REVIEW – Run The Jewels 3 de Run The Jewels

Quand en 2012 Killer Mike s’associe avec le producteur EL P, il ne s’attendait sans doute pas à ce que l’alchimie fonctionne aussi bien. Celle-ci aboutira à la création en 2013 du groupe Run The Jewels devenu depuis une référence incontestable dans le hip hop américain. Après 2 albums d’excellente facture, le binôme revient dans les bacs avec un troisième disque appelé sobrement Run The Jewels 3. Pour l’originalité du titre, on repassera. CymmFVlUcAAAijU

A la première écoute, on note immédiatement que la formule proposée par les deux compères n’a pas forcément évolué grandement. El-P signe une nouvelle fois des productions dynamiques à la vitalité presque rock. On retrouve rapidement le mordant des précédents albums où les caisses claires claquent au milieu de productions très synthétiques. Les deux rappeurs s’entrecroisent toujours à merveille et s’avèrent une nouvelle fois parfaitement complémentaires.
L’album évolue globalement entre 2 couleurs. Tout d’abord, on y trouve une liste de morceaux plutôt cool dans la production, plein d’une énergie communicative, Legend has it  ou encore Call TicketTron. L’autre face de l’album, la plus intéressante à mon sens, est plus profonde et moins légère au niveau des instrus, Down, Kill Your Master ou encore 2100.

Sur la liste des invités, il y a le rappeur déjanté Danny Brown sur Hey Kids dont le flow tranchant se marie parfaitement avec l’univers du groupe. Tunde Abedimpe de TV On The Radio vient faire une apparition sur l’efficace et sombre Thieves. Plus étonnante est la participation du saxophoniste Kamasi Washington donnant là une note plus contemplative, Thursday in the Danger Room

Au niveau des lyrics, le thème de la politique est de nouveau la pierre centrale de l’édifice. Toujours aussi revendicatif, le groupe éveille les consciences, engagé comme depuis ses débuts.

Run The Jewels 3 s’avère au final être un nouvel album tout a fait intéressant mais qui cependant commencent à marquer les limites du groupe. On attendait ici clairement quelques morceaux partant dans une direction un peu différente. C’est toujours plutôt bien maîtrisé mais il manque un peu de piment, de la stupéfaction que l’on avait ressenti sur Run The Jewels 2, un poil plus novateur.  Certains morceaux sont même totalement inutiles comme l’insipide Oh Mama ou le déjà entendu Talk to me.

Quatre collaborations en l’espace de six ans c’est beaucoup et le groupe aurait tout intérêt à ralentir la cadence et à tenter de nouvelles choses à l’avenir au risque de finir par s’autoparodier.

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