REVIEW – Three Worlds de Max Richter

A tout juste 50 ans, le compositeur germano-britannique Max Richter n’a jamais semblé aussi prolifique. Partagé entre l’écriture de bandes originales pour le cinéma ou encore la télévision, il a trouvé le temps nécessaire pour mettre au point la musique d’un ballet inspiré des écrits de l’auteur Virginia Woolf. Basé sur trois de ces œuvres majeures, Three Worlds est un disque passionnant mettant parfaitement en avant les talents de son compositeur._MaxRichterMusicfromWoolfworks

La première partie du disque est consacré à Mrs Dalloway. L’Accueil est sobre, des sons de cloche sur lesquels résonne les mots de l’écrivaine anglaise. Puis arrive les premières notes de piano et de cordes avec In the garden. On est rapidement saisi par l’émotion à l’écoute de ce morceau mélancolique d’une beauté incroyable. War Anthem, dans un registre plus austère plombe encore d’avantage l’ambiance. Imaginez-vous errant sur un champ de guerre, au milieu des cadavres et vous ne serez pas loin de l’impression laissée par ce morceau. Après la bataille, il est l’heure de la reconstruction, souvent difficile. Meeting again partagé entre cordes déchirantes et une mélodie romantique s’avère bouleversant.

Le premier chapitre se clôt pour laisser place à Orlando et là, changement d’ambiance. Plus énergique et grandiose dans sa forme, Modular Astronomy possède un souffle épique captivant. Max Richter choisit alors d’en proposer une relecture sous différentes formes.  Entropy en reprend le thème dans une version électronique minimaliste étonnante. Transformation avec ses cordes saccadés en donne un côté cinématographique que l’on jurerait hérité par instant des travaux de Sergio Leone. Ce grand écart musical se poursuit alors avec le nettement plus atmosphérique Morpholgy virant du côté de l’ambiant façon Brian Eno. Un court répit puisque The Tyranny of Symmetry repart sur des bases classiques beaucoup plus enlevé et n’aurait pas démérité dans un film comme Gladiator. Persitence of images et Genesis of poetry nous emportent dans un trip stellaire onirique avant que le chapitre ne se clôture sur une pointe d’électro expérimental, Possibles, puis par le plus serein Love songs.

Pour la dernière partie consacrée à Tuesday, Max richter change encore son fusil d’épaule. Composé d’une seule pièce de vingt minutes, c’est Gillian Anderson (Oui oui, Dana Scully de X Files) qui vient prononcer les mots de Virginia Woolf. Beaucoup plus en retenue et presque méditatif, il y a là une ambiance qui n’est pas sans rappeler le travail d’Hans Zimmer pour Interstellar. L’homme confronté au mystère, à l’infini, au sens de son existence.

Alors que 2016 vient à peine de s’éteindre avec Orphée de Johan Johansson et Island Song d’Olafur Arnalds, voilà que 2017 s’éveille sur ce somptueux album empreint de lyrisme. La musique classique contemporaine est en pleine effervescence et l’on ne va certainement pas s’en plaindre.

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