REVIEW – Slowdive de Slowdive

La dernière fois qu’ils avaient fait paraître un album, Jacques Chirac n’était pas encore président, la PlayStation 1 venait de sortir et l’Internet tournait encore avec des modems 56k, bref une autre époque. Slowdive revient aujourd’hui avec un nouvel album éponyme, vingt-deux ans après leur dernière sortie discographique. 

Formation culte du mouvement Shoegazing, le quatuor aura laissé planer le doute sur une réunification depuis plusieurs années. Cette fois ci on y est et le résultat est conforme aux attentes suscité par le groupe.

L’entrée en matière est extraordinaire avec le magnifique Slomo. Cette ouverture est tout simplement parfaite et nous emmène directement dans l’univers du groupe. Fragile et émouvante, cette composition de Dream Pop est d’une beauté incroyable, on en ressort le cœur lourd. On retrouvera plus tard cette richesse sur le superbe et plus catchy No Longer Making Time où cette fois ci on se retrouve embarqué par un refrain puissant semblant voguer vers l’infini.

Sur le très efficace Star Roving , les guitares reviennent à la charge façon 90’s, le tout porté par une mélodie prenante. Ils prolongent le plaisir sur le plus aérien Don’t Know Why que ne renierait pas un groupe comme Chromatics. La voix céleste de Rachel Gosswell continue de faire des miracles et donne une dimension onirique à la composition.

Sugar for the Pill est probablement le titre le plus sage de l’album et peut être aussi le moins inspiré. Reposant sur sa ligne de basse, le groupe ne parvient pas à faire décoller l’ensemble, se contentant d’une chanson pop un peu plate ne menant nul part. Go Get It souffre des mêmes maux, le groupe tente vaguement de créer une ambiance un peu psyché mais se loupe un peu.
On préférera se reporter sur Everyone Knows qui est d’un autre acabit. Si vous avez aimé le premier et cultissime disque de My Bloody Valentine, vous allez être servi. On retrouve ici cette production très particulière propre au ShoeGazing, l’espace sonore est totalement rempli, le son presque saturé, les guitares ont pris le dessus.

Pour conclure ce nouvel album, les anglais prennent leur temps avec Falling Ashes, plus introspectif et timide. On n’est pas loin de certaines ambiances post rock à la Mogwai.

Seulement Huit titres après une si longue absence, ça pourrait sans doute paraître peu mais au vu de la qualité générale de l’œuvre, on ne va pas se plaindre. Hormis deux morceaux un peu moins inspiré, Slowdive signe un retour en fanfare, laissant présager d’une seconde carrière tout aussi réussi que la première.

 

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