaucoup d’audace, un plan séquence fantastique. C’est alors vers Mia que l’on se tourne, une jeune serveuse se voyant en grande actrice hollywoodienne. Elle fait par hasard la rencontre de Sébastian, un jeune pianiste passionné de Jazz désirant, lui, ouvrir son propre club jazz. Débute alors une romance entre les deux rêveurs. Le réalisateur a choisi de nous parler de la vie d’artiste et nous emmène dans un monde onirique où inévitablement les personnages sont rattrapés par une réalité morne, la passion étouffé par les aléas de l’existence.

Ici on parle de film romantique au sens le plus noble du terme. L’histoire d’amour entre les deux jeunes artistes est tout simplement somptueuse et touchante. Ils forment l’un des plus beaux couples de cinéma qu’il m’ait été donné de voir.

D’un côté c’est le charismatique Ryan Gosling qui prouve une nouvelle fois qu’il n’est pas qu’une belle gueule de cinéma. Pour le film, il s’est totalement investi, allant jusqu’à apprendre à jouer du piano. Son personnage dégage une sympathie immédiate, un passionné un peu déconnecté très attachant.

Pour lui donner la réplique, Damien Chazelle a vu juste, même très juste. Il offre le rôle de Mia à la plus élégante des actrices actuelles, la sublime Emma Stone. Difficile de ne pas craquer pour ce regard magnifique et ce visage si expressif. Elle chante, elle danse et éclabousse de toute sa classe le film.

Damien Chazelle déploie une mise en scène inspiré et originale, proposant systématiquement la bonne idée au bon moment, en plus de manier à la perfection les changements de rythmes. Les transitions sont remarquables, le montage impeccable, parfois nerveux mais sans jamais faire dans la surenchère.

Comment aussi ne pas rester bouche bée devant l’éblouissant travail sur les couleurs et les lumières. C’est beau ! Le Hollywood fantasmé du début accroche immédiatement l’œil. Un mélange improbable entre le monde contemporain et celui des années 50, rempli de couleurs vives,

La mise en place des scènes musicales est une autre bonne surprise du film. Plutôt que de s’engouffrer dans un plagiat pompeux des grands classiques du genre, il y glisse subtilement quelques clins d’œil ici et là. La bande originale dans ce genre d’œuvre est primordiale et là encore c’est juste épatant. Jazzy et entraînantes, les compositions sont délicieuses et collent parfaitement à l’ambiance du film.

A cette allure-là, on se dit que le réalisateur va bien finir par louper quelque chose, la fin par exemple ? Et bien non,  Damien Chazelle se donne le luxe de totalement réussir son finish, une vertigineuse spirale de laquelle on ressort la gorge noué par l’émotion.

Ce film est une leçon de cinéma, le septième art dans ce qu’il peut proposer de meilleur. J’ai rarement autant haï la réalité en sortant d’un film. Voilà deux heures huit de bonheur sans aucune longueur, une merveille, un classique instantané.

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