Sonar ©Leafhopper

REPORT – Sonar 2016, large messe dédiée à l’électro

Du 16 au 18 juin dernier s’est tenu la 23e édition du Sonar à Barcelone, large festival consacré aux musiques électroniques. Le Sonar a été créé en 1994, et a lieu chaque année au début de la saison estivale. Très porté sur la musique électronique, le festival rassemble une sélection des meilleurs producteurs de musique techno, house et électro. Il se scinde en deux entités distinctes se produisant dans deux lieux différents : le Sonar by Day et Sonar by Night.

Au-delà du festival, c’est toute la ville qui pendant une semaine bat au rythme de l’électro. Depuis plusieurs années, de plus petits festivals et événements sont organisés en marge du Sonar. Barcelone voit passer en une semaine la majorité des artistes de l’univers électro du moment. Nous avons d’ailleurs assisté à l’un de ces rendez-vous, l’IR Barcelona, n’hésitez pas à aller l’article consacré à celui-ci ici.

Le Sonar by Day se passe à la Fira Montjuïc, près de la place d’Espagne, et rassemble des concerts, des showcases de DJ, et l’événement Sonar+D. Ce dernier est en quelque sorte un congrès dédié aux nouvelles technologies au service de la musique, mais également aux récentes innovations. Nous n’avons pas assisté au Sonar by Day, mais avons entendu le plus grand bien sur son organisation, sa situation, et son côté très chill permettant d’écouter des concerts allongés dans de l’herbe. Côté programmation c’était très alléchant avec notamment Acid Arab, David August, Santigold, Badbadnotgood, et Club Cheval. De quoi donner envie d’y retourner pour découvrir sa face diurne.

Le Sonar by Night a lieu au Fira Gran Via, gigantesques halles, aux abords de Barcelone, au pied d’une station de métro. Le lieu s’organise en quatre scènes articulées autour des autos tamponneuses. Un line up pour la première nuit plutôt orientée techno et house.

Au milieu du hangar consacré aux food trucks et au chill, se dresse une arène intimiste, une scène curieusement nommée SonarCar. Sa particularité ? Un seul artiste, 7h, un set. En cette première nuit, ses rênes ont été confiées à Four tet, et le moindre qu’on puisse dire c’est qu’il est à son aise et propose un set oscillant autour de la house, incorporant les notes jazzy qui le caractérisent si bien. Le public est au rendez-vous sans qu’il faille faire la queue.

Sonar ©Ariel Martini
Sonar – Jean-Michel Jarre ©Ariel Martini

La grande scène, le SonarClub, a été marqué par le passage de Jean-Michel Jarre, véritable monument de la musique électronique, du haut de ses 67 ans, son live est dynamique, rythmé, et visuellement bluffant. La salle est pleine à craquer, et l’accueil extra. S’ensuit une création de Kode9 et Lawrence Lek, un live audiovisuel où l’on suit sur les écrans un drone façon FPS, accompagné par la musique de Kode9. Une expérience intéressante ! Faute d’avoir le don d’ubiquité, nous ne sommes pas repassé par la grande scène pour les autres artistes de la soirée mais ça promettait du lourd avec Mind Against ou Richie Hawtin.

Sonar ©Leafhopper
Sonar – Flume ©Leafhopper

Le SonarPub, large scène en extérieur accueillait pour cette première nuit une programmation de haut vol, et les deux petites averses n’ont pas suffi pour en faire désemplir la foule. Nous y avons découvert Red Axes, duo israélien, ils nous baladent dans une multitude de mondes avec des sons acid, d’autres rappelant la lointaine disco italienne, et finalement une base plus punk, proche de leur passé en tant que leader d’un groupe rock. Une étonnante surprise avec un live différent à chaque itération. Suivi, par un live de Flume, plus mainstream et assez conventionnel, avec ses grands titres et un public en trance. Notons quand même un dispositif scénographique inspirée, accompagnant agréablement la musique. Mano Le Tough se lance ensuite dans un set peut-être un peu trop orienté techno pour l’heure. Il maîtrise tout de même son sujet, mais il aurait été plus judicieux de le faire passer après Kölsch afin de respecter la transition entre les artistes. Kölsch, parlons peu, parlons bien, un live maîtrisé de A à Z. Troisième fois que j’ai l’occasion de voir l’artiste cette année, c’est la première fois qu’il donne un vrai condensé de ses musiques (le temps d’une heure aidant) et impose une ambiance de feu malgré la nuit bien avancée et la pluie. Ses visuels sont jolis et collent (trop ?) parfaitement au rythme de ses mélodies. Un très grand live. La fatigue nous gagnant, nous ne verront que le début du set de John Talabot, mais le peu nous donnant d’y rester plus longuement la prochaine fois.

