REVIEW – Rheia de Oathbreaker

Formé en 2008, les belges de Oathbreaker dévoilent un troisième et superbe album partagé entre black métal et ambiance posé, le calme et la tempête. Sous la houlette de Jack Shirley, à qui on doit notamment l’excellent Sunbather de Deafheaven, le quatuor a pris le parti de s’éloigner un peu de ses origines pour mieux s’enfoncer dans des contrées blackgaze. oathbreaker

Ce changement, on le ressent dès les premières notes de 10 :56 sur lequel la chanteuse du groupe, Caro Tanghe, exécuté un a cappella lointain avant de plonger dans une ambiance quasi religieuse et puis d’un coup le grand boom.

Une chose est alors certaine, la frontwoman n’as en rien perdu ses capacités vocales et maîtrise mieux que jamais le chant hurlé. Le puissant Second son of R en est la preuve irréfutable. Brutal et sensible à la fois, c’est un morceau écorché vif assènant un véritable coup de massue. Le groupe marche constamment sur un fil, en équilibre entre passages violents et nappes planantes et on reconnait immédiatement la patte du producteur américain.

Oathbreaker prend vraiment le temps d’installer ses compositions avec des titres tournant entre 6 et 8 minutes pour la plupart d’entre eux. Le groupe sait parfaitement calmer le jeu, en témoigne le poignant et dark Stay Here, une guitare acoustique et la voix enchanteresse de Caro Tanghe par-dessus. On retrouve ce souci de poser des ambiances moins tumultueuses sur le minimaliste I’m Sorry this is et ses cris d’enfants en arrière-plan.
La richesse ce disque se trouve aussi dans cette étrange sensation de malaise ressenti. Le quartette sait nous emmener ailleurs, dessinant paysages glacés et dévastés. Le très crépusculaire Needle in your skin est comme la BO d’un cauchemar éveillé, secoué par les blasts beat et des riffs de guitare incisifs. Dans ces contrées lointaines où règnent le chaos et la désolation, il existe heureusement des portes de sorties sonnant comme autant de notes d’espoir, Immortals.

Il est finalement bien difficile de trouver à redire sur cet excellent album. On regrettera peut être par instant l’absence de morceaux partants dans des directions un peu différentes. Certains tracks sur la fin de l’album manquent un poil de créativité, Where I Leave ou la conclusion onirique Begeerte par exemple. Le disque aurait surement gagné à être amputé d’un ou 2 titres mais on passera largement outre ce petit détail. Rheia est l’un des meilleurs albums de métal de cette fin d’année.

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