REVIEW – Mademoiselle de Park Chan-wook

En 2003, le jury du festival de cannes avait eu le nez creux en récompensant le réalisateur Park Chan Wook pour Old Boy, un film dérangeant à la mise en scène incroyable et au scénario diabolique.  Depuis, le réalisateur coréen a parcouru du chemin, naviguant entre projets plus ou moins aboutis pour arriver au film qui nous intéresse aujourd’hui, Mademoiselle. 451429-jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx

Au cœur des années 30, alors que la Corée est sous occupation japonaise, Sook Hee, une jeune servante coréenne se met au service d’une riche japonaise, Hideko. Avec la complicité de Ha Jeong Woo, elle met au point un plan maléfique destiné à récupérer la fortune de la japonaise, vivant dans une immense demeure dont elle semble totalement prisonnière.

Débute alors un jeu de dupe où les apparences sont bien souvent trompeuses. Je m’arrêterai là quand au scénario, histoire de ne pas vous dévoiler d’avantage d’un scénario complexe et passionnant à suivre.

Park Chan Wook a clairement retrouvé de sa superbe et exprime de nouveau au mieux ses talents de réalisateurs et retrouve ici son style, sa patte unique. Partageant son récit et sa mise en scène entre classicisme et modernité, le réalisateur ne choisit jamais son camp et bien lui en prend. On reste parfois bouche bée devant la beauté de certains plans composés comme de véritable peintures. Il y a également ce gout d’irréel qui parcourt tout le film, comme si l’on était plongé au cœur des songes de chacun des personnages.

Si vous aviez aimé le côté un peu provocateur du coréen, vous ne serez pas déçu. Celui-ci trouve dans, ce triangle amoureux, tout le loisir de montrer la face la plus sombre de l’être humain, englué dans la perversité et la manipulation.

En contrepartie, il filme de magnifiques scènes érotiques, jamais vulgaires, véritable triomphe de l’amour charnel. Ces très nombreuses scènes ne manqueront pas de susciter des réactions enflammées mais encore une fois, il faut reconnaitre  au metteur en scène un grand talent pour filmer tout cela de façon passionné et poétique.
Le film étonne également dans sa manière de traiter le rapport homme/femme. A l’opposé de nombreux films historiques où les femmes sont bien souvent mis en retrait, Park Chan Wook les magnifient dans toute leur subtilités. Les hommes ne servent ici que de faire valoir, des êtres pervertis par leurs bas instincts.

Mademoiselle est un film fascinant, servi par un excellent casting,  dont on comprend la réelle ambition une fois terminé et dont on pardonnera les quelques longueurs. Imposant de constant changement de rythme,  Park Chan Wook propose un film de haute volée, tutoyant de nouveau l’excellence.

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