Sonar - SonarCar ©Ariel Martini
Sonar – SonarCar ©Ariel Martini

Dernière scène du Sonar, la SonarLab, scène principalement portée sur l’expérimentation. Et les deux découvertes d’un genre différent sont intéressantes. Intergalactic Gary musicien mêlant des inspirations discos, des sons à la Giorgio Moroder, et finalement plein de sons à l’ancienne. Assez dansant, nous sommes bien contents qu’un public nombreux soit présent. Deuxième découverte, Soichi Terada connue pour ses OST de jeux vidéo, notamment Ape Escape. Un piano très house, des bruits tirés de jeux, et une multitude de bruits difficilement identifiable, c’est agréable de découvrir la musique japonaise et ses différences, et tout comme Intergalactic Gary, le public est au rendez-vous pour les découvertes.

Petit interlude entre les deux soirs pour une mention spéciale aux tireuses à bière et Red Bull sur pattes, qui permettent d’être ravitaillé en boissons au milieu du concert, fun et pratique ! Nous en profitons également pour tirer notre chapeau à l’organisation au top ! Aucune queue, une entrée fluide malgré l’affluence, des dizaines de personnes disponibles pour recharger la carte SonarCashless, jamais d’attente au bar. Aux petits oignons on vous dit !

En entrant le deuxième soir, on passe rapidement devant New Order sur la grande scène, une foule de personnes amassées devant ce légendaire groupe de rock issu de la new wave. C’est beau, c’est carré, mais peut-être un poil trop conventionnelle. On ne s’attarde pas et on se dirige vers Santigold, qui met l’ambiance au SonarPub. Un live avec presque autant de tenues que Freddie Mercury à la grande époque. Un grand show, à l’américaine !

Sonar ©Ariel Martini
Sonar – Laurent Garnier ©Ariel Martini

On profite d’un attrait moins pour les autres artistes pour faire la queue au SonarCar pour voir un bout du set de 7h de Laurent Garnier. Et après avoir pris son mal en patience (presque une demi-heure de queue, c’est dire s’il était attendu), on pénètre dans l’arène pour un set parfait. Tellement parfait qu’on est resté scotché deux heures durant devant. Tous les genres y passent, et le lyonnais, bien qu’ayant 50 ans a une pêche incroyable. On ressent parfaitement les années d’expérience ! C’est avec grand regret, mais pour laisser la place aux autres qu’on se dirigera vers Boys Noize pour un live convenable, ou alors c’est l’effet post Garnier ? On ne s’attarde pas plus que ça, et nous revoilà parti à l’assaut de la grande scène pour voir le grand Fatboy Slim. Difficile de faire la fine bouche, l’anglais maîtrise à la perfection son live, parsemé d’explosions, et magnifié par des visuels très travaillés déroulant derrière lui et sur les côtés de la scène. C’est bourrin, ça émoustille, c’est parfait pour l’heure. Dernier petit détour par Ben Klock, l’allemand résident du Berghain sait y faire, et son set est dès le début entraînant. Il laisse dans nos cœurs une sensation de bien-être, et conclu en beauté nos deux nuits passées au Sonar by Night.

On peut quand même retenir l’ambiance très sympa du festival, avec un public très éclectique. Une organisation aux petits oignons avec une rapidité de service que ça soit pour l’entrée, pour le service aux bars. Un large choix de nourriture grâce à la quinzaine de food trucks de qualité invités pour l’occasion. Et une finalement une programmation top rassemblant le meilleur de l’électro actuel que ce soit au sein du festival, ou dans les nombreux petits événements en marge de la messe qu’est le Sonar. Si vous aimez l’électro, vous vous devez d’y aller une fois dans votre vie, et ne faites pas que le Sonar ça serait dommage !

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