REVIEW – Lion de Garth Davis

Présenté à tort comme le successeur de Slumdog Millionnaire, Lion est la première réalisation du méconnu réalisateur australien Garth Davis. Alors oui le film se passe bien en Inde mais c’est bien là l’un des seuls points d’accroche avec l’œuvre de Danny Boyle. Derrière ce raccourci facile et cet argument marketing idiot se cache un tout autre film. 

Au milieu des années 80, Saroo est un jeune Indien qui vagabonde ici et là avec son grand frère Guddu. Un soir alors qu’il perd la trace de son aîné parti chercher du travail, il se retrouve embarqué seul dans un train à destination de Calcutta, loin, très loin de sa famille. Seul, dans une région dont il ne connait pas la langue, il va devoir apprendre à se débrouiller et éviter tous les pièges qui se présentent à lui. Il finira par se faire adopter par une famille australienne, loin de sa difficile vie d’antan.

Dès les premières images, on est complètement absorbé dans ce pays immense avec une succession de plans captivants. Cependant plutôt que nous vendre uniquement une Inde façon carte postale, Garth Davis n’en oublie pas une réalité implacable. C’est une Inde partagée entre tradition et modernité qui se dessine devant nous, un pays en pleine croissance laissant au passage de nombreuses personnes sur le carreau.

C’est à  Sunny pawar  que revient le rôle de Saroo enfant. Malgré son jeune âge, il impressionne par sa présence à l’écran et la véracité de son jeu. C’est ensuite l’excellent Dev Patel qui prend le relai en incarnant Saroo adulte. Aux côtés de la toujours très juste Rooney Mara ou encore de Nicole Kidman, il dégage beaucoup de charisme et interprète parfaitement son personnage,perdu en quête d’identité.

Le film est une fable des temps modernes qui sous son apparente simplicité se révèle être une leçon d’humanisme qui en fera pleurer plus d’un. Les thèmes abordés sont traités de façon approprié, la recherche d’identité et de ses origines, l’amour d’un frère et d’une mère. Le film est également un vibrant plaidoyer pour l’adoption.

Du côté de la réalisation, c’est plutôt une bonne surprise. Pour un premier film, le réalisateur s’en sort bien et parvient à donner le bon rythme à son film, à peine notera-on une légère baisse de régime au milieu de la seconde partie.  Il est impensable de ne pas évoquer par ailleurs l’extraordinaire et sublime bande originale signée Dustin O’Halloran collant parfaitement aux images et aux sentiments des personnages.

Vous l’aurez compris, Lion est un film réussi à la simplicité désarmante. Une aventure très émouvante et touchante. Préparez vos mouchoirs et direction l’autre bout du monde sur les traces de Saroo, vous ne le regretterez pas.

 

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