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REVIEW – Orphée de Jóhann Jóhannsson

johan-johanssonL’Islande est une terre propice à l’inspiration qui aura vu émerger ces vingt dernières années entre autres Björk ou encore Sigur rós. C’est vers l’un de ces compositeurs les plus talentueux et méconnus que l’on se tourne aujourd’hui.

Jóhann Jóhannsson est actif depuis le début des années 2000 jonglant entre musique pour le cinéma, pour le théâtre et une carrière discographique plutôt discrète jusqu’alors. Après avoir pris le temps d’une longue période pour s’investir dans l’écriture de nombreuses bandes originales de films, notamment Sicario de Denis Villeneuve, c’est avec le poignant Orphée qu’il fait aujourd’hui son retour.

Fortement influencé par ces récents travaux pour le cinéma, Jóhann Jóhannsson nous propose un album d’une beauté froide où se côtoient dans une grande harmonie musique classique et ambiant baignant au sein d’une atmosphère souvent désespérée.

Ce voyage musical commence par un sombre dimanche après-midi pluvieux et triste avec le baroque Flight From The City et ses cordes déchirantes. Cette tristesse, cette sensibilité dramatique, on la retrouvera sur de nombreuses pièces du disque comme le fragile A pile of Dust. Entre temps, l’islandais nous conduit sur des sentiers désolés, interpellé par une voix féminine lointaine, A Song For Europa.

Au niveau des influences cinématographiques, A Deal With Chaos rappelle par instant les travaux d’un autre compositeur de musique de film, l’écossais Craig Armstrong. The Drowned World, quand à lui, n’aurait pas démérité sur la BO d’un film comme Interstellar.

Plus loin, on se laisse aller à davantage de romantisme avec By The Roes And By The Hinds Of The Field, Good Morning Midnight ou encore The Radiant City qui laisse un sentiment étrange partagé entre quiétude et mélancolie.

The Burning Mountain nous fait replonger dans le désespoir avec un mélange d’orgue et de violons crépusculaire. Le voyage se termine alors avec le grave et funeste Good Night,Day avant de nous laisser sur le contemplatif Orphic Hymn et ses airs d’opéra.

Il y a bien peu de choses à jeter sur ce disque. Certes A Sparrow Alighted Upon Our Shoulder est un peu paresseux, Fragments 1 est sans doute inutile et De Luce Et Umbra sent par moment la redite mais globalement c’est une belle réussite. En évitant de traîner ses morceaux sur la longueur, l’islandais va à l’essentiel et parvient à nous émouvoir en continu le temps de quarante-six minutes en totale déconnexion avec le réel. L’un des plus beaux albums de l’année assurément.

Trois titres à écouter en priorité : A Pile Of Dust, Flight From The City, The Burning Mountain

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