REVIEW – The Lost city of Z de James Gray

James Gray est l’un des réalisateurs les plus estimables du cinéma américain. En l’espace de 20 ans de carrière, il n’aura dirigé que cinq films dont quatre de grandes qualités. Le réalisateur du très beau Two Lovers ou encore de l’intense La Nuit nous appartient revient aujourd’hui dans un registre qu’on ne lui connaissait pas. Après le semi échec de The immigrant, il a choisi de s’embarquer dans un film d’aventures racontant l’histoire extraordinaire de Percy Fawcett au début du XXème siècle. 

Après plusieurs missions à l’autre bout du monde comme colonel dans l’armée britannique, il profite d’instants paisibles auprès de sa femme et s’apprête à célébrer la naissance de son premier enfant. Il  est cependant contraint de rapidement repartir car choisi par ses supérieurs pour embarquer en Amérique du sud afin de redessiner la carte des frontières entre le Brésil et la Bolivie. Quittant sa femme et son Angleterre natale, il débute alors une aventure des plus dangereuses au milieu d’une nature hostile. Accompagné de plusieurs hommes, il fera la rencontre difficile avec les peuples locaux et devra résister à la maladie et la faim.

James Gray n’avait jusque ici raconté que des histoires se déroulant à New York. Cette échappée en Amazonie a indéniablement rebooster sa créativité. Il y déploie un savoir-faire évident donnant un souffle épique à cette aventure. D’une histoire très complexe, le cinéaste américain a réussi à en tirer un film de deux heures vingt là où d’autres se seraient perdus dans un long métrage ennuyant dépassant les trois heures. Il a remarquablement monté son film et parvient à un résultat d‘une grande fluidité faisant monter crescendo l’intérêt du spectateur.
Le personnage de Percy Fawcett est fascinant, évoluant vers une quête d’absolu absolument passionnante à suivre. La relation qu’il entretient avec son épouse est mise en scène avec pudeur, pleine d’un romantisme un peu old school et poétique. On retrouve d’ailleurs une façon de faire un peu à l’ancienne que ce soit au niveau de la narration ou du grain de l’image, l’impression que ce film aurait pu être tourné des années, voir des décennies en arrière. Cette œuvre redonne gout à l’aventure, la vraie, dans des contrées inconnus où la nature est encore presque intacte.

C’est Charlie Hunnam qui tient le rôle principal. Révélé par la série Sons of Anarchy, il est absolument impeccable dans le rôle de Percy Fawcett, le croisement entre Brad Pitt et le Kevin Costner des grandes heures. Dans le rôle de son assistant, Robert Pattinson est métamorphosé et méconnaissable, très loin de son rôle dans Twilight. Il avait déjà prouvé ses qualités d’acteurs, ce film ne fait que les confirmer. Sienna Miller en épouse délaissé est magnifique et très juste.

Réalisation maitrisée, sujet passionnant, bande son de haute volée, The Lost city of Z ne connaîtra sans doute pas le succès qu’il mérite. C’est pourtant une épopée fantastique à travers un moment d’histoire oublié, un voyage saisissant en terre inconnue, un film indispensable pour tous les amoureux du cinéma d’aventure.

 

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