REVIEW – Process de Sampha

On l’avait découvert au coté de SBTRKT puis au beau milieu d’un album de Drake sur l’excellent titre Too Much. Depuis Sampha a pris le temps de faire ses classes auprès de Kanye West, Solange ou encore Frank Ocean. L’heure du premier album a finalement sonné pour le jeune londonien qui dévoile aujourd’hui Process. samphalabumcoverprocess

Artiste assez mystérieux à la voix reconnaissable parmi mille, Sampha est de ceux qui avancent, refusant de jouer la carte d’une musique facile et formatée. Il nous séduit d’entrée avec Plastic 100°C et son utilisation brillante de la Kora. L’instrument trouve ici toute sa place sur ce morceau évasif et relaxant. On accélère un peu le rythme avec Blood on Me beaucoup plus dynamique et plus pop dans son schéma. Un morceau entraînant au potentiel radiophonique évident.

On repart rapidement vers des contrées plus expérimentales, Kora sings. Un titre néanmoins un peu fade manquant de cohésion, beaucoup d’idées mais au final un résultat un peu faible.

Puis viennent alors les quelques notes sublimes au piano de (No One Knows Me) Like the Piano, possiblement le meilleur titre de l’album. Minimaliste et beaucoup plus émouvant, voilà un piano voix d’une fragilité touchante. Composé juste après le décès de la mère du chanteur, ce titre mélancolique, ne vous laissera sans doute pas indifférent.

Par la suite, Take me inside propose une soul, version 2.0 rappelant inévitablement les travaux d’un autre londonien, James Blake. Reverse Fault dans la foulée est encore plus électronique et aussi beaucoup plus hermétique. Il faudra y revenir à plusieurs fois pour en apprécier toute la saveur. Sampha s’abandonne à ses machines, la voix devient plus secondaire. Under confirme cette tendance avec un travail de production épatant, un enchevêtrement de couches subtilement assemblé pour un résultat des plus futuristes. On se laisse embarqué facilement par l’élegant Incomplete Kisses avant de prendre la dernière marche sur le contemplatif What shouldn’t I be, un track soporifique n’apportant pas grand-chose à l’édifice.

Sampha s’affirme pleinement sur ce premier album maitrisé défilant à vitesse grand v. Tout comme Frank Ocean dont il se rapproche dans la démarche artistique, il mène sa barque sans se soucier d’être dans une quelconque mode, d’appartenir à tel ou tel courant. S’il y a encore quelques erreurs de ‘débutant’, Sampha semblant se chercher par instant, Process est un album recommandable. Bien produit et d’une subtilité appréciable, nécessitant d’ailleurs  plusieurs écoute pour en saisir tous les petits détails, Sampha rend une première copie tout à fait convaincante.

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