REPORT – Solstafir à l’Aéronef

REPORT – Solstafir à l’Aéronef

19 décembre 2018 0 Par Vincent

Le métal est un genre qui n’en finit plus d’enfanter dessous genres. Parmi ceux-ci, le métal atmosphérique figure comme l’un de ces rejetons les plus sages et il est à l’honneur ce soir à l’Aeronef. Les programmateurs nous proposent ainsi les prestations de la suédoise Louise Lemon et des islandais de Kontinuum et Solstafir.

On sait que les métalleux sont de gros consommateurs de musique live. Alors, on ne s’étonne même pas de retrouver ce soir une salle presque grande ouverte et quasiment pleine. 20h00 à notre montre et Louise Lemon s’installe accompagnée de 4 musiciens pour une formation des plus classiques, à savoir basse, guitare,batterie et synthé. Musicalement la curiosité des débuts fait rapidement place à la déception. Alors oui, on aura apprécié la voix très puissante de la suédoise mais ça ne parviendra jamais à gommer la faiblesse des compositions proposées. Entre post rock et pop métal, le quintette joue la carte de la sécurité et ne propose rien d’original. Techniquement ce n’est guère très élaboré et les limites se font rapidement sentir. Une demi-heure aura été bien suffisante.

Un petit passage au bar et on en profite pour discuter rapidement avec quelques spectateurs. Verdict, le ressenti concernant cette première partie est globalement similaire au notre.  On se dirige maintenant un petit peu plus à l’ouest sur la mappemonde puisque c’est au tour des islandais de Kontinuum de fouler la scène de l’Aeronef.  Une nouvelle fois, on a droit à un quintette, exclusivement masculin cette fois. Ici le groupe sait prendre le temps de poser une atmosphère et propose un univers globalement plus sombre et également plus agressif, plus énergique. Pour avoir jeté une petite oreille sur leur discographie avant de venir, on doit avouer que le live leur va bien,leur musique prenant nettement plus d’ampleur que sur album. Tout cela sonne globalement plutôt bien mais comme la formation précédente, on regrette un peu le manque d’originalité. 

Heureusement pour nous, Solstafir va définitivement élever la qualité musicale de cette soirée. Les islandais nous emportent avec eux dès les premières minutes. Durant près d’une heure et demie, ils auront fait voyager les spectateurs présents, jouant avec une facilité déconcertante avec nos émotions. Tantôt lumineuses, tantôt mélancoliques, leurs compositions très nuancées agissent comme autant d’invitations vers de lointaines contrées et de lointaines époques. Les riffs planants succèdent à des passages plus enlevés soutenus alors par le colossal batteur aux allures de viking. Le live trouve son climax avec les fantastique titres Fjara ou Otta, de splendides allers simples pour les terres islandaises.Techniquement, c’est archi maîtrisé et on sent bien que les vingt ans de carrière et d’expérience scénique sont là. Le groupe, généreux avec le public présent, proposera même un long rappel, profitant au passage de balancer un petit discours bien senti sur les addictions. Aðalbjörn Tryggvason, le chanteur du groupe savoure les derniers instants pour venir saluer la foule de près, debout sur la barrière et soutenu ici et là par les mains fermes des premiers rangs. Le groupe termine en communion avec le public sur l’envoutant  Goddess ofthe Ages.

La soirée se conclut à près de 23h30 et si l’on aura exprimé quelques retenues sur les deux premières formations de la soirée, nul doute que Solstafir aura mis tout le monde d’accord. Définitivement l’une des formations de métal atmosphérique les plus plaisantes qui soit.