REVIEW – Snowden de Oliver Stone

Vétéran de la traumatisante guerre du Vietnam, Oliver Stone a réalisé nombre de films engagés témoignant de son mécontentement à l’encontre du gouvernement américain. De Né un 4 Juillet en passant par JFK ou encore Platoon, il est devenu au fil des années un cinéaste protestataire aux prises de position souvent tranchées. Le réalisateur américain persévère dans cette veine politique et s’intéresse au cas d’Edward Snowden, le lanceur d’alerte le plus célèbre de la planète. snowden_1

Un petit rappel des faits s’impose. Edward Snowden est un ancien employé de la CIA qui a révélé au monde entier un énorme scandale de cybersurveillance en Juin 2013. Il a notamment réussi à fournir au journal britannique The Guardian, et au péril de sa vie,  des documents tops secrets provenant des quartiers généraux de la CIA.

Oliver Stone a choisi de raconter ce destin hors du commun depuis les touts débuts lorsque le jeune Edward Snowden était encore une fraîche recrue des marines américains. On suit alors le parcours brillant de ce surdoué de l’informatique qui va intégrer la CIA et y découvrir des méthodes de travail pour le moins particulières.

Pour interpréter Snowden, Olier Stone a opté pour le toujours impeccable Joseph Gordon Levitt. Celui ci livre une prestation toute en retenue et en sobriété. A ses cotés Shailene Woodley, surtout connue pour son personnage dans Divergente, fait bonne figure et se révèle tout à fait crédible dans le rôle de la petite amie de Snowden. C’est par contre une performance en demi-teinte pour  Nicolas Cage, celui-ci ayant tendance à trop surjouer son personnage, dommage…

Mais l’intérêt du film réside ailleurs que dans la performance des acteurs. C’est dans son versant contestataire qu’il se montre le plus intéressant. Si il n’apporte aucune solution et n’as d’ailleurs jamais la prétention d’inventer une solution miracle, le film d’Oliver Stone est un formidable éveilleur de conscience. De par son habile dénonciation des méthodes scandaleuses de la CIA, il est difficile de ne pas sortir révolté d’un tel film alliant de manière efficace divertissement et engagement politique.

Alors on pourra trouver par instant le temps long. Le film se perd parfois dans des scènes de bavardages inutiles, notamment les scènes de couple qui n’en finissent pas. Une demi-heure en moins et un montage par instant plus nerveux auraient transformé l’essai en uppercut.

Pour accompagner cette ambiance Kafkaïenne, Oliver Stone a fait appel au compositeur Craig Armstrong, pas très inspiré il faut le dire pour le coup. La bande originale reste très classique dans sa forme et ne suscite guère d’émotions, un poil paresseux notre ami écossais.

Hormis ceci, le film ne souffre d’aucun défaut majeur et explique simplement et avec intelligence les enjeux politiques et sociaux des découvertes de Snowden, susceptibles de toucher chacun d’entre nous. Oliver Stone fait du Oliver Stone et propose un thriller documentaire paranoïaque de bon calibre tout juste handicapé par quelques scènes superflus.

un-pandaun-pandaun-pandaun_demi_panda-1un-panda-copie-2

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*